QUARANTE-CINQ MÉTIERS PASSÉS AU CRIBLE
Par PAR PIERRE-OLIVIER ROUAUD - Publié le | L'Usine Nouvelle n° HSING2012Le terme d'ingénieur recouvre une grande variété de réalités. Faire son choix parmi les spécialités, fonctions et secteurs d'activité s'avère difficile. « L'Usine Nouvelle » vous aide à y voir clair en détaillant quarante-cinq métiers. De l'aéronautique à l'agroalimentaire, de la chimie à l'informatique, du pétrole aux énergies renouvelables, sans oublier la logistique ou la R et D.
INGÉNIEUR DE PRODUCTION
Le job
Parfait pour les passionnés d'organisation et de concret. L'ingénieur en production est chargé de la gestion d'un atelier dans une usine. Responsable d'une équipe, il doit faire en sorte que les délais de fabrication soient respectés, tout en assurant la qualité des produits. En parallèle, il doit trouver des solutions pour améliorer la productivité de son unité en recourant aux techniques du progrès continu. Le management devient très important.
La formation
Les écoles d'ingénieurs généralistes, les écoles d'ingénieurs par apprentissage, comme le réseau des ITII (Institut des techniques d'ingénieur de l'industrie). Il est possible d'ajouter une spécialisation selon le domaine d'activité (automobile, électronique...).
Les débouchés
Les entreprises industrielles dans tous les secteurs.
INGÉNIEUR R et D
Le job
Dans le cadre d'un projet de recherche défini par son entreprise ou un institut public, il étudie des nouveaux procédés, matériaux, technologies ou logiciels, pour les appliquer à la conception et la production d'un produit. Il étudie la bibliographie sur son sujet d'étude, prépare et conduit les expériences nécessaires, en analyse les résultats et participe à l'élaboration de prototypes ou lignes de production pilotes. Autonome dans son travail, il ne doit pas pour autant s'isoler. La communication avec ses pairs (colloques, séminaires...) et la publication du résultat des études font partie de sa mission.
La formation
La plupart des écoles d'ingénieurs. Privilégier celles qui ont les laboratoires de recherche les plus importants.
Les débouchés
Les grandes entreprises industrielles (PSA, Airbus, Total, L'Oréal...), les instituts de recherche publics (CNRS, Inria, Inra...).
INGÉNIEUR MÉTHODES
Le job
Responsable de l'industrialisation d'un produit, l'ingénieur méthodes se situe entre les concepteurs et les responsables de fabrication. Il étudie les caractéristiques techniques de la pièce afin de déterminer quelles machines et quelles méthodes sont indiquées pour sa production. Il peut proposer des modifications pour faciliter la fabrication. Il travaille aussi à la conception de l'outillage (moules de plasturgie, par exemple) et des automates et machines nécessaires à la fabrication du produit. Il exerce donc à la fois dans le bureau d'études, pour la conception, et au coeur de l'atelier, pour la partie tests.
La formation
Les écoles d'ingénieurs généralistes ou les écoles spécialisées (automobile, aéronautique, agroalimentaire...) pour travailler dans les usines de ces secteurs.
Les débouchés
Tous les secteurs industriels.
INGÉNIEUR QUALITÉ
Le job
Le zéro défaut est son objectif. Pour l'atteindre, l'ingénieur qualité définit les procédures nécessaires pour éviter les rejets et faire en sorte que les produits soient conformes aux normes internes ou réglementaires applicables à la profession. Il met ces procédures en place dans l'entreprise, les documente et sensibilise le personnel à ces méthodes. Il est aussi responsable des contrôles de qualité en cours de process ou en fin de chaîne, qui permettent de repérer les éventuels défauts, et garantit le suivi des indicateurs. Il réalise souvent des audits chez les fournisseurs pour vérifier le respect des règles de qualité. Enfin, il doit assurer une veille réglementaire pour connaître l'évolution des normes.
La formation
Toutes les écoles d'ingénieurs généralistes.
Les débouchés
Tous les secteurs industriels.
INGÉNIEUR EN AUTOMATISME
Le job
Les fanatiques de robotique se retrouveront dans ce métier. Le spécialiste en automatisme conçoit la solution la plus performante pour produire dans les usines grâce aux machines ou aux robots. Il doit définir l'architecture et la programmation de systèmes automatisés complexes. Pour cela, il rédige un cahier des charges tenant compte des besoins des services de production et de maintenance. En relation avec ses fournisseurs, il gère la programmation, les tests techniques et la mise en oeuvre dans les ateliers. L'ingénieur en automatisme doit pouvoir comprendre le fonctionnement de l'atelier, négocier avec les fournisseurs et encadrer une équipe technique.
La formation
Les écoles d'ingénieurs généralistes, Grenoble INP-Génie industriel, Ensisa...
Les débouchés
Les groupes industriels, les PMI, dans tous les domaines : automobile, agroalimentaire, matériel médical, aéronautique...
INGÉNIEUR EN MÉTROLOGIE
Le job
Sans mesure, pas de production ! Spécialiste de l'analyse et de la mesure, l'ingénieuren métrologie est présent dans toutes les industries manufacturière. Sur le terrain, il gère un parc d'instruments et une équipe composée de techniciens spécialisés.Ceux-ci permettent d'assurer la maîtrise des procédés de fabrication en contrôlant l'étalonnage des matériels, mais aussi de garantir la qualité et le dimensionnement des produits. Au bureau d'études, sa fonction s'apparente plutôt à de la R et D. L'ingénieur en métrologie a alors pour mission d'optimiser les instruments ou de participer à la création de nouveaux logiciels de mesure.
La formation
Polytech Lille, Cnam, Ensim, École supérieure de métrologie (Douai).
Les débouchés
Toutes les industries manufacturières, les bureaux d'études, les SSII.
PIERRE-VINCENT USIETO, 26 ans, acheteur aéronautique chez Snecma
« Un domaine d'excellence », c'est ce que Pierre-Vincent Usieto a choisi en optant pour l'aéronautique. Pour y arriver, ce jeune ingénieur de 26 ans, acheteur chez le motoriste Snecma, n'a pas ménagé sa peine. Élève aux Arts et Métiers, il fait sa troisième et dernière année à l'université britannique de Cranfield, centre aéronautique reconnu où il obtient un double diplôme. « Pour parfaire ma formation un peu théorique, j'ai suivi un master en supply chain achats internationaux à HEC. » Après cette expérience « business et management », indispensable selon lui, Snecma l'embauche. Là, propulsé acheteur, il est en contact direct avec les fournisseurs, négocie les prix, gère les délais et la stratégie sur son panel de fournisseurs. « Je fais faire la première pièce par le fournisseur, puis je suis le processus d'industrialisation et les standards de qualité. » Son parcours d'ingénieur lui donne une légitimité assortie d'une compréhension des contraintes des fournisseurs. « Un acheteur qui comprend ce qu'il achète, c'est fondamental. » Si Pierre-Vincent n'est que depuis deux ans à son poste, il pense déjà à l'avenir : une évolution vers le management dans les achats ou un passage dans les lignes de production.











