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Prosper Amouyal, le petit roi des arts de la table

Par Marion Deye - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3149

Après Lalique il y a six mois, le milliardaire franco-algérien vient d'acquérir la cristallerie Daum. Un rachat qui confirme ses ambitions dans un secteur en difficulté.

Pour faire des affaires en 2009, certains croient encore à la force du bon goût. Prosper Amouyal est de ceux-là. Pas de passion pour les nouvelles technologies chez le dirigeant de la Financière Saint-Germain (FSG), mais plutôt un penchant marqué pour la fine porcelaine et le cristal.

A bientôt 74 ans, l'homme d'affaires franco-algérien, qui a bâti sa fortune dans l'immobilier et l'import-export, vient de racheter la cristallerie Daum, basée à Vannes-le-Châtel (Meurthe-et-Moselle). Une acquisition qui complète un groupe de luxe et des arts de la table mis sur pied depuis 2004 et qui pèse désormais 100 millions d'euros, pour un effectif d'environ 1 000 personnes.

L'aventure débute il y a cinq ans avec le rachat, à la barre du tribunal de commerce de Limoges, du porcelainier Haviland. Pour ce natif du Sahara algérien, proche d'Abdelaziz Bouteflika, cette opportunité a des allures de madeleine de Proust. Haviland lui rappelle le service en porcelaine familial. En 2005, il s'offre la Cristallerie royale de Champagne pour un euro symbolique, puis l'orfèvre toulousain Felix. En septembre 2008, la FSG s'invite au capital de Lalique à un prix deux fois moins élevé que celui payé par le suisse Art et Fragrance six mois plus tôt. Malgré la crise que traversent les arts de la table depuis plusieurs années, le dirigeant projette d'autres acquisitions : « Il faut pouvoir proposer une offre complète dans ce secteur. Si Dior ou LVMH s'étaient cantonnés à la haute couture, ils auraient mis la clé sous la porte », assure-t-il.

Son projet industriel est-il viable à terme ? Les syndicats de Daum semblent le croire. Ils ont voté à l'unanimité pour l'offre de reprise de la FSG. Pour les convaincre, Prosper Amouyal a su insister sur les rénovations industrielles qu'il a menées chez Haviland ou à la Cristallerie royale - dont sa fille Myriam Pariente assure la direction artistique. Le site de Lalique, à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), devrait ainsi bénéficier d'un investissement de 8 millions d'euros en 2009.

La Financière Saint-Germain a aussi commencé à structurer son pôle luxe, notamment du côté des achats. « La centralisation des besoins en gaz de nos différentes entités industrielles a déjà permis de réduire notre facture de 15 à 20 %, rappelle l'homme d'affaires. La rentabilité commence par là. »

Prosper Amouyal compte aussi sur la mise en place de son réseau de distribution pour écouler les produits de son nouvel empire. Une première boutique a ouvert il y a deux mois à Londres, une autre doit être inaugurée en octobre à New York. L'Europe, l'Asie et le Moyen-Orient doivent suivre. Le tour de l'Algérie viendra peut-être un jour...

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