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R&D : Sanofi mise sur le parrainage de jeunes chercheurs

Par Gaëlle Fleitour - Publié le
Laboratoire
© D.R.

Dans un contexte de restructuration de sa R&D, le laboratoire pharmaceutique français a décidé d’accompagner pendant trois ans des lauréats d’un programme du CNRS et de l’Inserm. Objectif, obtenir de nouvelles connaissances dans l'infectiologie et la médecine régénérative.

Les initiatives associant de jeunes chercheurs à l’industrie sont rares. Pourtant, c’est le pari fait par l’Inserm et le CNRS et Sanofi. Ainsi depuis 2009, sur les 43 lauréats du programme ATIP-Avenir, qui permet à de jeunes chercheurs sélectionnés par les deux instituts publics de monter leur équipe au sein d’une structure de recherche française, 15 sont parrainés par le laboratoire pharmaceutique.

Il ne s’est pas contenté de co-financer les dotations offertes aux lauréats : 270 000 euros minimum pour trois ans, dont 180 000 euros de frais de fonctionnement, qui leur permettant notamment de recruter un post-doctorant. Il leur attribue aussi un "parrain" issu des équipes de recherche du groupe, chargé de les accompagner durant ces trois ans.

Pour les lauréats 2010, la rencontre s’est déroulée le 29 septembre à Vitry, l’un des deux sites R&D du groupe dédiés à l’oncologie. Chez Sanofi, l’objectif est de tirer partie d’un "vivier de chercheurs de haut niveau" en France. Lors du Conseil stratégique des industries de santé en 2009, "nous avions pris l’engagement de doubler notre recherche partenariale, avec l’idée d’aller vers 50 millions d’euros sur une période de cinq ans, explique Isabelle Thizon-de Gaulle, vice-présidente des partenariats R&D de Sanofi France. Avec la création au même moment d’Aviesan (l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé, un guichet unique pour les industriels regroupant  tous les pôles santé des instituts de recherche publique, ndlr), nous avons pu simplifier nos collaborations avec la recherche publique et mener des projets plus ambitieux."

Parmi les lauréats du programme ATIP-Avenir, Sanofi a ainsi sélectionné ceux dont les projets correspondaient à ses axes stratégiques, afin de susciter des échanges avec ses équipes de recherche. Au menu de cette année : l'infectiologie et la médecine régénérative.

Un changement de paradigme

Peut-on parler de chocs des cultures, entre ces jeunes chercheurs et leur partenaire industriel ? "Je ne savais pas du tout comment cela se passait dans la recherche d’une entreprise pharmaceutique, raconte Guillaume Duménil, lauréat dans les maladies infectieuses de l'édition 2009. J’ai eu des surprises en découvrant le centre des maladies infectieuses de Sanofi et le changement de paradigme dans ce domaine, avec un retour sur la biologie des phénomènes."

Un constat partagé par Jean-François Deleuze, responsable de la plateforme R&D médecine régénérative chez Sanofi. "Je recherche la fraîcheur, des idées, d’être capable de regarder les choses dans le détail… contrairement à nous qui avons cédé, ces dernières années, à la pression d’aller vite et de délivrer des produits. Le problème c’est qu’aujourd’hui nous manquons de précisions sur des phénomènes ou des maladies."

Il a donc décidé de parrainer l’équipe de Céline Colnot, chercheuse de l’unité Inserm de l’hôpital Necker, dont le projet consiste à mobiliser les cellules souches pour réparer l’os. "La médecine régénérative est un champ extrêmement nouveau et risqué pour un industriel, car personne ne peut dire qu’il y aura des retombées en 2015, insiste Jean-François Deleuze. Mais si personne n’investit, on ne pourra pas faire d’erreur faire avancer la recherche dans ce domaine." Or "certains de nos travaux peuvent aider au développement de nouvelles thérapies cellulaires", avance sa filleule Céline Colnot. 

Sanofi compte d’ailleurs sur ces échanges pour développer des relations de long terme. Ainsi, avec son parrain industriel, Guillaume Duménil vient de demander à l'Agence nationale de la recherche de financer leur projet de recherche à long terme en infectiologie.

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