PSA Rennes: compacter pour survivre
Le 13 juillet 2010 par Anne LéveilléPSA l’a dit et répété: pour d’évidentes raisons sociales, aucun de ses sites français ne sera fermé à moyen terme. En revanche, vu leurs surcapacités chroniques, le constructeur a dû adapter leurs volumes de production.
Dans une industrie où les frais fixes sont extrêmement lourds, son objectif est de gagner en productivité et d’amortir les coûts en chargeant au maximum les lignes.
Dédié à des berlines haut de gamme en perte de vitesse, le site de Rennes a été l’un des premiers du groupe à être mis à ce régime. Et c’est aujourd’hui ce qui en a garanti la survie. Dès 2008 et la sortie de la C5, l’outil de production du site breton a été revu à la baisse. Compactées, les surfaces ont été réduites de 30% en fonction des principes Lean manufacturing et l’une de ses trois lignes a été supprimée.
Sur les deux restantes, l’une tourne volontairement à petite cadence avec un investissement minimum. Elle conserve un fort taux de main d’œuvre et se concentre sur la production de petites séries comme le Coupé 407, la 607 ou la C6. Ne sortant actuellement que 2 voitures par heure (contre les 6 à 15 originellement prévues), elle doit sa survie à sa flexibilité de son personnel.
Visant un rendement de 45 véhicules/heure, l’autre, est dédiée à la production à fort volume, comme la C5 ou cette nouvelle 508. Très automatisée, elle profite désormais d’équipements high-tech tels des postes de soudure au laser ou des tapis autoportés.
Au total, 50 millions d’euros ont été investis sur place. Modernisée, réorganisée et chargée avec un nouveau modèle, l’usine peut entrevoir l’avenir avec optimisme. Du moins dans les dix ans à venir. Car au-delà, aucun investissement ne pourra changer le fait que Rennes reste géographiquement excentré des autres sites du groupe et que les débouchées commerciaux des hauts de gamme français sont toujours incertains.

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