Que va changer la banque publique d'investissement pour les PME ?

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© Keith Williamson - Flickr - C.C.

 Jean-Marc Ayrault a dévoilé les contours de la future banque publique d'investissement. La nouvelle structure devrait apporter plus de moyens pour les PME et réserver une place aux entreprises dans sa gouvernance.  

La création de la banque publique d'investissement (BPI) entre dans sa dernière ligne droite. Ce midi, les présidents de régions doivent déjeuner à l'Elysée pour une dernière réuion d'arbitrage sur le projet.

Mais le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déjà dévoilé hier les grands lignes de la future banque publique, qui doit régrouper Oséo, CdC entreprises, le FSI et Ubifrance. Pour les petites entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, qui sont la cible de la BPI, la nouvelle structure doit "changer leur vie" avait promis Arnaud Montebourg en juillet. Sans aller jusque là, la BPI devrait surtout apporter des moyens supplémentaires. La banque "sera immédiatement dotée de moyens supérieurs à la simple addition des moyens actuellement disponibles", a assuré le Premier ministre.

Grâce à un droit de tirage dans la ressource du livret de développement durable, les capacités d'intervention de la BPI devraient être portés à 30 milliards d'euros, en fonds propres et en prêts. Selon le rapport de la mission de préfiguration de la Banque, remis en juillet, l'ensemble des ressources des opérateurs publics actuels (Oséo, CDC entreprises et FSI) permettaient de mobiliser "seulement" 20 milliards d'euros.

Autre nouveauté : "les entreprises, qui seront les clients de la banque, participeront aux orientations stratégiques de la BPI", a annoncé le Premier ministre. Une participation à la gouvernance inédite, même si celle-ci reste à préciser. Pour s'implifier la vie des entreprises, des guichets uniques seront mis en place dans chaque région.

 

Participation pleine des régions

Reste la place accordée aux régions. "Les Régions participeront pleinement à la gouvernance de la BPI au plan national comme au plan régional", a résumé le Premier ministre, qui reconnait qu'il reste "encore à caler le dispositif exact de la présence des régions dans les comités d'engagement" notamment.

Les régions en font un casus belli. "Actuellement, le mode de fonctionnement des opérateurs de l'Etat est trés centralisé, long et tatillon. Si on veut être réactif et efficace, les régions sont les mieux placées pour mettre en oeuvre la politique de l'Etat", défend Christophe Clergeau, le premier vice-président de la région Pays de la Loire, qui réclame un examen des demandes de financement de moins de 10 millions d'euros au niveau régional.

En pesant sur la gouvernance de la BPI, les régions entendent aussi avoir leur mot à dire sur la stratégie de la future banque. "On n'est pas là pour aider les entreprises en difficulté. Mais la politique de risque ne doit pas être celle des banques classiques. Or en ce moment, la CdC ou le FSi demande des taux de rentabilit trop élevés et même les prêts d'Oséo sont loin d'être parfaits", assure l'élu.

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