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PSA Sochaux délocalise ses amortisseurs

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PSA

Actuellement, 800 000 amortisseurs sortent chaque année des ateliers de l’usine "Mécanique" de PSA Peugeot-Citroën de Sochaux (Doubs). Mais ce chiffre pourrait bientôt être réduit à néant.

Si la décision de la direction n’a pas encore été appliquée, le projet d’externalisation de la production des amortisseurs de la future T9, et la fermeture de fait inévitable de l’unité Mécanique de Montbéliard à l’horizon 2013 est bel et bien sur les rails. Et le constructeur ne s’arrête pas là. "Au départ, le projet consistait à ne pas attribuer la production des amortisseurs de la T9 au site de Peugeot, explique Bruno Lemerle, responsable CGT sur le site de Sochaux. Mais au final, il s’agirait d’arrêter la fabrication de tous les amortisseurs en interne chez PSA Peugeot-Citroën."

 
Des pièces venues d’Asie
 
C’est à un fournisseur extérieur, une filiale du japonais Kayaba, implantée en Espagne, que serait confié le marché des amortisseurs de la T9, remplaçante de l’actuelle 308. Le constructeur explique sa décision par des arguments financiers, ce qui laisse Bruno Lemerle plutôt sceptique : "La direction n’affirme pas que la fabrication actuelle est déficitaire. Elle dit simplement qu’elle a trouvé 20 % moins cher ailleurs. A côté de ça, ce sont 257 millions d’euros de dividendes qui sont distribués aux actionnaires cette semaine [le 31 mai 2011, ndlr]. Avec une telle somme, il y avait peut-être une autre solution à trouver."
 
Une volonté de délocalisation que souhaitent enrayer les salariés, puisqu’elle entraînerait la suppression de 600 postes dans les ateliers de mécanique sochaliens et d’une trentaine d’emplois au sein du bureau d’études de Belchamp. Les personnes licenciées se verraient par la suite proposer des solutions de reclassement sur les différentes sites de Sochaux, "mais au dépens de nombreux travailleurs intérimaires, qui perdraient à leur tour leur emploi, poursuit le responsable CGT. Et c’est sans compter l’impact sur l’activité d’Altia, Peugeot-Japy Industries et d’autres sous-traitants locaux qui fabriquent notamment des tiges et des clapets d’amortisseurs."
 
Les syndicats sollicitent une expertise
 
Face à l’enjeu et après plusieurs débrayages la semaine dernière, les syndicats ont déposé un recours auprès du Tribunal de grande Instance de Versailles (Yvelines). Le Comité d’Etablissement extraordinaire, réuni ce lundi 30 mai, a par ailleurs adopté à la majorité le recours à un expert. Le cabinet d’analyse financière Secafi-Alpha sera donc chargé, comme le souligne la CGT, d’"étudier la problématique de la fabrication des amortisseurs, ses aspects économiques et sociaux ; évaluer les conséquences d’un arrêt éventuel de ces fabrications, sur le site de Sochaux et dans la sous-traitance ; et étudier toute solution alternative permettant de maintenir tout ou partie de ces emplois sur le site de Sochaux."
 
Laura Heulard
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