Quand les gaz de schiste changent la géopolitique mondiale

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Schiste
© Travis S. - Flickr - C.C.

Les gaz de schiste pourraient entrainer une moindre implication des Etats-Unis au Moyen-Orient.

A la fin des années 2000, personne n’avait  réellement estimé l’ampleur qu’allait prendre l’essor des gaz de schiste aux Etats-Unis. Nul n’imaginait que le premier importateur mondial puisse devenir en quelques années auto-suffisant et peut-être exportateur dans le futur … En revanche les observateurs commencent déjà à anticiper les conséquences de ce gaz sur l’échiquier  géopolitique mondial.

Inimaginable, il y a peu, un désengagement des Etats-Unis au Moyen-Orient devient tout à fait crédible ! Parmi les politiques américains, d’aucuns se demandent : "Do we really care about Ormuz ? (Nous soucions-nous vraiment d’Ormuz ?)", rapporte Olivier Appert, le président de l’Institut Français du pétrole – Energie Nouvelle (IFPEN). Ormuz fait allusion au détroit, un étroit bras d’eau de 50 kilomètres de larges entre la péninsule arabique et l’Iran.

Dans ce détroit transitent 17 millions de barils par jour, soit 35 % de la consommation mondiale de pétrole brut et 20 % de celle de gaz. Si les Etats-Unis suppriment les importations de gaz et réduisent drastiquement leurs importations de pétrole grâce aux huiles de schiste, ils pourraient se contenter d’un approvisionnement sur les marchés sud-américains et africains. Dans ce cas, "seront-ils toujours intéressés pour rester les gendarmes du Monde ?", s’interroge Christophe de Margerie, le PDG de Total. Une moindre dépendance des Etats-Unis se traduira par une réorientation géostratégique", confirme Olivier Appert.

Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls à être concernés par une nouvelle donne mondiale. Entre un développement avancé des gaz de schiste aux Etats-Unis et les promesses chinoises, - pays qui possèderait les premières réserves mondiales de gaz non conventionnel -, quelles seront  les réponses des champions actuels du gaz: la Russie et le Qatar ?

D’ici à 2035, la Russie verra ses débouchés vers la Chine et l’Orient en général se réduire comme peau de chagrin. L’Occident pourrait combler une partie de ses besoins par des productions en Europe : l’Allemagne, le Danemark, la Pologne, le Royaume-Uni… et peut-être la France dans le futur  ... " La Russie va se retrouver affaiblie face aux Etats-Unis", ont prédit les observateurs. Le Qatar pour sa part, tire une grosse partie de sa richesse du gaz naturel liquéfié (GNL). Le GNL pourrait voir ses prix chuter de 30 % sur la période 2011-2016. Une perte de 100 milliards de dollars pour le PIB Qatari !

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