PROVENCE-ALPES-COTE D'AZURLes réseaux du futur investissent Sophia-Antipolis Au rythme de 1 500 emplois créés par an, les NTIC, premier pôle industriel de la région niçoise, regroupent 16 200 emplois à forte dominante " matière grise ". Ils se mobilisent sur la conception de composants pour mobil...
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2753PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR
Les réseaux du futur investissent Sophia-Antipolis Au rythme de 1 500 emplois créés par an, les NTIC, premier pôle industriel de la région niçoise, regroupent 16 200 emplois à forte dominante " matière grise ". Ils se mobilisent sur la conception de composants pour mobiles de troisième génération, des systèmes et logiciels pour la gestion des réseaux à très haut débit et des services et matériels pour Internet ou l'e-commerce.
Les américains Commerce One, Mariner Networks, Corvis, Ulticom et le français Quescom ont rejoint en septembre les dix-huit sociétés implantées à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes) depuis janvier. Parmi elles, les autrichiens New Logic et Adcom, l'anglais ARM ou le français Neurecom. Toutes sont spécialisées dans les réseaux et le commerce électronique. Elles viennent y trouver l'expertise " matière grise ", constituée de plusieurs milliers d'ingénieurs, dont 20 % d'étrangers, et un tissu de centaines de sociétés, dont la plupart des " majors " des télécommunications. " Le niveau en télécommunications, informatique, Internet et e-commerce est ici très élevé ", constate Marko Kirjavainen, directeur pour la France des opérations du californien Solid Technology. Composée d'Américains, d'Anglais, de Néerlandais et de Finlandais, sa petite équipe, installée en début d'année, développe des solutions pour la gestion de distribution de données et des logiciels de synchronisation des réseaux sans fil ainsi que des dispositifs d'accès à Internet. " Notre choix est justifié par le nombre toujours plus élevé d'entreprises dans notre filière, complète Gianmaria Mazzucchelli, directeur général de NewLogic Technologies. Il nous est facile d'y recruter des ingénieurs formés à notre métier. "
Des entreprises qui agissent comme des aimants
A Sophia-Antipolis, les ingénieurs de NewLogic travaillent sur le Bluetooth Original On-Chip SysTem (Boost), permettant à la norme sans fil de s'intégrer aux circuits intégrés standards ainsi qu'aux Asic. Pour les mêmes raisons, l'américain Ulticom, leader mondial pour le déploiement de services dans les réseaux de télécommunications, et son compatriote Corvis, spécialiste des réseaux optiques pour la transmission Internet et vidéo à très haut débit, installent des centres supports techniques européens. Ils devraient compter une centaine d'ingénieurs d'ici à un an. Et la division Marconi Communications les a précédés, avec une trentaine d'ingénieurs du département " e-marketing " pour l'Europe. Le site héberge trois des cinq leaders mondiaux pour les réseaux, avec Lucent Technologies, Nortel Networks et Cisco. Enfin, en juin, l'anglais ARM, premier fournisseur de processeurs Risc 32 bits, présent dans 80 % des téléphones mobiles, a acheté l'entreprise Euromips, à Sophia, spécialisée dans la conception de microprocesseurs pour mobiles (Alcatel, Philips, Sagem) et l'intelligence embarquée. " Nos clients sont tous ici, confirme Philippe Decamp, responsable du centre du californien Sonics. Ouvert il y a quelques mois, ce centre développe les technologies de design automatisant et accélérant le développement de systèmes sur puce électronique. La présence de Philips, Texas Instruments, IBM, Conexant, Infinéon, Cadence..., tous mobilisés autour de nouveaux composants pour les télécommunications ou l'intelligence embarquée, agit comme un aimant. " Plus de la moitié des téléphones cellulaires GSM dans le monde intègrent des circuits DSP conçus par les ingénieurs de notre laboratoire ", confirme Christian Tordo, directeur du site Texas Instruments (400 ingénieurs) de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). " Les futurs mobiles multimédias Nokia ou Ericsson utiliseront notre système Open Multimedia Application Platform ", complète Jean-François Fau, directeur pour l'Europe du département Wireless Communication Unit de Texas Instruments. Le géant américain investit 100 millions de francs pour édifier 6 600 mètres carrés de laboratoires pour accueillir 200 ingénieurs supplémentaires avant la fin de 2001. De son côté, IBM transforme son vaste centre d'études et de recherche de 40 000 mètres carrés (750 ingénieurs), au-dessus de Nice, en centre de recherche et développement sur les technologies WAP (Wireless Application Protocol) ou UMTS. Ses ingénieurs et techniciens mènent les recherches sur les semi-conducteurs à " grande vitesse " (55 gigabits) et la technologie Bluetooth, dont la firme est l'un des initiateurs. En septembre, une nouvelle équipe d'une centaine d'ingénieurs du futur centre de recherche et développement en communication, travaillant sur l'architecture et la conception de solutions en e-commerce mobile, s'est installée. De son côté, Philips Semiconductors, numéro 3 mondial pour la communication sans fil, renforce l'ex-centre VLSI de conception de circuits intégrés pour les télécommunications sans fil. " Nous serons l'un de ses grands sites de développement de la technologie Bluetooth et des puces qui équiperont les téléphones sans fil avec accès à de nouveaux services images et données à très haut débit ", confirme Bruno Delepine, directeur du site. L'effectif de 270 ingénieurs, dont un quart d'étrangers, et d'une vingtaine de thésards consultants, devrait dépasser les 400 dans deux ans, à installer dans de nouveaux locaux. Toujours sur le site, Infineon Technologies travaille sur l'interface vocale, les réseaux et périphériques informatiques, et les mémoires embarquées. Avant! conçoit les logiciels de conception de puces électroniques. Arrivé en début d'année, VDO Car Communication (Mannesmann) planche sur la définition de l'architecture TLA (Top-Level Architecture), une plate-forme modulaire pour la voiture intelligente. Le centre emploiera une centaine d'ingénieurs en 2002.
Un terreau qui attire aussi les start-up
" La présence de l'European Telecommunications Standards Institute (ETSI), qui élabore les normes de télécommunications, des écoles d'ingénieurs de haut niveau, comme Eurecom, ou de centres de recherche, comme l'Inria, spécialiste mondial du Web, forme le substrat idéal pour l'éclosion d'une industrie "recherche-développement" à haute valeur ajoutée ", analyse Bruno Delepine, directeur de Philips Semiconductors. Ce terreau attire aussi les start-up. Après Ngset, Opt(e) Way et RightVision, la start-up Quescom, qui élabore des solutions et matériels de convergence voix/ données, est la quatrième, en un an, à délocaliser sa recherche sur le site. Elles pourront tester leurs futurs produits dans le laboratoire des usages du campus des Nouvelles Technologies de la communication, en cours de création. Le pôle " télécommunications ", mature, a atteint ainsi une masse critique qui alimente sa propre croissance. De notre correspondant,
Texas Instruments
Test de circuits électroniques.
Plus de la moitié des téléphones cellulaires GSM dans le monde intègrent des circuits DSP conçus par les ingénieurs de Texas Instruments. Le groupe américain investit 100 millions de francs dans la construction de laboratoires, qui accueilleront 200 ingénieurs supplémentaires avant 2001.
Philips Semiconductors
Laboratoire de développement de composants GSM . L'industriel renforce son centre de conception de circuits intégrés pour les télécommunications sans fil. 270 ingénieurs y travaillent aujourd'hui L'effectif devrait dépasser les 400 d'ici à deux ans.
Le poids des NTIC à Sophia-Antipolis
Le pôle des Nouvelles Technologies de l'information et de la communication (télécommunications, Internet, réseaux, informatique embarquée...) rassemble plus de 16 200 salariés, dont 50 % d'ingénieurs,au moins 2 000 emplois seront créés dans les dix-huit mois
560 entreprises, dont 39 (implantations et créations) depuis janvier
Chiffre d'affaires 1999 21,5 milliards de francs. Le cap des 26 milliards de francs sera atteint fin 2000
La part du chiffre d'affaires à l'export s'élève pour les six premiers mois de l'année à 6 milliards de francs, en hausse de 58 % par rapport au premier semestre de 1999

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