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L'usine Agro

Quand la filière française du tabac part en fumée

Pierre Monnier

Publié le

Que reste-t-il en France de la production de tabac et de la fabrication de cigarettes ? Plus grand chose. Nouvelle preuve du déclin de la filière, la future restructuration de France-Tabac, la société regroupant six coopératives régionales productrices de tabac. Et si la Seita produit toujours des cigarettes, elle peine à maintenir son activité.

Quand la filière française du tabac part en fumée © DR

La filière française du tabac va mal. Et elle s’apprête à subir un nouveau coup. France-Tabac, la société regroupant les coopératives régionales de production de tabac, devrait annoncer un plan social cet été. L’objectif est de diminuer la masse salariale en réduisant les effectifs de l’usine de Sarlat (Dordogne) et ainsi revenir à des comptes positifs. Les 57 salariés, qui opèrent la première transformation des feuilles de tabac, ont d’ores et déjà montré leur mécontentement en débrayant les lundi 23 et mardi 24 mai.

Une production anecdotique

Dans cette usine, les feuilles sont séchées et triées avant d’être vendues aux cigarettiers. En interne, on assure que "ce n’est pas un problème de marché, mais un problème de matière première". "L’adaptation de l’outil et la réduction des volumes traités" va mener à un quatrième plan de licenciement en 10 ans après ceux de 2007, 2011 et 2014. Depuis plusieurs années, la première transformation réalisée à Sarlat s’organisait de plus en plus en flux tendu.

France-Tabac est le maillon de la chaîne qui semblait le plus résistant. Mais avec une production de 9 000 tonnes, les planteurs de tabac produisent moitié moins qu’en 2011. En seulement cinq ans, plus de 2 000 producteurs ont jeté l’éponge. Le petit millier d’exploitation encore en activité réussi néanmoins à dégager 34 millions d’euros de leur récolte.

La production française de tabac, qui a compté jusqu'à 105 000 exploitants dans les années 1950, devient anecdotique. "Ce chiffre est ridicule comparée aux 200 000 tonnes produites par an en Europe et au 5,5 millions de tonnes mondiale", regrette François Vedel, le directeur de la Fédération nationale des producteurs de tabac.

Philipp Morris s'est implanté en Italie

La politique anti-tabac serait l’un des facteurs les plus dissuasifs. "Cela n’aide pas. L’illustration la plus frappante est l’implantation de Philip Morris en Italie", explique François Vedel. En octobre 2014, la firme américaine a construit une usine à Bologne pour fabriquer des produits, d’après elle, à moindre risque. Le premier ministre italien, Matteo Renzi s’était rendu sur place pour l’inauguration du site. La France avait été un temps évoquée pour accueillir le projet. "Je ne pense pas que nos dirigeants auraient été si impliqué si la France avait été choisi, se désole François Vedel. L’aspect industriel du tabac est de plus en plus réduit."

Face à cette petite mort, les planteurs ont cherché des solutions. "Nous essayons de nous placer sur des niches, affirme François Vedel. Nous avons commencé à cultiver du tabac bio depuis deux ans." Cette initiative n’est pourtant pas récompensée puisque ce tabac n’est destiné qu’aux Etats-Unis et au Japon. "Il est impossible de valoriser notre tabac bio car nous ne pouvons pas communiquer dessus."

La Seita ferme usine après usine

Autre exemple du déclin de la filière tabac, la Seita, connue pour ses Gitanes et autres Gauloises, enchaine les fermetures de site depuis 15 ans : Morlaix en 2001, Dijon en 2004, Lille en 2005, Metz en 2010, Strasbourg en 2011 et Carquefou en 2014.

Depuis sa privatisation en 1995, la Société nationale d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes (Seita) a vu ses effectifs fondre. Lorsque elle a du s’associer à l'espagnol Tabacalera, en 1998, pour créer l’entité Altadis, elle comptait encore 7 800 salariés. Dix années plus tard, l’entreprise franco-espagnole se fait rachetée par le géant Imperial Tobacco devenu le quatrième cigarettier mondial. Ce rachat permet à la branche française de reprendre son nom d’origine en 2011. Mais lorsque la Seita renait, il ne lui reste que 1 300 salariés.

En 2014, l’usine de Carquefou (Loire-Atlantique), le plus gros site de production de cigarettes de la Seita, ferme laissant 327 personnes sur le carreau. Aujourd’hui, seulement cinq sites conservent leur activité : une usine de battage au Havre (Seine-Maritime), deux usines de fabrication à Riom (Puy-de-Dôme) et Furiani (Haute-Corse), un centre de R&D à Fleury-les-Aubrais (Loiret) ainsi que le siège administratif à Paris. 

Pierre Monnier

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