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RAFALE, L'ÉCHEC QUI INQUIÈTE

Par G. L.-B. AVEC H. M. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3263

Quelle claque pour Dassault Aviation ! Lors du dernier salon aéronautique de Dubaï, les Émirats arabes unis (EAU) ont annoncé qu'ils étudieraient l'offre de leur concurrent, le Typhoon du consortium européen Eurofighter. Pourtant, le français avait toutes les cartes en main pour remporter ce contrat portant sur une soixantaine d'appareils. Il était jusqu'ici en négociation exclusive avec Abou Dhabi. Par ailleurs, le Rafale venait de démontrer ses capacités lors du conflit libyen.

Le raté d'Abu Dhabi est inquiétant à plusieurs titres. Il intervient après de nombreux échecs. Le Rafale est le seul avion de combat de sa génération à n'avoir obtenu aucun succès à l'export, alors que l'Eurofighter ou le F/A 18 de Boeing ont trouvé preneurs dans plusieurs pays. Le point de blocage concernerait son prix. Fait rarissime, l'émirat s'est fendu d'un communiqué très cinglant pour l'avionneur. Certes, les EAU sont exigeants - ils n'avaient pas hésité à réclamer un Rafale avec des équipements améliorés (moteur, radar...). Et les discussions commerciales complexes, notamment en raison de la reprise de leurs 65 Mirage 2000. Or tous les éléments techniques avaient été validés. Chez Dassault, on se refuse à tout commentaire. Deux hypothèses circulent pour expliquer le revirement des EAU. Soit ils ne veulent plus des avions et rejettent la faute sur Dassault pour préserver leurs relations avec la France. Celles-ci ont pris une tournure nouvelle avec la base française installée sur place. Soit, hypothèse tirée par les cheveux, les EAU tentent leur va-tout pour obtenir un rabais alors que la Suisse et l'Inde doivent choisir leur futur avion de combat dans quelques semaines. Si le Rafale était choisi par l'un ou l'autre de ces pays, ou les deux, les EAU auraient moins de marge de manoeuvre pour négocier. Cela rappelle le coup du char Leclerc, que la France avait vendu aux EAU à perte dans les années 1990...

On peut se demander comment fera Eurofighter pour proposer un prix moins cher puisque, selon la Cour des comptes britannique, chacun des 160 Typhoon acquis par la Royal Air Force coûtera près de 170 millions d'euros, contre 135 millions par Rafale. Même si la production prévue de l'Eurofighter est plus grande que celle du Rafale (environ 600 contre 294), ses constructeurs, BAE Systems, EADS et Alenia, ont eu du mal à en maîtriser les coûts. C'est à ce genre d'argument que se raccroche désormais Dassault.

135 millions d'euros

C'est le prix unitaire du Rafale payé par la France, contre 170 millions environ par le Royaume-Uni pour ses Eurofighter.

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