Rafale, l’avion qui ne sait pas gagner sa guerre

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Thibaut de Jaegher, rédacteur en chef
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Corée, Pays-Bas, Singapour... Toutes les campagnes commerciales menées par le Rafale se sont soldées par des échecs. A chaque fois, le même scénario se met en place : le Rafale fait la course en tête, accumule les bons points et trébuche à quelques mètres de l’arrivée. Le contrat en cours de négociation à Abu Dhabi ne devrait pas y échapper.

Combien de pays peuvent afficher sur leur carlingue le cadavre du Rafale ? Depuis son premier vol réalisé en 1986, l'avion de combat développé par Dassault, qui vient d’être humilié par Abu Dhabi, accumule les échecs. Les Pays-Bas et la Corée du Sud en 2002, Singapour en 2005, l’Arabie saoudite en 2006, le Maroc en 2007… Toutes les campagnes qu’il a menées se sont soldées par des défaites. A chaque fois, le même scénario se met en place : le Rafale fait la course en tête, accumule les bons points (excellence technologique, polyvalence…) et il trébuche à quelques mètres de l’arrivée. Les raisons avancées par les clients ? Son coût d’utilisation jugé trop onéreux, l’arrogance de ses équipes commerciales ou ses technologies trop en avance pour son temps. Le dernier argument est assez amusant pour un avion qui a volé pour la première fois il y a 25 ans...

 

Pour Dassault, toutes ces excuses sont évidemment irrecevables. Selon l’avionneur, la vraie raison de ses défaites n’est pas à chercher du côté financier, managérial ou technique mais sur le plan diplomatique. La puissance de feu des Etats-Unis en la matière suffirait à renverser les batailles les mieux engagées pour son avion. Et c’est vrai qu’aux Pays-Bas, au Maroc, en Corée ou à Singapour, ce sont des avions américains qui se sont imposés sur le fil (F15, F16 de Boeing ou F35 de Lockheed Martin). Mais l’argument ne tient plus lorsque l’on regarde le tableau de chasse des autres adversaires du Rafale : l’Eurofighter d’EADS et le Gripen de Saab. Le premier, qui dispose d’un marché intérieur important puisque Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Espagne l’ont porté sur les fonts baptismaux, a réussi à se placer en Arabie Saoudite et au sultanat d’Oman. Quant au Gripen suédois, il a déjà remporté quelques batailles : Afrique du sud, Hongrie, République Tchèque et Thaïlande.
 
Comment font-ils pour s'imposer là où le Rafale échoue alors ? Après avoir listé un à un les reproches formulés par ses clients, il ne reste qu’une caractéristique propre à cette avion à creuser : sa nationalité. Le fait qu’il embarque presqu’exclusivement des technologies françaises pourraient-ils constituer un handicap lors des négociations ? Sans doute.L’Eurofighter (porté par 4 pays) ou le Gripen suédois (qui embarque 30% des composants anglais ou américains) disposent de l’appui de multiples réseaux diplomatiques pour jouer les VRP. Le Rafale, lui, ne peut compter que sur les consuls et ambassadeurs français. En clair, pour affronter la machine de guerre américaine, Dassault ne disposerait pas de divisions suffisantes. On peut le regretter mais notre pays et l’avionneur ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. En 1985, ce sont eux qui ont décidé de la jouer en solo en quittant le programme qui allait donner naissance à l’Eurofighter. La France pensait alors avoir gagné une bataille mais elle a oublié qu'un coup d'éclat n'a jamais permis de remporter une guerre, fut-elle commerciale.
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13 réactions

Napoleon | 26/11/2011 - 23H06

Je suis anglais - je peux vous dire que l'Eurofighter est semblable avec la complexe militaire industrielle americaine - BAE sont completement lie avec les Etats Unis et le contrat de l'Arabie Saoudite pour le Eurofighter etait avec Grande Bretagne et une extension de la grand Al Yamamah contrat etabli par BAe avec les Saudiens dans les annees 80s. Donc vraiment aucune question pour les Saudiens de changer fournisseur et il y a la grande scandale en 2006 quand le Serious Fraud Office (Division de Grande Escroquerie) etait empeche d'enqueter sur les pots de vins verse par BAe pour le contrat. Il y a grandes lignes de corruption entre Angleterre et Arabie Saoudite (et les Etats Unis).

Deuxieme point, le Gripen n'est pas dans la meme classe du Rafale ou meme Eurofighter du tout. Seulement un moteur, un avion de chasse leger. Donc ce n'est pas relevant de faire comparison, c'est dans une classe a part, moins chere et moins capable, pour les nations plus petites.

Une troisieme chose - les portes arrieres dans les systemes de "Fly by Wire". Tous les avions sont FBW et vous savez la developpement des drones. Dassault sont pret a fournir le source code donc on peut etre sur en achetant la Rafale qu'il n'y a pas des portes arrieres pour prendre controle de l'avion. Les Etats Unis refusent. Compte tenu leur strategie politique globale des "client states", voulez vous acheter un avion de combat sans etre sur qu'l n'y a pas une voie pour les Americains de prendre controle quand ils veulent et rendre votre avion de €50M un morceau de metal inutile en plein vol?

Ca c'est pourquoi les EUs mement une campagne sans limites pour empecher l'achat du Rafale - c'est le seul sans portes arrieres et donc incontrolable quand le Pentagon le veut.

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napooiseau | 26/11/2011 - 10H04

Sur une période aussi longue, aucun état; y compris les USA, ne peut garantir la survie d'un constructeur .
Mais, le suivi industriel et technique se fait aussi par l'intermédiaire d'autres intervenants.
La modernisation d'avions de combats est une chose banale de nos jours. Et souvent la réalisation se fait par des entreprises autres que celles qui l'ont conçu.

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Mikawa | 23/11/2011 - 18H35

Deux dimensions n'ont pas été traités dans cette intéressante discussion:

1) la France n'a plus depuis une dizaine d'années les moyens financiers de sa politique industrielle militaire

2) acheter un système d'armes complexe comme le Rafale , c'est s'engager sur le long terme, qui peut se porter garant sur ce que sera Dassault dans 25-30 ans à part l'Etat français ?

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bubu | 18/11/2011 - 18H29

La pensée générale de votre article est tournée vers le fait que nous n'aurions pas dû sortir du consortium européen. Mais il faut prendre un peu de hauteur pour pouvoir exprimer cette idée. Replaçons nous donc dans le contexte de l'époque, et imaginons ce que serait notre armée et notre industrie de défense aéronautique si nous étions restés dans le consortium européen, et que donc nous aurions choisis de nous équiper de l'eurofighter.Dans les années 80, la marine nationale voulait s'équiper de chasseurs F-18 américains pour renouveler ses matériels, car attendre l'arrivée d'un nouveau chasseur allait prendre du temps, et qu'un gap capacitaire allait toucher de plein fouet la navale. Ce qui fut en réalité le cas puisque les vénérables crusaders étaient déjà obsolètes. Avec les F-18, l'aéronavale aurait peut-être pu participer plus activement à certains conflits d'assez haute intensité comme la guerre du Golfe. Mais nous aurions aujourd'hui des avions que nous devrions à nouveau remplacer. Il n'aurait pas été possible d'envisager de navaliser l'eurofigher, déjà à cette époque. Nous étions alors les seuls à envisager d'utiliser cet avion pour des porte-avion avec catapulte. Imposer des contraintes beaucoup plus grosses à l'architecture de l'avion, et donc gonfler les couts de R&D et de construction aurait été difficile à imposer aux autres pays, où même les anglais ne pensaient pas encore à changer leurs portes-aéronefs. Mettre les exigences de tous dans un même appareil et vous vous trouvez avec une complexification à l'extrême; j'en veut pour exemple le chaotique, quoi que très bon avion, l'A400M. Quand à l'armée de l'air, pour les missions d'attaque elle ferait comme la RAF. C'est à dire les confier à des avions plus anciens. Pour nous, les mirage 2000D. Ils ne sont certe pas mauvais, mais leur potentiel est déjà grandement entamé. Et dans un conflit important, il faudrait les utiliser avec d'autres avions pour les protéger. Donc plus cher à l'utilisation... Un couple de rafale au dessus de la Lybie, c'est l'équivalent de deux typhoon et de deux tornado. à l'heure de vol, ça fait pas mal d'économies! Pour continuer sur le domaine économique, le plus gros problème à mon sens vient des politiques et de l'étalement du programme. imaginez que les premiers avions auraient pu être opérationnels en 1996 ! Hors les premiers avions dans un standard correct sont arrivés dans l'armée de l'air en 2006. Si les politiques avaient correctement financés le programme comme convenu, voici une liste des choses qui auraient changées:
-L'armée de l'air n'aurait pas eu besoin de moderniser d'urgence des mirages 2000C en version "tiret 5"
-La marine, pour ne pas perdre les compétences de ses équipages n'aurait pas été obligé de maintenir en état et à grand frais des avions hors d'age.
-Les EAU n'auraient pas acheté de mirage 2000-9, mais directement des rafales !!
A cause (ou grâce c'est selon) du glissement du programme rafale, une partie des technologies développées ont été intégrées au mirage 2000 ce qui a donné la version de supériorité aérienne -5 et multirôle -9. Donc économiquement parlant, tout n'a pas été perdu. Pour nos armées, le coût d'acquisition de l'avion reste moindre que si nous avions l'eurofighter. Les couts de développements sont certes plus importants pour un seul pays, mais une partie a été récupérés: tous les mirage 2000 -5 et -9 vendus et rétrofités, mica VL exportés à plusieurs pays, même le moteur, le M88 de scnecma, qui sert de base au TP400 qui propulse l'A400M. Et pour la partie concurrente, ne pas perdre de vue que la plupart des eurofighers vendus ont servis d'excuse pour réduire les commandes de chaque état. Ainsi, les eurofighers produits pour les autres pays ne permettront pas de réduire leurs couts de développement. Et dernière chose, règle mathématique. un contrat export gagné par l'eurofighter voit les bénéfices (au niveau de l'état) divisés par 4. Alors qu'en france, c'est tout pour nous!

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Thibaut De Jaegher | 18/11/2011 - 16H13

Merci à tous pour vos commentaires. Notamment à Matthias pour ses compléments d'information fouillés.
Par rapport à la remarque de @bubu, le modèle économique retenu par la France était bien de vendre le Rafale à d'autres nations. Certes, sa première mission était de répondre aux attentes militaires de notre pays mais sa seconde mission était aussi de s'exporter...

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Bubu | 18/11/2011 - 14H57

On ne fabrique pas un avion de guerre pour le vendre, mais avant tout pour correspondre au besoins exprimes par les choix stratégiques du pays qui le construit. Je préfère un avion qui ne se vends pas mais malgré tout moins cher et plus adapté à un avion qui n'a quasiment aucune expérience opérationnelle. Mettez vous 2 mn a la place des britanniques ou des italiens. Ils n'ont pas d'autre choix que d'acheter des avions américains pour leur marines. La navalisation de l'Eurofighter typhoon est une douce utopie. Modifier et alourdir toute la structure pour au final perdre un des seul avantage que possède l'avion face au rafale, son rapport poid/puissance. Sans compter que sans catapulte, son emploi opérationnel n'en sera que des plus limités. Et il reste une chose dont on parle peu : la fusion des données. Elle se fait en partie grâce à la souplesse du radar. Elle est l'architecture de l'avion, ce qui lui permet d'être réellement multirôle.
Le radar du rafale sera amélioré alors que celui de l'Eurofighter sera complètement remplacé. Si tout son système d'arme n'est pas modifié en profondeur, un radar aesa n'en fera pas un avion réellement omnirole comme le rafale. Et pour en revenir a la navalisation, pensez que si le f35b est annulé, ce qui est probable, les Anglais devront revoir leur appel d'offre pour les transformer tout comme les Italiens.
Pour une fois que nos militaires peuvent louer les politiques d'avoir fait les bons choix, ne regrettont rien ! Parce que dans d'autres pays se sont les politiques qui empêchent leurs armées d'avoir le matériel qu'ils veulent. Alors vive notre indépendance et ne vous laissez pas abattre par la morosité ambiante. Et restez pragmatique

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Matthias02 | 18/11/2011 - 14H29

Le problème de la vente du Rafale à l'étranger est en effet un problème assez difficile à éclaircir.

- D’un côté, les qualités et les caractéristiques de l’appareil sont hors de cause, le Rafale (sans chauvinisme aucun) surclassant tous les appareils concurrents. (Exemple : Singapour où, finaliste face au F15, les autorités ont rajouté au dernier moment, durant l’évaluation technique pure qui devait départager les deux appareils, la clause « diplomatique ».). L’Eurofighter, chasseur pur, n’a que sa vitesse pour lui comme on a pu le voir en Libye où il a réussi tant bien que mal à lancer trois bombes. Il faut rappeler que le F35 est loin d’être opérationnel et que les F22 sont cloués au sol depuis le 4 mai dernier (problème d’oxygène non résolu).
- Sur la question du prix, celui du Rafale est en réalité en deçà de celui de ses concurrents directs (mise à par le Gripen qui est à comparer en effet à un M2000 ou un F16). Le coût de l’Eurofighter est largement supérieur (75% de surcoûts) sans même parler de la mise à niveau prévue pour le rendre « multi rôle ». De leur côté, les américains n’ont pas l’habitude de brader leurs avions qui, malgré les séries très importantes, restent hors de prix (F15 et F18 notamment, sauf à vendre des vieilles versions stockées dans le désert du Névada, cf. les F16 polonais, polonais qui se mordent les doigts de leur achat…). Ne parlons pas non plus du F35 dont les coûts ont déjà bondi de 100%.
- Les succès de l’Eurofighter en Arabie Saoudite et en Autriche notamment sont dus, comme cela est désormais avéré, à des pratiques de corruptions telles que les modalités du contrat sont classées « secret défense » et que J. Major a refusé de les remettre à la justice. Il faut noter que ce niveau de corruption est une pratique courante de la part non seulement des Britanniques mais aussi des Allemands (Cf. par ex. certains contrats de Siemens).
- Le Gripen a gagné un contrat de 200 appareils (me semble-t-il) en RSA moyennant un retour d’investissements équivalent à 160% du prix du contrat de la part de SAAB. Quelle entreprise peut se permette de donner non seulement ses produits mais de l’argent pour plus de la moitié de leur valeur ? Il faut aussi rappeler qu’avionique et réacteur de cet appareil sont exclusivement US. Comment le Brésil prétend vouloir prendre ses distances avec les USA en achetant un avion à 80% américain ?
- Actuellement, les Britanniques sont confronté à une crise sans précédent de leur industrie de l’armement. Il ne serait pas étonnant qu’ils fassent un énorme « dumping » pour gagner des contrats (Inde, EAU…) même si cela doit coûter cher au gouvernement pour préserver emplois et compétences. De plus, la mise à niveau des appareils pour les amener au standard « multi-rôle » est sans aucun doute conditionnée non seulement à la poursuite de la série mais aussi à un soutien financier des EAU qui ne vont très certainement pas se contenter de la version actuelle. C’est ce qui me semble expliquer qu’ils sont prêts à tout pour caser leur appareil
- Ces Etats Anglo-saxons sont pragmatiques et n’hésitent pas, quoiqu’il en soit, à investir financièrement pour soutenir leurs industriels dans ces mega-contrats qui ont aussi une portée diplomatique. Non seulement, pour quelques centaines de milliers d’euros, ils promeuvent leurs exportations, préservent leurs emploi et leur recherche, mais assoient leur diplomatie sur le plan international. Il est dommage que les gouvernements français successifs n’aient pas cette vision globale de puissance en sectorisant politique étrangère et exportation industrielle (en particulier de l’armement mais pas uniquement).
- Enfin, la vente d’armes, plus que toute autre, est un acte diplomatique qui doit s’intégrer à la politique étrangère visible. Ce qui n’est pas le cas depuis plusieurs années. Il semble par exemple que le revirement du président Lula par rapport au Rafale ait eu lieu au moment où la France s’est opposée, en se rangeant à l’avis des USA, au plan mené par le Brésil pour régler le problème du nucléaire iranien. La France, par sa réintégration au Commandement intégré de l’OTAN ou en s’alignant la politique des USA a perdu sa place de 3ème voie qui faisait sa force auprès des pays désirant garder une certaine indépendance vis-à-vis des deux Grands (de l’époque). Il faut revenir aux grands principes et méditer, avec Jean de La Fontaine la fable du « Chien et du loup ».

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Thibaut De Jaegher | 18/11/2011 - 11H24

Le Brésil était un prospect sérieux jusqu'au départ de Lula. Toute votre analyse est juste mais elle achoppe sur un fait assez têtu : le Rafale ne trouve pas de clients hors de ses bases. Malgré toutes ses qualités et le talent de ses concepteurs, il ne trouve pas preneur. Ce qui n'est pas le cas du Gripen ou de l'Eurofighter.

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napooiseau | 17/11/2011 - 19H00

Merci pour vos réponses. Vous m'obligez à parfaire les miennes. Les classements dont vous parlez sont très variables: on a pu lire tout et son contraire entre les négociations avec l'équipe « Lula », les généraux de l'Aviation Brésilienne et enfin la nouvelle équipe présidentielle.

Pourtant une analyse de la situation Brésilienne me paraît très instructive. Le Brésil veut disputer le leadership en Amérique Latine et centrale sur un continent profondément marqué par l'interventionnisme US. Dans cet optique, il lui faut assumer une distance appropriée face aux Américains afin de resté crédible( face aux autres pays , mais aussi pour ses propres électeurs). L'histoire passée récente, pourrie par les coups d'états soutenus par les services US est un sujet brulant dans ces pays. Sans parler de l'affaire des Malouines qui a vu les USA fournir aux Anglais les renseignements satellites indispensable à leur « victoire ». La France fait figure, du moins par son passé pré-Sarkozyste , de nation non alignée aux Américains. A ce titre, elle a un atout réel en main. Embraer est un des fleurons de l'industrie Brésilienne et a un besoin réel d'alliance sur le marché de l'aviation militaire, ainsi que civile. La France dispose d'un carnet d'adresse unique à ce titre. Les technologies balistiques, nucléaires, navales, militaires et civiles mises sur la balance en cas de partenariat stratégique sont considérables. Cette carte est inexistante, injouable pour les Américains. Même la Suède n'est pas en position de présenter une offre approchante dans ce domaine.

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Thibaut De Jaegher | 17/11/2011 - 18H19

L'Inde semble être un prospect intéressant. Pour le Brésil en revanche, la bataille est mal engagée. Le Rafale est classé 3ème sur 3 !

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napooiseau | 17/11/2011 - 17H55

Il me semble que le Brésil et l'Inde sont des candidats plus que crédibles.

L'un de par la défense de ces intérêts pétroliers nouveaux et par son désir de disposer d'une aviation embarquée.

L'autre par sa tradition de diversification de ces sources d'approvisionnement, qui a déjà permis à la France de lui fournir des Mirages 3 puis des 2000.

Sachant que les US ne leurs proposent que des avions de moindre intérêt et que notre pays propose des partenariats industriels et stratégiques non négligeables.

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Thibaut De Jaegher | 17/11/2011 - 17H34

Merci pour votre commentaire. Tout ce que vous dites est juste mais les faits sont têtus : pour l'heure, aucun Rafale n'a trouvé acquéreur à l'étranger. Vous dites que la vente se fera avec des pays réellement indépendants vis à vis des Etats-Unis, je n'en vois pas beaucoup sur cette planète en capacité d'acquérir des avions de chasse... si l'on met à part la Chine et la Russie.

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napooiseau | 17/11/2011 - 17H04

A mon sens, il faudra une première vente pour débloquer la situation. Elle ne se fera que dans un pays réellement indépendant des USA, et désireux de disposer d'un engin crédible face aux avions US. Deux possibilités sont présentes: la Suisse et l'Inde. Peut-être le Brésil, mais il n'est pas clair quelles sont les volontés réelles de ce pays de s'affranchir de la domination US.

Le prix, comme seul argument décisionnel dans ce type de transaction est une hérésie. L'avion étant un outil diplomatique majeur de par l'indépendance réelle qu'il apporte à son possesseur vis-à-vis des USA.

Sur l'argument du made in France, cela garantit une non-ingérence US en cas de conflit. Ce qu'aucun des autres concurrents cités ne garantit !

-Le F35 reste un prototype, hors de prix, aux performances théoriques non confirmées dans la pratique! Et l'exemple du F22 et du convertible US ne sont pas là pour rassurer .

-L'EuroFighter est un avion très réussi, mais un intercepteur pur, qui ne pourra jamais atteindre la polyvalence et les performances en TBA ou même en combat rapproché du Rafale.

Le fond du problème est à chercher dans plusieurs directions:

-Les uns veulent un avion à bas prix avec une reprise sur leur matériels excédentaires.

-Les autres veulent un transfert technologique massif au prix d'un achat en solde.

-D'autres n'ont pas les moyens diplomatiques de frustrer les US.

-Enfin, les USA ne sont pas intéressés de voir éventuellement des avions de cette trempe en face des leurs, ni dans les airs, ni face à leurs produits sur le marché.

-Il n'est pas inutile de rappeler non plus que :-le Typhon est de conception plus ancienne que le Rafale; qu'il ne dispose pas d'un radar à balayage électronique.

-le Gripen est un mono-réacteur léger, de faible rayon d'action dont le coeur est un réacteur US. Il serait plus à comparer avec un 2000-9 ou un F16.

- le F35, lui aussi est un mono-réacteur . Bien que plus puissant qu'un Gripen, mais tout pilote vous expliquera qu'en engagement de combat; avoir deux moteurs sauve parfois la vie!

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