PSA nomme un ancien de McKinsey directeur de la stratégie
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PSA, DU CASH À TOUT PRIX PSA confirme examiner des projets d’alliance PSA, un constructeur polygameINFOS REUTERS par Gilles Guillaume et Laurence Frost
PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a annoncé vendredi la nomination comme directeur de la stratégie d'Yves Bonnefont, jusqu'ici directeur associé du cabinet de conseil aux entreprises McKinsey.
Cette nomination s'inscrit dans le cadre de l'évolution de l'état-major du groupe automobile après le départ, la semaine dernière, du directeur général des marques Jean-Marc Gales. Celui-ci a été remplacé par Frédéric Saint-Geours, jusqu'à présent directeur financier et chargé du développement stratégique du groupe.
Elle intervient aussi alors que la question d'une alliance entre PSA et un autre constructeur automobile est revenue sur le devant de la scène cette semaine après les déclarations du patron de Fiat sur la nécessaire consolidation du secteur en Europe et l'annonce d'une baisse de la part de marché de Peugeot et Citroën en Europe en 2011.
La fonction occupée jusqu'à présent par Frédéric Saint-Geours a été scindée en deux, la direction financière ayant été confiée la semaine dernière à Jean-Baptiste de Chatillon et la direction stratégique revenant maintenant à Yves Bonnefont.
Agé de 41 ans, Yves Bonnefont a débuté sa carrière chez PSA à l'usine de Rennes (Ille-et-Vilaine) puis au centre technique de Vélizy (Yvelines). Il a ensuite assuré la direction du pôle automobile de la société de conseil Arthur Andersen, avant de rejoindre McKinsey dont il dirigeait depuis 2007 la recherche dans le secteur automobile au niveau mondial.
"Au cours de ses onze années chez McKinsey, Yves Bonnefont a principalement servi les clients des secteurs automobile et hautes technologies", a souligné PSA dans un communiqué. Le groupe n'a pas précisé s'il avait compté au nombre de ces clients.
Yves Bonnefont rendra compte directement au président du directoire Philippe Varin, a ajouté PSA. Cette nomination est effective depuis le 10 janvier.
L'action PSA gagnait 1,8% à 13,78 euros en milieu de journée, surperformant l'indice européen de l'automobile (+0,7%).
"Ils ont la bonne stratégie de faire grossir les volumes à l'international et de monter en gamme, mais ça va prendre des années et la pression est sur le court terme", a commenté Jens Schattner, analyste chez Macquarie, à Francfort, estimant que la nomination d'Yves Bonnefont n'est pas un changement de cap.
LE PRÉCÉDENT DE MITSUBISHI
Pénalisé par la guerre des prix qui fait rage en Europe sur le segment des petites voitures ainsi que par des problèmes d'approvisionnement de composants en septembre, PSA a vu ses immatriculations reculer de 6,1% l'an dernier sur le continent.
Au total, ses ventes mondiales ont baissé de 1,5% en 2011, à 3,5 millions de véhicules, faisant paraître le poids de PSA plus petit encore face aux plus de huit millions d'unités écoulées par Renault-Nissan et AvtoVAZ ou par Volkswagen, et relançant les spéculations sur la nécessité d'une alliance pour atteindre rapidement une taille critique.
"Nous n'excluons pas la possibilité d'accélérer l'ensemble de ce que nous sommes en train de faire - montée en gamme et internationalisation des ventes - au travers d'une alliance plus importante, simplement il faut que cette alliance remplisse un certain nombre de conditions", a déclaré jeudi Frédéric Saint-Geours, en réponse à une question sur les chances d'un rapprochement.
"Pour l'instant, il n'y a pas d'alliance en cours (...) On est tout à fait ouvert à cette idée, simplement il faut trouver le bon partenaire", a-t-il ajouté.
L'idée d'un rapprochement entre PSA et Fiat fait l'objet de rumeurs récurrentes, même si l'annonce de la fin de la coopération entre les deux groupes dans les utilitaires légers et le rachat de l'américain Chrysler par Fiat ont changé la donne.
Au salon de l'automobile de Detroit, Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, a précisé mardi ne pas avoir discuté d'une éventuelle alliance avec le président du directoire de PSA Philippe Varin, également présent à Detroit.
La veille, Sergio Marchionne s'était dit prêt à accueillir un troisième partenaire au sein de l'alliance avec Chrysler.
Depuis la création du groupe en 1976 avec le rachat de Citroën par Peugeot, PSA a noué plusieurs partenariats ponctuels concentrés sur des technologies ou des modèles : avec Ford dans les moteurs diesel, BMW dans les moteurs essence et hybride, Toyota dans les petites voitures et Mitsubishi dans les voitures électriques et les 4X4.
Mitsubishi et PSA ont tenté d'aller plus loin en donnant une dimension stratégique à leur partenariat, mais les discussions ont été abandonnées au printemps 2010.
PSA a fixé pour conditions à une alliance qu'elle soit cohérente avec ses stratégies, qu'elle dégage des synergies réelles et qu'elle garantisse la viabilité financière et l'indépendance du groupe, toujours contrôlé par la famille Peugeot.
Edité par Dominique Rodriguez
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