A force de s’imposer dans l’assiette des entreprises, l’Etat dicte son menu à des entrepreneurs qui n’ont rien demandé. Ou presque. Simplement qu’on les laisse entreprendre sans leur mettre de bâtons dans les roues.
L’Etat aujourd’hui se fait mousser de ce qui lui échappe. Il se rêve en Robin des Bois, en deus ex machina. Ne pèche-t-il pas par orgueil à force de vouloir tout contrôler ?
"C’est la fin du laisser-faire, c’est à dire faire tout et n’importe quoi, y compris commettre des erreurs", a expliqué Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, à la patronne du Medef, Laurence Parisot, qui lui reprochait son "interventionnisme social".
Dans ce domaine aussi, la main invisible peut faire son œuvre. L’accord de compétitivité signé cet été à PSA Sevelnord entre la direction et les salariés, sans aucune "intervention" en est bien la preuve. L’Etat doit se cantonner à ses missions régaliennes et veiller à instaurer un environnement favorable à ceux qui créent de la valeur et des emplois.
De leur côté, les entrepreneurs sont là pour entreprendre. Ils ont des compétences. Qu’on les laisse travailler. Et si les entreprises ne demandent rien à l’Etat, elles accepteraient certainement quelques encouragements pour le prix des risques qu’elles prennent, et pour durer.
La preuve : en accompagnant fiscalement pendant huit ans les jeunes entreprises innovantes, les entrepreneurs de la nouvelle économie en auraient créé 750 000 en dix ans. Ça vaut peut-être le coup d’étendre le dispositif à toutes les créations d’entreprises.
L’Etat ne serait-il pas plus dans son rôle en consacrant la même énergie pour les entreprises d’avenir, que celle qu’il déploie pour limiter la casse sociale dans les entreprises en difficulté ? Les entreprises rendront davantage si on les laissent prendre leur envol sans se mêler de leurs affaires.
En laissant chacun dans son rôle, l’Etat ne prend pas le risque d’être un interrupteur (in)volontaire de croissance.









