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PSA et les syndicats embraient sur la flexibilité du travail nocturne

Le 09 septembre 2010 par Yann Le Houelleur
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Usine citroën de Mulhouse
© DR

La direction de ce groupe automobile français et les syndicats ont négocié un accord cadre renforçant la flexibilité des équipes de nuit. Cela permettra la création de 900 embauches en CDI d’ici la fin de l’année. Laminés par la crise économique, les effectifs de PSA repartent, en fait, à la hausse.

D’ici la fin de l'année en cours, 750 opérateurs de fabrication ainsi que 150 ingénieurs, techniciens et agents de maîtrise seront recrutés par le groupe PSA, sur ses cinq sites d’assemblage de voitures en France. Mais ces embauches se feront selon des critères «innovants», destinés à accroître la flexibilité du travail nocturne au sein du groupe. En pratique, des contrats de travail à temps partiel et non sur la base des 35 heures habituelles seront proposés aux équipes de nuit. «Exactement comme cela se fait déjà pour les équipes de jour», fait-observer un porte-parole du groupe.

Annoncé le 9 septembre 2010. cet accord cadre a reçu l’approbation de l’ensemble des organisations syndicales concernées. La CFDT, toutefois, s’accorde un peu de temps pour s’y rallier. Réaction de Ricardo Madeira, délégué syndical CFDT, «un problème de fond se pose, en fait un vrai problème de flexibilité humaine, car seules les heures travaillées seront véritablement payées».

La direction générale de PSA justifie la teneur d’un tel accord par la nécessité de poursuivre l’amélioration de la compétitivité de ses bases industrielles dans l’Hexagone, après les secousses qu’a infligées au secteur automobile la crise survenue en 2008. S’inspirant de pratiques dont le site du groupe en Espagne (à Vigo) a essuyé les plâtres, ces accords-cadre permettront de remodeler la constitution des équipes de nuits en fonction de l’évolution de la production. Or celle-ci demeure encore incertaine du fait de la conjoncture.

Le porte-parole du groupe interrogé par l’Usine Nouvelle fait valoir que ces 900 embauches en CDI s’ajoutent à 1.100 recrutements - eux aussi en CDI - effectués pendant le premier semestre. Cette année, les opérations de la branche automobile de PSA auront fait appel aux compétences de 2000 collaborateurs nouveaux.

En 2007 et 2008, vague de départs volontaires

Il s'agit donc d'une heureuse nouvelle, compte tenu de la décrue constante dont ont souffert ces dernières années les effectifs du constructeur automobile. Lorsque Christian Streff (remplacé depuis par Philippe Varin) avait pris les commandes de PSA en 2007, il avait décrété la première cure d’amaigrissement du groupe en matière d’effectifs. «Dans les structures du groupe, rappelle Ricardo Madeira, 6.500 collaborateurs s’étaient portés volontaires pour quitter l’entreprise.» En 2008, nouvelle vague de départs volontaires : 3.500 personnes impliquées.

Les effectifs de la branche automobile du groupe en France étaient alors de 84.750 personnes. Ils ont fait marche arrière pour s’établir à près de 81.000 à la fin 2009. (Dans le monde entier, PSA compte 186.200 personnes.)

Renouveler les gammes de modèle en permanence

Ce retour à la création d’emplois, chez PSA, s’explique en partie par la stratégie qu’ont définie les dirigeants du groupe. Grâce à sa politique de création de nouveaux modèles et de renouvellement de ses gammes de voitures, le groupe cherche à gagner des parts de marché. Il estime que cette politique va s'avérer payante.
PSA roule en fait à contresens par rapport à la concurrence : après les arrêts des primes à la casse, la grande majorité des décideurs du secteur s’attendent à un reflux global en France des ventes d’automobiles pendant le second semestre 2010.



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