Quand Renault fait la chasse au logo

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Renault Logo
© Pascal Guittet

Un émissaire de Renault, envoyé par la division Pièce et lutte contre la contrefaçon, a fait disparaître toute référence à la marque des stands des équipementiers, réunis à Francfort dans le cadre du salon Automechanika la semaine dernière. Risquant une amende de plusieurs centaines d’euros, une trentaine d’équipementiers a dû se soumettre à la procédure.

Dans sa chasse à la contrefaçon, Renault s’est attaqué à plusieurs de ses équipementiers à Francfort, les obligeant à effacer de leur stand le nom ou le logo de la marque française. "C’est une action contre l’intelligence", dénonce Yves Riou, délégué générale de la FEDA, la fédération des syndicats de la distribution automobile.

Dans un contexte économique difficile et alors que le gouvernement prône l’esprit de filière, l’action de Renault détone. La NTN-SNR (filiale de Renault à 17% qui fabrique des roulements et des joints de transmission)  a eu "un grand prix de l’innovation sur le salon de Automechanika. Les constructeurs ont tout à gagner d’une bonne relation avec des équipementiers forts", poursuit le syndicaliste.

Le droit plutôt que la filière

Ce ne semble pas l’avis de l’émissaire qui, plutôt que l’esprit de filière, a fait valoir le droit. Pour utilisation de la marque sans autorisation, une trentaine d’exposants ont été visés par la procédure. "Pourtant, certains équipementiers possédaient bien une autorisation de leur partenaire français, elles ont été révoquées sans discussion préalable entre le constructeur et les équipementiers", affirme Yves Riou. Joint par téléphone, Renault a refusé de s’exprimer sur cette action.

Chez Renault, on nuance : "Il y a bien eu une autorisation donnée à un équipementier, mais le service a annulé l’autorisation bien avant l’intervention de Renault au salon", explique Stéphane Guilbaud, porte-parole du constructeur. Selon lui, la démarche a été comprise par les fournisseurs, pourtant il ne peut expliquer le manque de dialogue entre Renault et ses partenaires. Une carence dénoncée par la FEDA :  "Avant d’envoyer la police, on peut quand même discuter. Ce sont des méthodes moyenâgeuses".  

Au risque d’encourir une amende de plusieurs centaines d’euros et d’une  "virée au poste de police", le fournisseur d’amortisseurs allemand Kyb, l’équipementier américain Delphi et même la filiale du constructeur français NTN-SNR ont dû effacer le nom de leur client. "Nous avions un présentoir sur lequel étaient inscrites les différentes marques que nous fournissons, dont Renault. Face à la procédure, nous avons retiré son nom. Renault est un client important et nous espérons pouvoir continuer notre croissance à ses côtés", a déclaré Marie-Pierre Ygrié, responsable de la communication chez Delphi. Le fournisseur n’en dira pas plus.

"Ils sont en porte-à-faux", analyse Yves Riou. Esprit de filière ou pas, constructeurs et équipementiers dépendent les uns des autres, d’où la réserve des fournisseurs face à l’incident qui a fait scandale au salon allemand.

La lutte contre le monopole des constructeurs

Engagée depuis longtemps contre le monopole des constructeurs sur le marché des pièces détachées, la FEDA compte faire remonter l’incident auprès du gouvernement. "Monsieur Montebourg  a raison de louer l’esprit de filière mais il faut allier les paroles aux actes", rappelle le délégué syndical.  Il y a six mois, le syndicat soutenait un amendement allant dans ce sens, dans le cadre d’un projet de loi sur la protection et l’information des consommateurs.

Depuis la parution du rapport de l’Autorité de la concurrence en avril, qui dénonce une hausse de 13% entre 2000 et 2010 des prix des pièces de rechange, - conséquence du manque de concurrence sur le marché -, l’étau se resserre autour des constructeurs. Leur fébrilité face à la perte de leur monopole pourrait expliquer l’action menée par Renault à Francfort. A suivre…

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3 réactions

jdfcar | 25/09/2012 - 22H11

Il y a des constructeurs automobiles qui agissent également avec leurs clients avec le plus grand mépris.
Une fois que le client a signé un bon de commande, il est par la suite un gêneur et juste bon a tromper, et à surfacturer par un concessionnaire sans contrôle de la marque. Tous les moyens son bons pour ne pas assumer la qualité de leur produit, quitte a ne pas bouger et ne pas annuler certains défauts du véhicule et même vices de fabrication lors des révisions et surtout attendre la fin de la garantie.
Ces constructeurs ne se rendent pas compte qu’il est extrêmement facile de perdre un client pour toujours, et il arrive de plus en plus souvent. Les concurrents asiatiques qui ont depuis longtemps une culture client en profitent largement. Ceux ci s’efforcent par tous les moyens de ne pas en perdre. Ceci c’est un sujet qui mènera à la perte quelques constructeurs européens. Ceci dit les agonies sont lentes dans cette industrie!!

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jdfcar | 25/09/2012 - 22H03

Il y a des constructeurs automobiles qui agissent également avec leurs clients avec le plus grand mépris.

Une fois que le client a signé un bon de commande, il par la suite un gêneur et juste bon a tromper, et surfacturer. Tous les moyens son bons pour ne pas assumer la qualité de leur produit, quitte a ne pas bouger ou annuler certains défauts du véhicule et même vices de fabrication et attendre la fin de la garantie.

Ces constructeurs ne se rendent pas compte qu’il est extrêmement facile de perdre un client pour toujours, et il arrive de plus en plus souvent. Les concurrents asiatiques qui ont depuis longtemps une culture client en profitent largement. Ceux ci s’efforcent par tous les moyens de ne pas en perdre. Ceci c’est un sujet qui mènera à la perte quelques constructeurs européens. Ceci dit les agonies sont lentes dans cette industrie!!

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ldeck614 | 20/09/2012 - 14H29

Concernant la fourniture des pièces de Première monte (les pièces qui constituent la voiture neuve), l'esprit de filière est mort depuis longtemps en Europe. Même en Allemagne, où les constructeurs sont d'ailleurs contraints de faire chiffrer des fournisseurs européens. La plupart jouent le jeu effectivement, même si un certain constructeur traite parfois ses sous-traitants étrangers "comme des sous-hommes", pour reprendre l'expression d'un chef de projet français (anonyme).

En Allemagne, comme parfois en France, c'est la recherche précédant l'étude d'un nouveau véhicule qui voit les meilleures collaborations entre constructeurs et fournisseurs allemands. Elle concerne des applications préparant effectivement les pièces et fonctions des prochains véhicules. Elle avantage ainsi les fournisseurs concernés pour les négociations sur la 1ère monte - à l'extrême, ils posent des brevets sur ces nouvelles fonctions. En France, un fournisseur qui a un brevet ne peut le faire valoir que très difficilement face à un constructeur...

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