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L'usine Agro

Quatre mauvaises... et deux bonnes nouvelles pour l’industrie agroalimentaire française

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Constat morose pour l’industrie agroalimentaire. Bien que le secteur recrute toujours, ses ventes n’ont décollé que de 1,1% en 2016, à 172 milliards d’euros. Gros plan sur les freins et motifs de réjouissance de la première industrie française, qui appelle les candidats à la présidentielle à la rescousse.

Quatre mauvaises... et deux bonnes nouvelles pour l’industrie agroalimentaire française © Nutrition & Santé

1 - Des matières premières plus chères, sans compensation

Dans les rayons des supermarchés, 80% des produits sont dédiés à l’alimentation. Et 80% de ces derniers sont « made in France ». Mais les industriels qui les fabriquent sont à la peine. Blé, lait, beurre, porc… Le prix de leurs matières premières explose (de 17% depuis début 2017), conséquence de la météo qui a plombé les rendements agricoles l’an dernier, et de la demande croissante des pays émergents. Or le prix des matières premières représente 55% des coûts du secteur (contre 38% dans l’industrie manufacturière).

Des coûts qu’il ne parvient pas totalement à faire prendre en compte par la grande distribution, qui lui a déjà fait subir "43 mois consécutifs de déflation" selon le syndicat de l’industrie agroalimentaire, l’Ania. Révoltée, l’industrie de la charcuterie (Fict) demande carrément à rouvrir les négociations avec Carrefour et consorts. Tandis que les marges de l’agro-alimentaire s’effritent : son taux de marge a chuté de quatre points depuis 2007, alors que le reste de l’industrie a retrouvé voire dépassé son niveau d’alors, selon l’Ania.

2 - La consommation s’essoufle

Entre la guerre des prix dans la grande distribution et les promotions quasi continues, "la déflation des prix alimentaires a atteint -1.1% en 2016 et touché toutes les catégories de produits, y compris désormais les alcools et les marques de distributeurs, indique Stéphane Dahmani, le directeur économie de l’Ania. Un écart important de 1,8 point est même observé avec l’inflation générale, alors qu’il était nul en 2012 !" Et pourtant, la consommation des Français n’est plus stimulée pour autant : l’an dernier, ils n’ont dépensé que 0,8% en plus pour leur alimentation, déplore Jean-Philippe Girard, le président de l’Ania.

3- Des usines vieillissantes

C’est le point sur lequel l’industrie agroalimentaire doit se reprendre en main. Jean-Philippe Girard le reconnaît : "il faut moderniser notre secteur, via notamment le grand projet Solution alimentation intelligente. Dans nos entreprises, il va falloir rendre le travail plus intéressant, sinon nous n’arriverons pas à attirer les jeunes."

Bonne nouvelle, les entreprises du secteur avaient globalement bien investi l’an dernier, notamment dans les usines. Mais Stéphane Dahmani y voit là "un effet d’aubaine" lié au dispositif de sur-investissement qui vit ses derniers jours… Et s’attend désormais à un ralentissement, le taux d’utilisation des capacités de production tournant autour de 82%, soit pas assez pour déclencher de nouveaux investissements.

4- Beaucoup, beaucoup de petites entreprises… mais pas assez d’export

Sur les 17 647 entreprises, 98% sont des TPE-PME. Une spécificité du tissu agroalimentaire français par rapport à ses concurrents étrangers, gage de produits locaux et diversifiés… mais qui nous plombe à l’export. Car seulement deux entreprises sur 10 du secteur vendent à l’étranger, contre huit sur 10 en Allemagne. L’an dernier, l'excédent commercial du secteur a chuté de 12%, à 7,2 milliards d'euros. Il serait même en déficit de 4,1 milliards d'euros si l’on n’incluait pas les vins et spiritueux !

L’Ania rejette aussi la faute sur l’Etat. Le coût du travail mais aussi les trente-trois taxes (sur les boissons sucrées, les bières, les spiritueux…) imputées au secteur, "soit trois fois plus qu'en Allemagne et en Italie", plombent sa compétitivité, assure Jean-Philippe Girard. Quatrième exportateur agroalimentaire mondial derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas, "on doit revenir sur le podium !" Il appelle donc les candidats à l’élection présidentielle à la rescousse (voir notre interview).

Emplois et innovation : les deux sources de réjouissance

Mais restent des motifs de réjouissance. Le secteur, premier employeur de l’industrie, continue de recruter, avec 4 333 emplois supplémentaires l’an dernier, atteignant ainsi 427 213 salariés. Marketing, emballage… La compétitivité hors coûts du secteur reste une des plus élevées de l’industrie, assure l’Ania. Et une excellente carte de visite pour l’export.

 
Lactalis, le dossier qui plombe la communication du secteur
Un dossier plombe la communication sur les difficultés rencontrées par le secteur agroalimentaire. Son nom ? Lactalis. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll s’est en effet ému mi-mars du "contexte d'annonce de résultats particulièrement positifs pour certains grands groupes industriels", visant sans le citer ce groupe lavalois qui transforme 20% du lait français avec ses marques Lactel, Bridel, Président... A sa demande, le président de l'Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires a donc engagé un bras de fer juridique avec le numéro un mondial des produits laitiers pour qu’il publie ses comptes.

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