Rassurer les salariés ! C’est le mot d’ordre chez PSA, après la bombe lâchée ce matin par la CGT. C’est d’ailleurs ce que tente de faire Denis Martin, le directeur industriel du groupe en se rendant dans l’après-midi du jeudi 9 juin dans l’usine d’Aulnay-sous-bois. Il recevra dans la soirée les partenaires sociaux. Un CCE extraordinaire sera par ailleurs convoqué sous huit jours.
En parallèle, le ministre de l’Industrie Eric Besson doit s’entretenir en fin de journée par téléphone, avec Philippe Varin, le président du directoire du groupe, pour évoquer l’éventuelle fermeture de sites du groupe.
En effet, plus tôt dans la journée, l’organisation syndicale a présenté un document datant du 23 août 2010 mentionnant la fermeture de plusieurs usines du groupe, dont celui d’Aulnay. "Ce n’est pas un sujet d’actualité", assure PSA dans un communiqué. "Le document sur lequel s’appuie la CGT était un document préparatoire émanent dans la direction industrielle, qui ne constitue pas un élément de décision", assure-t-on encore du côté du constructeur. "Ce document correspondait à un contexte de crise. Il est caduque".
Pour autant, le groupe PSA Peugeot Citroën ne cache pas que "la compétitivité est un vrai sujet". "Mais aucune décision n’est prise sans dialogue avec les syndicats", jure-t-on encore.
Denis Martin a indiqué que la sous-activité du site de Madrid était un sujet de préoccupation. "En revanche, le site d’Aulnay tourne à 100%, il n’a connu aucun jour de chômage partiel pendant la crise", assure un porte-parole du groupe. D’autant que c’est là que sont produites les C3, qui constituent les meilleures ventes de la gamme Citroën.
De son côté, Ricardo Madeira délégué central de la CFDT se dit surpris des annonces de la CGT. Mais il reconnait que "cela fait un moment qu’on regarde de près ce qui se passe à Aulnay. On se pose la question de l’après C3".
Autre site menacé selon la CGT, celui de Sevel Nord, en raison de la fin annoncée du partenariat avec le constructeur italien Fiat. " L’activité y est assurée jusqu’en 2017, comme en témoigne les 350 millions d’euros investis en région Nord-Pas de Calais", indique un porte-parole du groupe. Et d’ajouter : "il est de la responsabilité de PSA de chercher des solutions".
Du côté de la CGT du site, Ludovic Bouvier, secrétaire général, explique que les salariés "connaissaient les objectifs, ils ont maintenant les échéances. On sent bien qu'on va vers la fermeture". Selon lui, ledit document n'est pas qu'un outil de travail, puisqu'il "stipule que c'est un rappel des décisions prises en janvier 2010".











