Que signifie l'étiquette "Made in France" ?
Par Astrid Gouzik - Publié le
L’Assemblée nationale doit voter ce jeudi 2 février une proposition de résolution du groupe UMP visant à développer le "fabriqué en France".
L’insécurité, l’identité, le pouvoir d’achat, ils sont loin les thèmes des campagnes précédentes. Pour 2012, c’est l’industrie. Au cœur des préoccupations, la hausse de la TVA, la taxe aux frontières européennes ou nationales, et surtout le "label France".
François Bayrou, le dernier en date, s’est affiché une fois de plus comme l’éternel pourfendeur de la désindustrialisation. Il a présenté mercredi 1er février son projet pour "remettre en ordre les finances de la France" et "réarmer la production française".
C’est d’ailleurs sur ce thème que François Bayrou gagnerait des points dans les sondages. En effet, le "produire en France" est source de préoccupation en France.
Début 2011, une enquête réalisée dans dix pays montrait que les Français étaient les plus nombreux (62%) à penser que leur pays était mal placé dans la compétition économique mondiale. Les Allemands de leur côté étaient confiants à cet égard (77%). Pour l'opinion, "la désindustrialisation, c'est la cause et le symptôme du déclin", explique Jérôme Fourquet, de l’Ifop, auteur en décembre d’une note sur "les Français et la désindustrialisation".
A l’aune de ces explications, le paradoxe Lejaby pointe alors. Et la valse des candidats au chevet des salariés de Petroplus s’explique. Les fermetures d’usine ont toujours un lourd impact sur l’opinion publique. "Tous les reportages montrent que sont touchés les emplois directs mais aussi les emplois induits, cela impacte tout le tissu économique local, c'est un drame social", constate Jérôme Fourquet.
C’est aussi ce qui justifie l’engouement provoqué par la perspective du premier contrat à l'exportation du Rafale de Dassault.
Une volonté des industriels et des consommateurs
Ces choix politiques s’appuient avant tout sur une détermination forte exprimée à la fois par les consommateurs et les industriels. En novembre 2011, les sociétés Atol et Majencia, membres fondateurs de l’association Cedre, publient un sondage. 46% des Français considèrent que le pays de fabrication d’un produit est un critère de choix déterminant ou souvent pris en compte dans l’acte d’achat.
Du côté des chefs d’entreprise, les enjeux sont ailleurs. Dans le choix de leurs sous-traitants notamment. Pour 74% d’entre eux, le Made in France est un critère de première importance dans le domaine. Il est aussi essentiel pour 66% d’entre eux dans le choix des produits manufacturés et pour 58% dans celui des matières premières.
Des préoccupations visiblement entendues par les députés UMP qui doivent examiner une proposition de résolution visant à développer "le Fabriqué en France" déposée par l'ancien ministre Christian Estrosi et co-signée par plus de 150 députés. Il prône notamment un étiquetage plus précis afin de rectifier certains biais. "Une assiette fabriquée en Chine à laquelle on rajoute un simple crochet en France, pour en faire un élément de décoration, peut porter la mention convoitée 'Made in France'". Ils devraient donc définir ce que "Made in France" veut dire.

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