Que feront les 4 sorcières ?
Publié leLes trois sorcières ne sont pas de sortie ce vendredi, elles seront quatre. Rien à voir avec Mac Beth, ces sorcières dont il est question en Bourse ne sont autres que l’expiration de diverses options et contrats à terme qui interviennent le troisième vendredi de chaque mois (trois sorcières) et une fois par trimestre (quatre sorcière). Ces soldes et changements déstabilisent les marchés et se concrétisent souvent par journée très baissière. Une tendance déjà amorcée à Paris jeudi après six jours de hausse consécutives, étonnantes d’ailleurs au vu des mauvaises nouvelles venues de l’Espagne. Les banques de la péninsule, dont la note a été dégradée sur la dette long terme par l'agence de notation Standard and Poor's, aurait en effet du mal à emprunter sur les marchés. Pour autant le conseil européen qui se tenait hier a démenti à l’unisson de Madrid une éventuelle demande de prêt. Mieux, le succès de l’emprunt de 8 milliards d’euros de dette court terme par la France et l’Espagne 3,5 milliards. Une réussite qui, couplée à l’unité affichée par les 27 sur la nécessaire coordination des politiques économiques continue de doper l’euro, désormais au-dessus de la barre des 1.23 dollar. Une remontée qui a au passage écorné l’action d’EADS après plusieurs jours de hausses.
Plus que l’Espagne, ce sont les indicateurs de l’emploi américain faisant état d’une hausse des inscriptions hebdomadaires au chômage, 472.000 contre 450.000 anticipés qui ont ralenti la course à la hausse de Paris vers des sommets. La parution du Conférence Board ne devrait pas réchauffer les ardeurs des cambistes. Gratifié d’un faible 0,4% de hausse, contre 0.6% attendus par les analystes, l’économiste en chef Bart van Ark relève que la « dette publique et les déficits pèsent lourdement sur les perspectives de croissance des deux cotés de l’Atlantique. Nous anticipons un sérieux ralentissement de la croissance européenne en 2011, ce qui pourrait affaiblir les perspectives américaines.» Et ce n’est pas l’indicateur de la Fed de Philadelphie qui remontera le moral. Selon cet indicateur avancé, l’activité manufacturière a notablement décrue entre mai et juin : de 21.4 à 8.0, affichant son plus bas depuis 10 mois. Néanmoins, les chefs d’entreprises de l’Etat sont optimistes sur les six prochains mois.
Ces indices ont instantanément plombé Wall Street en recul de 0.58 points à la mi-séance jeudi. Toutefois, l’action BP a flambé de 8% suite à la décision de la compagnie de réduire ses investissements et d’augmenter la cession d’actifs non stratégiques à 10 milliards de dollars. Les 20 milliards de dépôts pour indemniser les victimes de la marée noire dans le golfe du Mexique a aussi eu un effet positif sur l’image du groupe.
Du côté des valeurs cycliques françaises, Lafarge restait quasiment stable malgré la confirmation par la Cour de justice de l’UE d’une amende de 250 millions d’euros au cimentier pour entente. Dans la foulée, Technip s’est vu infligé 2,03% de baisse sans grande raison apparente. A la cloture, le CAC était dans le vert, a contrario des places américaines. Ce qui ne devrait donc pas durer, d’autant plus que les 27 se seraient mis d’accord pour introduire un mécanisme de prélèvement et de taxes sur les institutions financières afin de « garantir un partage équitable du fardeau de la crise et de créer des incitations en vue de limiter les risques systémiques. » La réaction ne devrait pas tarder si la nouvelle est avérée et ce vendredi devrait définitivement voir les 4 sorcières à l’œuvre.

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