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L'usine Agro

Racheté par le chinois ChemChina, "Syngenta reste Syngenta", assure son patron de la France

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Entretien Ce mercredi 10 mai, le groupe chinois ChemChina a annoncé s’emparer définitivement du suisse Syngenta, géant des semences et des pesticides. Que sera son avenir dans un marché en pleine concentration, avec le rachat de Monsanto par Bayer et la fusion des américains DuPont et Dow ? L’Usine Nouvelle a interrogé Denis Tardit, le président de Syngenta France

Racheté par le chinois ChemChina, Syngenta reste Syngenta, assure son patron de la France
Denis Tardit, le président de Syngenta France

L'Usine Nouvelle - Quelle sera la nouvelle organisation de Syngenta suite à son rachat par le chinois ChemChina ?

Denis Tardit - Il y aura désormais huit administrateurs : quatre nouveaux proposés par ChemChina (dont le français Olivier de Clermont-Tonnerre, un dirigeant de Bluestar) et quatre indépendants, qui devront être au moins deux à approuver d’éventuels changements importants, comme, par exemple une forte réduction du budget R&D ou un changement de localisation du siège, actuellement à Bâle.

Le groupe maintiendra-t-il sa stratégie ?

Syngenta reste Syngenta. Nous allons nous recentrer encore plus sur la satisfaction de nos clients et disposer d’une approche plus long terme que certains de nos grands concurrents qui entrent dans d’importants mouvements de concentration et vont devoir fusionner puis séparer des activités. Or, les fusions et spin-offs sont difficiles, j’en sais quelque chose pour en avoir réalisé de nombreux. Pendant ces périodes l’entreprise est focalisée sur elle-même ce qui ne sera pas le cas de Syngenta.

Comment vous situerez-vous à l’échelle mondiale dans les pesticides, les semences, et les OGM ?

Syngenta était déjà le leader mondial des produits phytosanitaires, nous voulons renforcer cette position. Nous étions numéro trois des semences et voulons nous rapprocher de la place de numéro deux. Le groupe revoit actuellement sa stratégie pour préparer notre futur et établir ses priorités.

Allez-vous introduire vos OGM en Chine, qui était réticente à ne pas disposer de sa propre technologie ?

Je ne connais pas la stratégie mise en œuvre dans les OGM par la Chine, mais Syngenta veut y développer ses activités, qu’elles soient dans les semences ou les produits phytosanitaires. Ces marchés sont trois fois plus grands en Chine qu’en France ! Nous avons récemment créé une région Chine pour nous y renforcer. L’an dernier, notre chiffre d’affaires en région Asie-Pacifique était de 1,84 milliards de dollars (sur 12,79 milliards mondialement, ndlr).

Que vous apportera ce nouvel actionnaire en France ?

Il va nous aider à poursuivre le déploiement de notre stratégie. Innover pour devenir le leader sur le marché des céréales, qui représente 45% du marché français. Ces dernières années nos ventes en céréales sont passées de 140 à plus de 200 millions d’euros. Nous comptons encore nous développer grâce au lancement du fongicide Elatus et à l’hybridation en blé et en orge. Nous voulons aussi améliorer notre performance en semences en nous focalisant sur la satisfaction client. Mais aussi consolider notre portefeuille en protection des cultures, avec un focus sur la gestion des résistances car il y a de moins en moins de matières actives, donc de modes d’action, homologuées au niveau européen.

Justement, comment répondez-vous aux injonctions anti-pesticides qui se multiplient en France comme en Europe ?

Les produits phytos sont à mon avis les plus évalués de tous les produits chimiques ! Avec un règlement européen très strict qui élimine de nombreux produits sur la base de critères de danger. L’évaluation européenne est complétée par une homologation dans chaque pays basée sur des études de risque et d’exposition.

Le risque à terme est que les agriculteurs n’aient plus suffisamment d’outils pour protéger leurs cultures. Et attention à la perte de compétitivité européenne très très forte que cela peut induire. Il faudrait aussi que ceux qui critiquent notre industrie viennent voir de beaucoup plus près comment nous travaillons aujourd’hui. J’en ai invité certains à venir au lancement de nos produits de biocontrôle, je les attends toujours. En attaquant les autres technologies, ils veulent imposer un seul modèle agricole. Or est-ce que ce sera positif pour le développement économique ? Je n’en suis pas convaincu.

Votre concurrent Monsanto va être racheté par Bayer, notamment pour son expertise dans l’agriculture de précision et le numérique. Où en êtes-vous ?

Syngenta y travaille mondialement via des partenariats avec des sociétés, mais en parle peut-être moins que ses confrères. Localement, pour répondre aux besoins du marché, grâce au réseau de fermes Ageris que nous avons lancé en 2002 pour mettre en place des bonnes pratiques, nous avons acquis beaucoup d’expérience et de données. Nous avons pu développer une application digitale, DIAGeris, qui permettra désormais à un agriculteur d’évaluer en deux heures comment améliorer la durabilité de son exploitation et répondre aux attentes sociétales.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

Un nouveau centre de R&D et production de semences à Chartres

En France, Syngenta réalise un chiffre d’affaires d’environ un milliard d’euros, pour moitié sur le marché français, l’autre moitié étant des ventes à l’export ou vers d’autres filiales du groupe. A Chartres (Eure-et-Loire), "nous sommes en train d’investir plus de 10 millions d’euros dans un centre qui couplera R&D et production de semences de base pour le colza et les céréales, annonce Denis Tardit. Nous l’inaugurerons le 21 juin, et continuons en parallèle d’investir dans nos quatre grandes usines hexagonales."

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