Prudence de rigueur chez les industriels français présents en Tunisie
Par Barbara Leblanc - Publié learticles liés
Panorama de l'industrie française délocalisée en Tunisie La crise tunisienne touche les opérateurs télécoms français La révolution du jasmin vue par la presse maghrébineFace à l’instabilité politique et aux mouvements sociaux actuels, les industriels français présents dans le pays du Maghreb commentent peu la situation sur place. Par manque d’informations ou par précaution face à la situation.
« Nous faisons tout ce qui est nécessaire pour que nos sites continuent de tourner et que nos clients soient approvisionnés », assure un porte-parole du groupe Total, présent dans le pays à travers des activités de raffinage marketing et de chimie de spécialité.
Chez Alstom, on défend la même position, même si on précise que « tous les déplacements des collaborateurs ont été suspendus dans et à destination du pays ». La sécurité et le gardiennage ont été renforcés sur les sites du groupe Air Liquide, présent dans le pays depuis 1917 avec 16 000 clients.
Depuis le 12 janvier et l’annonce du couvre-feu, la vie économique fonctionne au ralenti. « Tout était fermé jusqu’à dimanche soir, précise Eugène Abraham, responsable chez le glacier toulousain Octave, qui détient un site de fabrication et huit points de vente. L’activité devrait reprendre aujourd’hui, mais on n’en sait pas plus ».
L’espoir est identique pour l’équipementier automobile Valeo qui détient deux sites de production : l’un à Jedeida, spécialisé dans les systèmes de transmission, et l’autre à Ben Arous pour les pièces de confort et d’aide à la conduite.
« La reprise est prévue pour aujourd’hui, après plusieurs jours de perturbations, dues aux fermetures nocturnes, à des approvisionnements difficiles et à des manques de personnels, précise-t-on à la direction. On ne veut surtout pas que les salariés viennent travailler s’il existe des risques ».
L’entreprise les Salins du Midi, qui possède trois sites de production en Tunisie (à Zarvis et Sousse) surveille la situation au jour le jour. Peu impactée directement sur sa production, elle a été freinée dans l’expédition du sel à destination de l’Europe, puisque le port de Zarvis était bloqué samedi 15 janvier.
Quant à l'avenir, il est encore trop tôt dans la plupart des entreprises pour savoir si l’instabilité politique changera quelque chose à leur stratégie sur place. Pour Pierre Lévi, président des Salins du Midi, il ne fait aucun doute que l’entreprise sera encore là-bas de nombreuses années : « Tous les ans, nous augmentons nos activités sur place et nous y sommes depuis longtemps. Nous ne sommes pas prêts de partir ».

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