ENQUÊTE Le contexte économique est incertain. De grands groupes et des PME de l'aéronautique, du naval, de l'énergie, de la santé et de l'agroalimentaire investissent ou prévoient de le faire.
Provence-Alpes-Côte d'Azur résiste-t-elle mieux que d'autres à la crise ? Dans son bilan conjoncturel, la Banque de France note une progression, en 2011, des chiffres d'affaires, de l'emploi et des dépenses d'investissement dans l'industrie. Et se montre optimiste pour 2012 en matière de ventes et d'exportations.
Premier secteur concerné : l'aéronautique. Dynamisées par le carnet de commandes d'Eurocopter, le numéro un mondial des hélicoptères implanté à Marignane (Bouches-du-Rhône), des PME se renforcent. Weir Power et Industrial s'est ainsi dotée d'une unité, à Saint-Victoret, pour fabriquer des pièces de structures pour l'hélicoptériste et des soupapes de sécurité pour le nucléaire. Le marseillais Bonnans projette de regrouper ses activités à Marignane. D'autres devraient suivre. Eurocopter investit 25 millions d'euros dans un village d'entreprises dédié à ses sous-traitants. Le groupe agrandit aussi les ateliers de sa chaîne de production de la famille Super Puma et regroupera en 2014 son ingénierie dans un "development center". "Eurocopter veut édifier un ensemble cohérent qui profite à tous", assure Gérard Goninet, le directeur des sites d'Eurocopter France, persuadé que la filière peut créer 10 000 emplois d'ici à 2017.
Alternatives
DCNS joue aussi son rôle moteur dans les activités navales et marines. En 2013, il quittera l'arsenal de Toulon (Var). Le groupe s'installera dans 30 000 mètres carrés de bureaux et plates-formes techniques à Ollioules. L'investissement de 42 millions d'euros devrait lancer le futur Technopôle de la mer toulonnais, dont BMTI (systèmes de radiocommunications) est l'un des fleurons avec son nouveau siège à Six-Fours-les-Plages. La réparation navale réalisera d'importants investissements : dans la plaisance, à La Ciotat ; dans la maintenance lourde, à Marseille.
LA RAFFINERIE DE LYONDELLBASELL À SEC ?
La raffinerie de LyondellBasell à Berre-l'Étang (Bouches-du-Rhône) sortira-t-elle du cocon sous lequel elle dort depuis avril ? Depuis l'arrêt de ses activités, à la fin 2011, l'intersyndicale, avec l'appui du cabinet de conseil M2A, a cherché un repreneur susceptible de relancer une unité dont certains équipements ont été endommagés par le gel cet hiver. Le groupe Klesch, puis une piste libyenne ont été évoqués. Las. Cet été, le plan social est mis en oeuvre (370 emplois concernés sur le site pétrochimique, soit le tiers de l'effectif), amenuisant encore les chances de redémarrage. Autour de l'étang de Berre et au vu de la situation du raffinage français, beaucoup considèrent qu'il ne subsistera plus que Total, Ineos et Esso.
Dans l'énergie, la construction du site du réacteur de fusion nucléaire Iter se poursuit à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Parallèlement, l'aménagement de la plate-forme Megasol d'expérimentation de technologies innovantes dans le solaire du Commissariat à l'énergie atomique progresse. Un pilier de la future Cité des énergies, qui explorera des énergies alternatives, comme la biomasse. Conceptrice d'un film photovoltaïque transparent pour écrans de téléphones mobiles, Wisips crée une ligne-pilote à Rousset (Bouches-du-Rhône).
À Carros, près de Nice (Alpes-Maritimes), Anemoos déploie une technologie d'éoliennes à axe vertical en polymère 100% recyclable. EDF achèvera à la fin de l'année la transformation de sa centrale de Martigues. "Elle devient le plus gros site de production thermique d'EDF en France, explique son directeur, Jean-Marc Mauchauffée. L'investissement global atteindra près de 500 millions d'euros."
Dans la microélectronique, Inside Secure, trop à l'étroit avec 240 collaborateurs entre Aix et Rousset, réunira ses activités dans les puces sans contact à Meyreuil, à la mi-2013. "Ce siège sera dimensionné pour absorber notre croissance", précise le directeur et secrétaire général, Pascal Didier. Dans la santé, Sartorius Stedim, à Aubagne, étudie un doublement de superficie pour ses équipements industriels dédiés aux biotechnologies. "En 2015, nous serons saturés si nous ne trouvons pas de solution", explique Priscilla Dousse, directeur de l'établissement qui emploie 450 personnes. À Carros, Virbac (produits vétérinaires) a renforcé ses capacités avec une unité de fabrication de produits injectables et une autre de fabrication de vaccins contre la leishmaniose canine.
L'agroalimentaire et la cosmétique recensent des projets. Le plus modeste : Beauvilliers Flavors (arômes naturels) sur 900 m² à Meyreuil. Les plus ambitieux : la Confiserie du Roy René à Aix [lire ci-contre], ou L'Occitane, en pleine extension de ses capacités à Manosque.
La Confiserie du Roy René offre un nouvel écrin à ses calissons
Maurice Farine, le PDG de La Confiserie du Roy René, craignait de voir l'expansion de ses activités freinée par l'enclavement de son unité de production, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), au coeur d'une zone à vocation commerciale. L'avenir de son entreprise semble dégagé. En septembre, il posera la première pierre d'une usine, au nord d'Aix. Cette nouvelle unité occupera 4 400 m² sur un terrain de 4,2 ha : 3 ha sont plantés d'amandiers, des arbres qui fournissent un ingrédient indispensable aux calissons. Le site intégrera aussi un musée-boutique pour valoriser ce produit gourmand, dont la forme en losange est immuable depuis 1454, mais qui, ces dernières années, a fait l'objet d'innovations sous forme sucrée-salée (olives noires, tomates confites...). La PME, qui emploie 62 personnes, réalise un chiffre d'affaires d'une dizaine de millions d'euros. Elle va investir 12 millions d'euros dans sa nouvelle usine dont l'ouverture est envisagée pour juillet 2013. Ce qui devrait lui permettre de multiplier par trois ses capacités. La Confiserie du Roy René veut accroître sa part de marché en grande distribution, dans le commerce de détail et développer l'export.









