Quand les industriels fabriquent la recherche fondamentale
Par Morgane Remy - Publié le
Un accord vient d'être conclu entre de grands centres de recherche français et de grands industriels. Objectif ? Renforcer leur collaboration pour maintenir la technologie française dans les premiers rangs mondiaux.
Les industriels en avaient rêvé lors des Assises de l’industrie organisées cette année par L’Usine Nouvelle. Le CNRS, le CEA et Soleil, une infrastructure source et laboratoire d'utilisation de lumière synchrotron française ont signé une convention avec de grands industriels afin de renforcer leur collaboration. La synergie entre la recherche fodamentale et la recherche incrémentale a fait un pas en avant.
Qui est concerné par cet accord?
Du navire de recherche au satellite, du télescope augrand collisionneur de l’Adron, de très grands équipements et infrastructures sont nécessaires. La R&D en physique nucléaire et des hautes énergies et autour des très grands centres de rayonnement, tels que les synchrotrons, sont des domaines d’excellance qui ne saurait reposé sur les épaules d’un seul acteur. Les centres de recherche ont signé l’accord le 21 décembre 2010 avec avec l'Association des Partenaires Industriels des Grands équipements Scientifiques (PIGES). Celle-ci fédère les entreprises françaises (PME et grands groupes), impliquées dans la recherche, le développement et la mise en œuvre de l'instrumentation de pointe, nécessaire aux Très Grands Equipements et Infrastructures de Recherche (TGEIR).
Pourquoi est-ce nécessaire pour les centres de recherche?
L’alliance de compétences centres de recherches et d’entreprises industrielles permet de repondre aux besoins immenses d’instrumentation dans le domaine de la physique des hautes énergies : études de définition, premiers prototypes, choix technologiques de plus en plus précis, jusqu'à la réalisation des instruments eux-mêmes composés parfois de milliers de sous-ensembles et de capteurs nécessitant une extrême précision dans des environnements hostiles de haute technicité. Certains nécessitent des réalisations en ultra-vide à quelques degrés Kelvin, dans l'espace, dans les déserts ou encore dans la mer à 2500 m de profondeur).
Pourquoi est-ce intéressant pour les industriels ?
Le secteur des très grandes infrastructures est extrêmement concurrentiel sur le plan international.. Selon l’étude ERID-WATCH Finding s and Recommendations (European Commission December 2008), cette L'exploitation, la maintenance et les évolutions des 300 moyennes et grandes infrastructures européennes existantes et les nouveaux projets représentent un marché direct de 8 à 9 milliards d'euros pour les entreprises européennes qui y participent, en augmentation de plus de 5% par an ces dix dernières années. Sans compter les évolutions technologiques qui pourront, dans certains cas, être utilisés dans les produits manufacturés ou dans le process de production.
Comment ce partenariat se met en place ?
Le but est de renforcer les échanges en tre industriels et laboratoires pour une meilleure connaissa! nce des besoins, des outils et des services de chacun (verrous technologiques à lever, feuilles de route respectives et choix technologiques correspondants à fixer).?? Pour cela, des efforts ont été mis en place pour renforcer les compétences mutuelles des équipes et favoriser la mobilité des chercheurs, ingénieurs et techniciens entre organismes publics et entreprises. ??Ce type de coopération scientifique existe déjà aux États-Unis, en Asie et dans d'autres pays européens. Cette collaboration spécifique entre recherche académique et industrie françaises a vocation à être étendue à d'autres organismes et partenaires industriels et contribuera au renforcement de l'Europe dans la compétition internationale.
Morgane Remy

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