PTC/User 2009 : « PTC a un gros avantage sur Dassault Systèmes »
Le 09 juin 2009 par Redaction L'Usine Nouvelle
Nommé en mars 2009 président et directeur des opérations de PTC, Jim Heppelman revient sur la situation du groupe et les principales nouveautés qu'il a présentées lors de sa grande messe destinée aux utilisateurs. Egratignant au passage ses principaux con
Comment PTC traverse-t-il la crise, principalement en Europe et en France ?Jim Heppelman : Pour répondre à cette question, il faut revenir un peu en arrière. 2008 a été une très très bonne année pour PTC, particulièrement en Europe. Notre dernier exercice fiscal s'est achevé le 30 septembre 2008, une semaine seulement après les évènements qui ont secoué les marchés financiers. Bien sûr, le climat s'est considérablement durci depuis cette date, d'abord aux Etats-Unis et ensuite en Europe, mettant un terme aux investissements des entreprises dans les logiciels, mais aussi dans les machines pour les usines et dans bien d'autres secteurs... Les nouvelles acquisitions sont plus touchées que les renouvellements des services existants. Autre difficulté pour PTC : nos clients européens nous paient en euros mais nous devons convertir nos revenus en dollars, ce qui n'est pas à notre avantage en ce moment compte tenu des taux de change. Nos concurrents européens, principalement Siemens et Dassault Systèmes, n'ont pas ce problème. Au contraire. Globalement, nos activités sont en recul de 10% en 2009. Mais nous sommes toujours dans une situation saine, avec des profits qui devraient atteindre 100 millions de dollars cette année. Nous pensons même que l'état actuel du marché nous offre plusieurs opportunités. Et d'un point de vue concurrentiel, PTC a un gros avantage sur Dassault Systèmes, et un avantage - peut être pas aussi fort mais un avantage tout de même - sur Siemens.
Sur quoi repose l'avantage concurrentiel que vous évoquez ?
J.H. : Regardez le benchmark d'EADS [PTC a été sélectionné par EADS pour la fourniture d'un « système de gestion de données techniques » à l'issue d'un benchmark réalisé en 2008]. Ils se sont concentrés sur plusieurs points. Le premier, c'est l'architecture. Ce qui nous donne un avantage sur Dassault et Siemens : nous en avons une, ils n'en ont pas, c'est aussi simple que cela. Le produit TeamCenter de Siemens n'est pas à la hauteur à mon avis. Quant à Enovia [Dassault Systèmes], ce n'est pas un mais cinq petits produits. C'est un désastre d'un point de vue architectural. Le deuxième critère du benchmark mené par EADS concerne les fonctionnalités mises en contexte. Là aussi, je pense que nous avions un avantage certain, plus sur Dassault Systèmes que sur Siemens.
Vous envisagez d'accroître de 5% vos investissements dans la R&D cette année. Dans quels domaines ?
J.H. : Il y a plusieurs axes, parmi lesquels nos développements s'appuyant sur la solution Sharepoint de Microsoft et de nouvelles fonctionnalités liées à Windchill. Il s'agit principalement d'améliorer notre capacité d'intégration avec les solutions de CAO du marché - comme Catia - et d'offrir prochainement une nouvelle application dédiée aux logiciels embarqués.
Vous avez déclaré vouloir mettre l'accent sur les nouvelles fonctionnalités du Web 2.0. Pourquoi et comment ?
J.H. : En 1996, lorsque j'étais directeur technique de Metaphase, l'idée m'est venue de proposer une plateforme en ligne de PLM et j'ai créé la société Windchill [rachetée par PTC en 1998]. Aujourd'hui, l'activité Windchill de PTC pèse 400 millions de dollars. C'était donc une bonne idée. J'ai le même sentiment avec le Web 2.0, qui s'éloigne de l'idée du client-serveur pour passer à des transactions d'utilisateur à utilisateur. Pour nous y adapter, nous sommes confiants dans la stratégie de Microsoft, qui consiste à faire de Sharepoint sa plateforme pour le Web 2.0 et les réseaux sociaux, à installer en interne. Nous pensons que les sociétés veulent déployer les technologies dans leurs propres centres d'hébergement et qu'elles restent frileuses à l'idée d'envoyer toutes leurs données dans les nuages.
Pourquoi privilégier Sharepoint sur d'autres solutions ?
J.H. : Le monde des réseaux sociaux est très fragmenté et nos clients ne veulent pas plusieurs solutions mais un système unique pour les wikis, les blogs... Sharepoint a l'avantage d'être un système intégré, édité par un professionnel.
Les outils de réseaux sociaux seront-ils offerts avec Pro/Engineer ? Ou facturés en sus ?
J.H. : Il faudra payer pour ProductPoint. Si ProductPoint est installé, alors Pro/Engineer le reconnaît et interagit avec cette solution.
Quid des nouvelles versions « Lite » intégrées à Pro/Engineer ?
J.H. : L'idée consiste à proposer dans Pro/Engineer des version gratuites, limitées, de nos technologies CAM [Computer-Aided Manufacturing], CAE [Computer-Aided Engineering], ou de nos offres de mannequins numériques... Si les entreprises trouvent ces applications utiles, alors elles peuvent acheter les versions complètes. Nous leur offrons un menu de fonctionnalités. A elles de faire leur choix.
Christophe Dutheil
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