PSA débourse 10 millions pour former ses salariés à reclasser
Par Cécile Maillard - Publié le
Sur les 1900 postes supprimés chez PSA, la direction espère en "redéployer" la moitié en interne, notamment grâce à un programme de formation de 10 millions d'euros.
Le comité central d'entreprise extraordinaire (CCE) de PSA de ce mardi matin a confirmé les informations révélées par L'Usine nouvelle quelques heures avant : sur les 1900 postes supprimés dans le cadre du "plan de performance 2012", la direction compte en "redéployer" plus de la moitié sur les métiers en tension dans le groupe.
"Nous avons par exemple moins besoin de retoucheurs, car la qualité de nos produits s'améliore, explique un porte-parole de la direction. Au contraire, nous n'avons pas assez de managers de production, ou de conducteurs d'installation. Ce serait idiot, avant de recruter à l'extérieur, de ne pas d'abord chercher si on n'a pas les compétences en interne. On peut tout à fait aller chercher à Rennes un retoucheur travaillant sur la 508, et lui proposer un poste de manager de production à Poissy. A condition de le former."
Effectivement, les besoins identifiés par l'Observatoire des métiers du groupe portent souvent sur des postes plus qualifiés que ceux, dits "sensibles", et appelés à disparaître. La direction de PSA annonce "mettre sur la table 10 millions d'euros en 2012 spécifiquement pour former les salariés concernés par ce plan". Un effort qui correspond à 200 000 heures de formation.
Reste à régler les problèmes de mobilité géographique, les sites ayant des besoins souvent différents de ceux qui suppriment des postes. PSA recrute par exemple 500 personnes pour son usine de moteurs de Trémery, en Lorraine, depuis l'opérateur en ligne jusqu'à l'ingénieur bac +5. "On peut imaginer y faire venir des salariés de Sochaux, où la fabrication des amortisseurs baisse progressivement", avance PSA.
Des forums employeurs
Pas toujours évident de déplacer ses salariés. "Depuis 2008 et la crise, trouver un emploi au conjoint devient très difficile, et les mutations internes marchent beaucoup moins bien chez PSA", note Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. A partir du 10 janvier, tous les sites du groupe, une trentaine, disposeront d'un "espace mobilité" spécifique, animé par des cabinets spécialisés, pour encourager ces mouvements. Et les aides financières à la mobilité déjà existantes sont maintenues. PSA cite l'exemple d'un salarié de Rennes, avec deux enfants. S'il part pour Poissy, il touchera 61000 euros, pour Trémery, 40000 euros.
Reste les autres postes supprimés. 200 correspondent à des départs en pré-retraite, financés par l'employeur quand le salarié a toutes ces annuités. Environ 700 sont donc concernés par la "mobilité externe". Des départs volontaires vers d'autres employeurs ou de la création d'entreprises. PSA organisera, sur ses sites, des forums employeurs avec ses entreprises partenaires qui recrutent.
Problème : beaucoup sont aujourd'hui en difficulté, faute de contrats… avec PSA. Notamment les cabinets d'ingénierie, PSA ayant rompu 1600 contrats avec eux. "Ceux qui ne travaillent pas exclusivement pour nous, mais aussi pour l'aéronautique, notamment, seront ravis de recruter nos personnels de R&D, très compétents", souligne PSA.
Quant à la création d'entreprises, les syndicats craignent que les projets soient mal évalués et acceptés un peu trop facilement pour faire partir les salariés sur la base d'un "pseudo-volontariat". PSA assure que chaque demande est examinée de près par un cabinet RH, qui vérifie que le projet est cohérent et stable.
N'oublions pas qu'à ces 1900 suppressions de postes s'ajoutent les 1600 départs par "attrition naturelle", départs à la retraite, démissions… La CGT continue à demander l'abandon de ce plan de suppressions de postes, la CFDT s'alarmant quant à elle d'avoir appris que "8000 salariés occupent des postes dits sensibles, c'est-à-dire des postes qui n'ont pas d'avenir ou pour lesquels il y a trop de salariés".

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