Rafale d'études sur le "cloud computing"
Par Christophe Dutheil - Publié le
Le salon Solutions Cloud Computing vient d'ouvrir ses portes à Paris (du 5 au 6 mai, au CNIT), où il doit réunir la plupart des fournisseurs actifs dans les domaines de l'hébergement et des services en ligne. A cette occasion, pas moins de trois livres blancs viennent d'être publiés pour expliquer aux entreprises les enjeux des nouveaux "nuages informatiques".
« Nous voulions expliquer aux entreprises ce qu'est réellement le cloud computing car chacun y va actuellement de sa définition et ce n'est pas suffisamment clair », explique la porte-parole du Syntec, la chambre syndicale des sociétés de services et des éditeurs, qui doit présenter aujourd'hui un « livre blanc » sur le sujet à l'occasion du salon Solutions Cloud Computing. Même son de cloche du côté d'IDC, qui a quant à lui édité son premier « observatoire du cloud » en partenariat avec l'éditeur CA (ex- Computer Associates), et regrette que ce domaine « reste encore mal connu des DSI ».
Internet, virtualisation, automatisation...
Qu'entend-on par « cloud computing » ou « informatique en nuage » ? Le cloud « consiste en une interconnexion et une coope?ration de ressources informatiques, situe?es au sein d’une me?me entite? ou dans diverses structures internes, externes ou mixtes », précise le Syntec. Signes caractéristiques : « les modes d’acce?s sont base?s sur les protocoles et standards Internet » et les solutions, qui « reposent sur des technologies de virtualisation et d’automatisation », sont automatiquement mises à jour. Les capacités informatiques sont allouées de façon dynamique, en fonction des besoins, et les services en ligne sont le plus souvent facturés à l'usage, en fonction de la consommation.
SaaS, IaaS, PaaS...
Mais rien n'est figé. Car les usages sont en train d'évoluer, précise le cabinet Markess International dans une autre étude consacrée aux enjeux du cloud computing : partis du SaaS (Software-as-a-Service), sur des périmètres fonctionnels souvent réduits « et sans connexion directe avec le système d'information », ils sont en train de s'étendre pour toucher « des domaines plus strate?giques qui vont au dela? des environnements applicatifs pour inte?grer notamment le pe?rime?tre des infrastructures » (serveurs, stockage, sauvegarde...). On parle alors d'IaaS (Infrastructure-as-a-Service), le « cloud » - le plus souvent « privé » - étant« hébergé dans le [centre d'hébergement] de l'entreprise ou celui d'un prestataire ».
Par ailleurs, toujours selon Markess, le PaaS (Platform-as-a-Service), un domaine qui progresse lui aussi, devrait permettre aux organisations de « de?velopper et de?ployer des applications programme?es avec des langages tiers tout en conservant la mai?trise de leur de?veloppement, des applications inte?grant des briques applicatives [...] ou encore afin de tester des de?veloppements applicatifs avant leur mise en production ».
Le marché mûrit
Mais la demande des entreprises françaises pour le « cloud » est-elle à la hauteur du bruit qu'il suscite ? Pour ce cabinet, qui a mené des entretiens avec 330 organisations dans les secteurs public et privé, le nuage avance, c'est sûr : 12% des entreprises interrogées utilisaient au moins un service de « cloud computing » en 2009 et ce chiffre devrait doubler d'ici 2010 « pour repre?senter quasiment une organisation sur quatre, et, d'ici fin 2012, presque une sur trois ». En valeur, le marché français du « cloud » est estimé à 1,9 milliard d'euros en 2010 et il devrait atteindre 2,7 milliards d'ici 2012.
IDC, qui a mené son enquête auprès de 100 grandes entreprises françaises de plus de 1 000 salariés, est tout aussi optimiste : « 31% des entreprises ont franchi le pas et ont lancé une démarche cloud, que 78% considèrent comme un projet d’externalisation ». Réduction des coûts, amélioration de la productivité et de la qualité des produits, et alignement du système d'information avec les métiers, sont autant d'objectifs les guidant dans cette voie.
La bonne nouvelle pour les entreprises : les offreurs de services sont très nombreux et la concurrence est rude : « il n’y a plus un seul grand fournisseur qui ne proclame pas que le cloud computing est un e?le?ment-clef de sa strate?gie », observe le Syntec. « Que ce soit les « pure players », les grands acteurs du Web, ceux du monde de l’IT, les ope?rateurs te?le?coms, les he?bergeurs ou les spe?cialistes du stockage,... tous ont une offre, plus ou moins comple?te », prévient le syndicat, en soulignant que les grands acteurs se distingueront probablement grâce à leur « notoriété », leur expérience « dans le domaine de la mutualisation d’applications he?berge?es » et leur capacité à proposer des offres flexibles, convenant « ? la fois aux TPE/PME et aux grands comptes ».
Reste tout de même plusieurs obstacles juridique à surveiller pour basculer en mode « cloud » en évitant les mauvaises surprises, prévient le Syntec. En particulier, « du fait des syste?mes (infrastructures ou applications) de?localise?s, le contrat entre les deux parties doit bien pre?ciser le pays de l’exe?cution du contrat, sinon en cas de litige c’est la loi du pays ou? re?sident les serveurs qui s’applique ».
Christophe Dutheil

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