Quelle vision industrielle pour Areva ?
Le 01 juillet 2009 par Fabrice Frossard
La vente de la filiale de distribution d’Areva, T&D, n’est pas une surprise. Ni l’ouverture de 15 % de son capital où la défausse du groupe du capital d’Eramet ou de STMicro.
Autant d’actions annoncées comme nécessaires pour boucler le plan de financement du groupe, depuis le départ surprise de Siemens pour les cieux russes.
Ces mouvements posent évidemment plusieurs questions sur le futur du groupe et de la politique énergétique de la France. D'autant plus, à une période où le débat sur la « sécurisation énergétique » structure les postures politiques industrielles nationales.
Dans ce cadre, la vente de T&D qui représente 38 % du chiffre d’affaires d’Areva semble répondre à une vision court-termiste. Les précédentes entreprises, qui ont vendu des branches lucratives pour se concentrer sur leur cœur de métiers, ont la plupart du temps regretté ces choix une fois le creux financier passé. Par ailleurs, cette vente doit être un crève-cœur pour Anne Lauvergeon qui a brillamment redressé cette filiale. En contrepartie, elle a réussi à se maintenir à la tête du groupe dans un univers relativement hostile.
Dans un autre registre, l’histoire montre aussi que les ouvertures de capital, une fois amorcées, s’accroissent au motif de combler à un instant T un besoin de financement.
Sur un plan politique, ouvrir le capital à des fonds privés japonais et Emirati, tout deux coopétiteurs de fait d’Areva, pose en creux des questions sur le manque de cohésion entre opérateurs européens. Même franco-français. Patrick Kron a ainsi démenti vouloir racheter T&D pour « préserver l’hygiène financière d’Alstom ».
Avec Siemens dans le capital, l’opportunité de créer un axe franco-allemand fort sur l’atome était une chance. C’était un moyen de constituer un champion européen du nucléaire pour résister aux très fortes ambitions des concurrents russes, américains ou japonais. Ce ne sera pas le cas. Clairement l’axe germano-russe sur l’énergie prend de l’ampleur au détriment de l’axe franco-germanique aux relations industrielles fortes, mais aux relations politiques erratiques. Le pragmatisme allemand lié aux ambitions politiques russes, servies par le levier énergétique, forment un bloc plus compact. Quand aux japonais et américains, leur réveil sur le nucléaire se manifeste largement dans les accords croisés tous azimuts et autres manifestations ultra offensive.
Certes l’Etat à bien manifesté sa volonté de préserver cette filière stratégique et le savoir-faire afférent, mais s’est-il donné avec la stratégie mise en place les moyens de le faire sur le long terme ?
1 réaction
Jean Daniel | 03/07/2009 - 09H59
Il est clair que l’Etat à manifesté une certaine volonté de préserver cette filière stratégique et le savoir-faire afférent, mais on peut effectivement craindre que la stratégie mise en place n'arrive pas à perturberl'axe germano-russe.

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