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Rafale: les transferts de technologie au coeur de la décision du Brésil

Par Rémy Maucourt - Publié le
Rafale atelier
© Dassault

Le résultat de l'appel d'offres brésilien une nouvelle fois repoussé, la lutte d'influence pour le choix des avions de chasse reprend. L'armée brésilienne et Embraer sont des opposants de poids à la candidature de Dassault.

Mauvaise nouvelle pour Dassault, Lula a une fois de plus repoussé la décision concernant l'achat de 36 avions de chasse. C'est donc la nouvelle présidente du Brésil, Dilma Roussef, qui tranchera entre les trois candidats: le F-18 de Boeing, le Gripen NG de Saab et le Rafale de Dassault.

C'est une grande déception pour les Français. Tout le dossier pourrait être repoussé d'au moins un an, ce qui permettra à ses concurrents de perfectionner leur offre. La défense n'est pas autant une priorité pour Dilma Roussef que pour Lula. Enfin, le lobbying local, opposé au Rafale, va pouvoir reprendre.

L'armée et Embraer opposés à Dassault

L'armée Brésilienne soutient le projet de Saab. Le Suédois propose au Brésil un chasseur de nouvelle génération, qui n'existe actuellement que sur papier. C'est pourquoi le Gripen NG intéresse tant l'armée: tout le développement serait réalisé en partenariat avec le Brésil. Ce qui ouvre des possibilités de transfert de technologie dès l'étape de la conception. Le Rafale de Dassault étant déjà au point, les transferts éventuels ne concerneraient que la production.

Embraer, le constructeur aéronautique brésilien, s'intéresse au Gripen pour les mêmes raisons. Pour étendre son catalogue, l'avionneur cherche à obtenir la technologie pour conçevoir un avion de combat. D'après un cable confidentiel révélé par Wikileaks, Embraer s'intéresse également au F18: les américains ont prévu de leur acheter une série d'avions d'entraînement "Super Tucano" si le F18 est choisi.

Lula était le plus fort soutien du Rafale. Après l'annonce du report de la décision, le gouvernement français a voulu rassurer. "Le Rafale est [...] certainement le meilleur sur le marché actuellement", a ré-affirmé Michèle Alliot-Marie, Ministre des affaires étrangères. Mais après les multiples reports (le contrat était présenté comme acquis dès septembre 2009), il est de plus en plus difficile d'y croire.
 

R.M. & G. L-B

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