Le secteur automobile a cédé 8,1%, entraînant une fois de plus l'ensemble de la production française dans sa chute. Encore une mauvaise performance dont témoigne le déficit commercial de la France en novembre.
La fin de l'année 2008 n'a laissé aucun répit à la production industrielle française. Elle a poursuivi sa chute, cédant 2,4% en novembre après un effondrement de 3,7% en octobre, selon les
chiffres publiés ce vendredi par l'Insee.
"Et depuis le mois de juillet, la production a perdu plus de 7%," relève Nicolas Bouzou du cabinet Astères. C'est dire la force de la récession.
A elle seule, la branche manufacturière (hors énergie et
industrie agroalimentaire) a perdu 3,1%. A l'origine de cette mauvaise performance, le secteur automobile, qui vit les heures noires de son histoire tant en
France qu'à l'international. Destockage, baisse de la demande, difficulté de trésorerie... La production y a reculé de 8,1% fin novembre, après -22,2% en octobre, et -19,7% sur trois mois ! Et l'effet de contagion ne s'est pas fait attendre car, comme le relève l'économiste Alexander Law, l'automobile,
"maillon essentiel de [la]
chaîne industrielle, (...)
fait vivre une myriade de fournisseurs en amont, allant de l'acier au pastique en passant par le caoutchouc et le textile, sans oublier les composants électroniques".
Biens intermédiaires en berne
Un exemple, celui des biens intermédiaires, très liés justement à la production de produits chimiques et métalliques, où la production a continué son repli : -5,6% en novembre (après -3,3%). Et toutes les autres composantes de ce secteur sont à la peine : produits chimiques, en caoutchouc ou plastique (-9,0%), métaux et produits métalliques (-6,1 %), composants électriques et électroniques (-4,4 %), produits minéraux (-2,4 %), produits de
l'industrie textile (-1,7 %) et produits en bois, papier ou carton (-1,2 %).
Dans les biens d'équipement, bénéficiant de contrats au long cours dans les matériels de transport professionnels, la chute de la production est limitée (-0,5% après -1,8%). Elle est liée à la baisse dans les équipements électriques et électroniques (-2,0%) et les équipements mécaniques (-0,5%), plus dépendants de la conjoncture.
Enfin, fait notable, la production des biens de consommation a enregistré une hausse (+08% après -0,8%), portée par les produits pharmaceutiques, la parfumerie et les produits d'entretien (+1, 1%).
"Il s'agit là d'un pôle fort de compétence français qui résiste pour l'heure à la crise", constate Alexander Law.
Carmela Riposa
Petite contraction du déficit commercial... grâce à la crise
L'historique déficit commercial français s'est un peu apaisé en novembre. Il a atteint 6,3 milliards d'euros après un record mensuel de 7 milliards en octobre, selon
les chiffres en données corrigées des variations saisonnières publiés ce vendredi par les Douanes. Ainsi, récession oblige chez la plupart des partenaires commerciaux de l'Hexagone, les importations se sont nettement contractées passant de 39 millions en octobre à 37,5 milliards novembre.
"La chute des achats de produits de l'industrie automobile et de biens intermédiaires s'ajoute à une contraction marquée des approvisionnements énergétiques", explique Bercy dans un communiqué. En revanche, les importations de biens de consommation, d'équipements professionnels et de produits agroalimentaires restent fermes.
D'un autre côté, les exportations ont également un peu baissé à 31,224 milliards d'euros (31,967 milliards en octobre).
"Tandis que la chute des produits de l'industrie automobile (véhicules et équipements) s'accélère, la contraction des exportations de biens intermédiaires, initialement centrée sur la sidérurgie, s'étend en novembre à la chimie organique et aux composants électriques", souligne Bercy. Sur les douze derniers mois, le déficit cumulé s'établit à 57,482 milliards d'euros, précise Bercy dans un communiqué. Pour l'ensemble de 2008, le gouvernement prévoyait initialement un trou de 49,8 milliards d'euros, ce qui aurait déjà constitué un record. Pour les économistes, la France se dirige désormais vers un déficit abyssal en 2008, à plus de 60 milliards d'euros.