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Projets de capture de CO2 : should they stay or should they go ?

Le 09 mars 2009 par Rédaction L'Usine Nouvelle

La décision des sidérurgistes d'installer un site pilote de capture de C02 en France, sur le site d'ArcelorMitttal à Florange, en Moselle, détonne dans le paysage. L'Australie, qui dispose d'immenses réserves de charbon et dépend à 80% de l'anthracite polluant pour son énergie primaire, voit plutôt les projets de captage de C02 tomber à l'eau. Signataire du protocole de Kyoto, le pays d'Oz développe pourtant une législation nationale pour réduire ses émissions de C02 : le gouvernement australien s'est engagé à une réduction de 15% d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2000, mais seulement en cas de conclusion d'un accord mondial sur le climat. Sinon, à une réduction de 5% « inconditionnelle ». Dans ce contexte, le gouvernement a décidé d'accorder 4 milliards de dollars aux industriels du charbon pour les aider dans leurs efforts. Mais avec une tonne de C02 à moins de 10 euros... les industriels se découragent.

Débandade. A Moomba, la compagnie pétrolière australienne Santos a suspendu son projet de capture du carbone. Un projet de 450 millions de dollars US qui était prévu sur le site de Cooper Basin. Il devait stocker 20 millions de tonnes de carbone sur 20 ans, ce qui aurait correspondu à la mise au parking de 5 millions de voitures ? le tiers de la flotte australienne. Ce type de projet ne peut être viable qu'avec un prix du carbone de quelque 40 euros la tonne, alors qu'il n'est que de 10 euros actuellement, ayant chuté des deux tiers depuis l'été 2008 en raison de la crise. Royal Dutch Shell Plc et Anglo American ont annoncé en décembre qu'ils reportaient un projet de « charbon propre » qui aurait coûté 5 milliards de dollars australiens. Santos et General Electric Co. ont déjà annulé en 2007 un projet similaire ainsi que BP et Rio Tinto qui ont abandonné en mai un projet de site de capture du carbone.

Résistants. Pour sa part, le projet mené par l'électricien australien Callide Oxyfuel Services pour capter le C02 d'une centrale de 100 MW dans le Queensland, auquel est associé Air Liquide, ne semble pas remis en cause. Il est vrai qu'il est bien moins ambitieux : ce dernier coûte 206 millions de dollars australiens et devrait voir le jour en 2011. En Norvège, StatoilHydro tient bon également et estime que son projet de site complet à Mongstad coûterait environ 3,5 milliards de dollars. La décision de construire ou non ce site sera prise dans deux ou trois ans.

A.L.

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