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Quand l’industrie française courtise l’Afrique du Sud

Par Morgane Remy - Publié le
Visite Zuma - Paris 2011
© LUDOVIC/REA

Le président sud-africain Jacob Zuma a été accueilli comme il se doit, à Paris, par Nicolas Sarkozy pour la troisième fois depuis 2008. Ce pays émergent offre un marché prometteur et intéresse les industriels français, surtout dans le domaine de l'énergie.

Escorte de la Garde républicaine à cheval, dîner à l’Elysée et rencontre avec la crème du patronat hexagonal. La France déploie, depuis mardi, le tapis rouge pour la venue à Paris de Jacob Zuma, le président d’Afrique du Sud.

La Nation arc-en-ciel a de quoi être courtisée. La Libye et la Côte d’Ivoire, où la France est présente économiquement, sont en conflits. L'Afrique du Sud représente donc une alternative. Elle est une porte d’entrée de choix sur le continent.

Mais ce pays est bien plus que le port de l'Afrique australe : première puissance économique africaine, l’émergence économique le fait entrer au panthéon des BRICS (Brazil, Russia, India, China and South Africa).

Présence de l'industrie français ne Afrique du Sud.  

Les deux-tiers des investissements  français en Lybie se concentraient sur les domaines industriels, en 2009.

En premier et sans surprise, les Français investissent les mines (Total Coal, Areva).
Suivent de près la pharmacie (Sanofi-Avenits, Virbac),
le pétrole et la Chimie (Air Liquide),
les équipements électriques (Schneider Electric, Tenesol, Solaire Direct), 
l'électronique (Thales, Gemalto),
les industries de  construction (Saint Gobain, Lafarge, Bouygues, Vinci)
et les équipements automobiles (Renault, Faurecia, Valeo).

 

L’Afrique du Sud est également un partenaire économique primordial pour la France. En Afrique sub-saharienne, le pays est le premier client de la France avec 1 319 millions d’euros* d’exportations française. Avant le Nigéria (1 248 millions) et la Côte d’Ivoire (734 millions). Nos ventes se concentrent sur les biens d’équipements (40%) et des biens intermédiaires (33%). Mais, pour demain, l’énergie reste le secteur le plus convoité.

NUcléaire

« Areva et l’Afrique du Sud sont partenaires depuis plus de 30 ans. Le groupe reste totalement déterminé à soutenir le pays dans le développement de ses ambitions nucléaires », précisait hier Anne Lauvergeon, la présidente du groupe Areva.

Dans le domaine du nucléaire, les Français ont été les premiers sur le segment, avec la construction de la centrale nucléaire de Koeberg, réalisée par Framatome associé à Alstom et Spie. La centrale édifiée à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest du Cap a été mise en service en 1985. Profitant de sa présence historique en temps que fournisseur à Koeberg, Areva a renouvelé sa proposition, datant de 2008, de fournir deux réacteurs EPR à l’Afrique du Sud qui souffre d’un déficit chronique d’électricité.

Le groupe a déjà signé un accord, hier, mercredi 3 mars, avec la société sud-africaine d’énergie nucléaire (Necsa), en présence d’Eric Besson, ministre français de l’Industrie. Cet accord a pour but de « renforcer leur coopération initiée en 2008 pour développer l’industrie nucléaire sud-africaine ». Selon ses termes, Areva apportera son assistance à Necsa pour la formation d’experts nucléaires.

Pour le moment, le programme nucléaire est en discussion à Pretoria et rien n'a encore été voté : ni le poids qu'aura le nucléaire dans la production d'énergie, ni les partenaires qui seront sollicités.

« Cet accord prendra plus de poids, une fois que leur politique en la matière sera actée », précise un porte-parole d'Areva. Même si le groupe ne confirme pas, cela ressemble fort à une façon d’avancer ses pions sur un marché que Chinois, Américains et Sud-coréens cherchent à remporter.

Electricité

Mais Areva n’est pas la seule entreprise française à profiter de la visite de Jacob Zuma. EDF vient de signer un protocole d’accord avec la société productrice d’électricité sud-africaine Eskom. A l’image du géant du nucléaire, EDF s’est engagé à créer un institut d’ingénieurs sud-africains intitulé Eppei (Eskom Power Plant Engineering Intistute ).

L’apport de savoir-faire se fera dans le domaine de l’énergie thermique et des énergies renouvelables. Cette aide permettra de se placer dans un pays qui prévoit un doublement de ses capacités de production installée d’ici à 2030.

Du côté de l’énergie toujours, les usines françaises dépendent aussi de l’Afrique du Sud. Le pays fournit une grande quantité de charbon vapeur, qui constitue traditionnellement l’un de ses tout premiers postes d’exportations. Les ventes ont chuté de près de 30 % en 2009 par rapport à 2008 à cause de la crise. Nul ne doute que les exportations de charbon seront également au cœur des négociations.

* Chiffres de 2009, fournis par la direction générale du Trésor

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