Rafale : réactions prudentes à gauche
Par Rémy Maucourt - Publié le
[ACTUALISE] - Si les politiques de l'oppositions saluent mardi l'entrée en négociations exclusives de Dassault en Inde. Mais leurs réactions sont moins enthousiastes que celles de le majorité.
- Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande (PS), se réjouit de cette "bonne nouvelle", soulignant toutefois qu'elle ne ferait "pas le printemps de l'économie française".
"Ça fait 30 ans qu'on attend ça et ça semble venir maintenant, tant mieux", a-t-il déclaré sur Public Sénat. "C'est une bonne nouvelle si cette annonce se vérifie mais que Nicolas Sarkozy évite de faire prendre le Rafale pour l'ensemble de l'économie française qui, elle, va mal."
- Pour Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la Défense, "si c'est confirmé, il faut s'en féliciter". Mais il a rappelé les conditions de vente de l'avion de chasse de Dassault.
L'industriel a dû faire un effort "considérable" sur les prix. Autre élément : les transferts de technologie. Selon lui, "on se crée des concurrents dans un pays qui n'est plus du tiers-monde, qui est un pays émergent considérable".
- Jean-Michel Baylet, coprésident du conseil politique de François Hollande et président du PRG, salue "une belle victoire pour l'industrie française au moment où tout le monde appelle à la réindustrialisation de la France".
Il y voit l'occasion d'ouvrir un débat "sur l'avenir de Dassault qui est le plus petit des industriels de défense français et qui survit uniquement grâce aux commandes de l'Etat depuis de nombreuses années".
- Tout en saluant la performance de Dassault en Inde, Jean-Yves Le Drian, responsable de la Défense auprès de François Hollande, a mis en garde. Les transferts de technologie consentis "devront faire l'objet d'un examen attentif". Il préconise donc de se garder "de tout triomphalisme précipité".
Il a par ailleurs souligné les prouesses de l’industrie aéronautique européenne. "Cette compétition s'est réduite dans sa version finale à un duel européano-européen ce qui montre toute la force de l'industrie aéronautique européenne dans ce domaine et souligne tout l'intérêt qu'il y aurait à relancer la construction d'une Europe de la Défense, enlisée depuis 2002".

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