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Qui est Arabiyya Lel Isthitmaraat, le candidat à la reprise de Petroplus Petit-Couronne ?

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Electricité énergie puits de pétrole
© Swisscan - Flickr - C.C

Le 5 février, cinq candidats ont déposé des offres de reprise pour la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine-Maritime.  Mais celui qui a fait la une de l’actualité ce matin, c’est Arabiyya Lel Isthitmaraat (AI), un groupe égyptien qui promet de conserver tous les salariés.

Crédible ou pas, le candidat surprise à la reprise de Petit-Couronne ? Le 5 février, au-delà du délai maximal fixé pour le dépôt des offres de reprise de la raffinerie normande, le nom d'un repreneur égyptien, Arabiyya Lel Isthitmaraat, est annoncé par le tribunal de commerce de Rouen et crée l'étonnement.

Dans les milieux spécialisés, et notamment au sein de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), personne n'a entendu parler de cette entreprise qui se présente comme un "investisseur dans différents secteurs industriels". Plus largement, l'Ufip constate que les cinq éventuels repreneurs (excepté le suisse Terrae) sont tous implantés dans des pays producteurs de pétrole, et interroge quant à leur motivations réelles dans la reprise de la raffinerie quand aucun grand groupe pétrolier mondial ne s'y est à aucun moment intéressé...

Un projet d'investissement suffisant ?

Le représentant en France d’Isthitmaraat, Michel Billard de la Motte, a soutenu sur Europe 1 que l’offre "qui a été transmise aux administrations judiciaires contient une proposition de reprise totale des (470) salariés, sauf le personnel qui a l'intention d'ores et déjà de partir à la retraite dans les mois prochains, environ 60 salariés".

Si Michel Billard promet "plus de 100 millions d'euros d'investissement" pour la raffinerie, le groupe "souhaite que l'Etat participe à concurrence de 20 ou 25% maximum au capital social" sans que cela s'agisse d'une "demande nécessaire à l'investissement", a-t-il ajouté, en assurant tout de même que son client "maintiendra son offre même dans le cas où l'Etat français n'accèderait pas à sa demande de prise de participation".

"Plus de 100 millions d'euros d'investissement", cela paraît peu pour remettre en marche la raffinerie et procéder à sa nécessaire dépollution. Un autre candidat à la reprise de Petit-Couronne, le PDG de NetOil Roger Tamraz, avait chiffré en novembre les investissements indispensables à 848 millions d'euros, pour assurer la rentabilité à long terme de la raffinerie normande.

Selon les dires de Michel Billard, par ailleurs impliqué dans le dossier de la reprise de la raffinerie de Petit-Couronne depuis plusieurs mois pour le compte d'entreprises des Emirats arabes unis et d'Irak, "Arabiyya Lel Isthitmaraat est un groupe industriel qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de salariés et qui est implanté dans 10 pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Il est le numéro un en matière d'énergie, regroupant plus de 30 000 mégawatt de production, soit l'équivalent de 20 centrales nucléaires françaises", a-t-il confié sur Europe 1. "Ce groupe égyptien s'est intéressé de façon récente au groupe Petroplus, l'offre a d'ailleurs été déposée de manière tardive", a consenti le conseiller français.

Selon le site internet d'AI, le groupe est "dédié à augmenter le volume des actionnaires (...) en recherchant des opportunités d'investissements qui offrent un large potentiel de croissance et des retours élevés".

Le dossier d’Isthitmaraat, comme celui des quatre autres repreneurs potentiels - dont NetOil, Terrae, Murzuk, est désormais entre les mains des administrateurs judiciaires, qui jugeront dans les semaines qui viennent de la solidité et de la viabilité des offres déposées.

Elodie Vallerey

Nom de la société : Arabiyya Lel Isthitmaraat (AI)
Date de création : 1985

Activités : selon le site internet du groupe, AI est une "entreprise égyptienne leader dans l'investissement", cotée à la bourse égyptienne. "L'entreprise a une longue expérience dans la mise en oeuvre de projets d'infrastructure au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. AI a débuté en tant que groupe de construction, et s'est développé en une holding recherchant des investissements dans les infrastructures, les matériaux de construction, l'immobilier et l'industrie", décrit le site.
Selon Le Monde, dans l'énergie, le groupe dirigé et contrôlé à 37 % par Mohamed Ali Kamel Metwalli est actif à la fois dans l'électricité et dans le pétrole. Il construirait actuellement deux petites raffineries en Egypte.

Site internet :  http://www.istithmaraat.com/en/
Adresse : 6 Saray Al Gezira St., Zamalek, Le Caire, Egypte

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