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Quel sorte de manager est donc Mark Zuckerberg ?

Christophe Bys ,

Publié le

Si Mark Zuckerberg est trop jeune pour publier ses mémoires et ses secrets, le patron de Facebook n'en a pas moins développé un modèle de management particulier. C'est un des points abordés dans l'étude de Faber Novel parue ce 30 mai. Quelle est la vision du fondateur ? Quelle organisation a-t-il mis en place ? Comment travaille-t-on chez Facebook ?

Quel sorte de manager est donc Mark Zuckerberg ? © Wired Photostream - Flickr - C.C.

A force de dauber sur son âge, son biopic, ses claquettes de piscine, son sweet à capuche ou, plus récemment, sur les résultats de l'introduction en Bourse de sa société, on en finirait par oublier l'essentiel : Mark Zuckerberg est aussi un pdg.

C'est même un des "plus grands managers de ce début de 21e siècle", estime Stéphane Distinguin, fondateur et pdg de la société de conseil en innovation Faber Novel, qui publie justement une étude sur Facebook intitulée Facebook, la start up parfaite.

Un chiffre suffit à résumer les performances enregistrées par l'entreprise : 8 ans après sa naissance, elle réalise une part de marché mondiale de 12,8 % (rapport du nombre de comptes ouverts à la population mondiale).

Pourtant, Facebook n'est pas historiquement le premier réseau social de l'histoire. D'autres avant lui s'étaient lancés dans l'aventure mais ont échoué. Le succès de Facebook, d'après l'étude de Faber Novel c'est d'abord le succès de la stratégie développée par son fondateur.

1 - Une culture de l'innovation pour un produit en amélioration continue
Si vous avez un compte Facebook, vous avez peut-être l'impression que rien n'y change jamais. Et pourtant, c'est comme dans un grand magasin parisien, à chaque instant (ou presque) il s'y passe quelque chose. Chaque mardi, une nouvelle version du site est mise en ligne. "Chaque mois, c'est l'équivalent de 12 000 modifications qui sont effectuées", calcule Cyril Vart, vice président de Faber Novel.

Ce dernier considère qu'un des atouts de Facebook est sa formidable fiabilité technique. Ces changements permanents se font sur un site qui continue de produire 24/24 7jours sur 7. Les pannes sont rares.

Pour cela, l'organisation est relativement simple. Les développeurs travaillent en permanence sur la correction des erreurs et autres bugs, tout en développant de nouvelles fonctionnalités qu'ils testent d'abord sur un site bêta, avant de les mettre en ligne chaque mardi matin. 

2 - Une culture technologique forte et partagée
Quand ils communiquent entre eux, les développeurs n'utilisent pas a priori le chat de Facebook, mais un bon vieux chat IRC comme les geeks les adorent. "Zuckerberg a une culture de geek", rappelle  Cyril Vart.

Facebook compte en son sein 1000 développeurs qui travaillent selon trois préceptes :
- Agir vite et casser des choses (move fast et break things en version originale) ;
- Les développeurs sont personnellement responsables de leurs codes. C'est une exception dans le métier ;
- Mark a toujours raison.

"Si beaucoup de monde rentre chez Facebook car l'entreprise a besoin de compétences pour sa croissance, la sortie peut être rapide pour ceux qui ne s'adaptent pas à la culture maison", estime Cyril Vart.

Les méthodes de travail empruntent davantage à la culture des hackers qu'à la gestion de projets telle qu'elle est enseignée. L'âge moyen des 3500 collaborateurs de Facebook est de 26 ans.

3 - Un leader qui croit à son produit
Parfois présenté comme un ado capricieux, Mark Zuckerberg apparaît surtout comme quelqu'un qui sait très bien ce qu'il veut faire. Rien moins que changer le monde grâce à Internet. Un indice de cette conviction ancrée chez lui : les refus répétés qu'il oppose à celles et ceux qui veulent racheter Facebook.

En 2004, on lui en proposait pas moins de 10 millions de dollars. En 2007, Microsoft lui offrira 15 milliards de dollars. Même refus du pdg qui "ne voulait pas tant faire un coup financier que créer une entreprise qui marque son temps", estime Cyril Vart, "Zuckerberg croit au web social". D'ailleurs, malgré l'ouverture du capital, il reste largement majoritaire avec plus de 55 % des droits de vote.

En outre, le fondateur a prévenu : "s'il ouvre son capital, il n'entend pas écouter les actionnaires." Son principal souci est et restera les utilisateurs, auxquels il entend proposer le meilleur service possible. Là encore, écoute ne veut pas dire renoncement à ses prérogatives. Les demandes des utilisateurs sont intégrées à la plateforme existante.

4 - Une concentration sur le cœur de métier
C'est un corollaire du point précédent. Facebook c'est une concentration des moyens sur un projet, celui de son leader : "faire le web social". D'autres entreprises se seraient dispersées en cours de route, auraient utilisé leur cash pour de nouvelles aventures. Pas Zuckerberg. Les ressources sont d'abord consacrées à rendre Facebook plus beau, meilleur, plus proche des utilisateurs, mais pas à n'importe quel prix.

Ainsi, une application qui ne marche pas est vite retirée, au nom du principe du "fail fast, fail often", que l'on pourrait traduire par un "ce qui ne marche pas rapidement, ne marchera pas souvent". Autrement dit, on ne s'acharne pas sur une idée qui ne rencontre pas le succès escompté. Ainsi, la tentative de commerce en ligne avec Facebook Sales a été vite laissée de côté face au peu d'intérêt des internautes.

De même, Facebook a tenté un temps de monétiser son audience en appliquant un modèle à la Google, reposant sur le taux de transformation de clic sur des liens plus ou moins sponsorisés. Là encore, le peu d'intérêt des utilisateurs a eu raison de l'idée et Facebook a développé un autre modèle, reposant sur la capacité de recommandation des produits à un auditoire très qualifié.

Ce choix est encore renforcé aujourd'hui. Facebook est devenu aujourd'hui un écosystème ouvert aux autres entreprises. Facebook élargit les possibilités sur son site, sans avoir à investir de son côté. C'est ainsi, que l'éditeur de jeux sociaux Zygna a développé des jeux en ligne.

5 - Une diarchie atypique à la tête
Si Mark a toujours raison (voire le point 2), Mark sait aussi s'entourer. Son domaine de prédilection, celui qu'il ne lâche pas c'est le produit, comprenez le code informatique. "L'évolution technique du produit, c'est lui", considère Cyril Vart, "la technologie c'est le produit pour Zuckerberg."

D'après l'expert, le jeune patron connaît très bien sa force, mais donc aussi sa limite : il n'est pas bon en business. Très vite, il a recruté Sheryl Sandberg, une ex de chez Google pour s'en occuper. "Il l'a recrutée pour qu'elle puisse s'opposer à lui", explique Cyril Vart.

Car c'est à elle de trouver les revenus et de s'occuper de la marge, indispensables pour recruter les meilleurs développeurs. A Zuckerberg de produire le meilleur produit.

A eux deux, ils constituent un tandem atypique, même dans la Silicon Valley. Lui avec son éternel sweet shirt et ses claquettes aux pieds, elle connue pour quitter tous les jours le bureau à 17h30 pour aller chercher ses enfants à la sortie de l'école.

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