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Production d’électricité : un projet pionnier dans les Landes signé Europlasma

Le 25 août 2010 par Yann Le Houelleur

Le groupe Europlasma a obtenu la puissance de feu nécessaire, via la bourse, pour financer la construction d’une usine de production d’électricité et d’eau chaude qui sera opérationnelle dès le début 2012. Cette nouvelle technologie, faisant appel à des torches à plasma, ouvre bien des perspectives

Opération couronnée de succès pour le groupe Europlasma, spécialisé dans les technologies propres et la production d’énergie renouvelables. Pour diversifier son éventail d’activités, cette société fondée en 1992, qui a son siège en Gironde, avait besoin d’une «bouffée d’air» initiale de près de deux millions d’euros. Elle a levé bien davantage, soit 2,3 millions d’euros en bourse, grâce à une augmentation de capital. A cela s’ajoutent 4 millions d’euros apportés par des investisseurs, ainsi que l’ont annoncé ses dirigeants le 25 août 2010.

Un fonds d'investissement sprécialisé dans les énergies renouvelables devrait bientôt entrer en scène. Fort de ce partenariat dont il révélera bientôt la teneur, Europlasma va mettre en œuvre un projet inédit et fort coûteux : la construction d’une première usine, CHO-Power, dédiée à la production d’électricité et d’eau chaude à partir de déchets résiduels. L’usine prendra forme, ces prochains mois, à Mercenx, une commune dans les Landes. Le terrain choisi se situe à côté d’un site qu’Europlasma possède depuis l’an 2000. Sur ce site, l’entreprise se consacre à une activité déjà pionnière : la «neutralisation» de déchets issus de l’amiante, obtenue par des torches à plasma dégageant une chaleur monstrueuse avoisinant 1600 degrés !

Electricité vendue à EDF

Directeur du développement de CHO-Power, Marc Lefour résume la genèse du projet CHO-Power: «La nécessité s’est fait jour d’appliquer notre savoir-faire dans la transformation de déchets, cette fois-ci non dangereux, par un procédé de gazéification. Des résidus, provenant de décharges, seront chauffés eux aussi par des torches à plasma, à une température de 1200 degrés, de manière à élaborer un gaz injecté dans de gros moteurs du type Caterpillar». Ce procédé servira à produire, sur place, de l’électricité qui sera vendue à EDF, en vertu du système d’obligation d’achat. «Nous envisageons de mettre sur le marché dès le début 2012 quelque 12 mégawatts (MW) et par ailleurs nous produirons 15 MW d’eau chaude.» Un intéressé s’est déjà manifesté en ce qui concerne l’eau chaude : un producteur de tomates qui veille sur une serre dans la proche contrée.

500 sites de production envisagés

Derrière la construction de cette première usine CHO-Power se dessine un ambitieux projet, qui devrait faire les beaux jours d’Europlasma, compte tenu de l’énorme marché potentiel : «Nous estimons qu’il est possible de faire fonctionner 500 sites de production d’électricité recourant à cette technologie dans les plus importants pays européens», poursuit Marc Lefour. «Nous sommes approchés par de nombreuses collectivités locales qui se refusent à accueillir des décharges sur leur territoire et cherchent des opérateurs capables de les traiter.» Selon lui, la production d’électricité à partir de déchets résiduels par procédé de gazéification a d’autant plus de chances de percer sur le marché que «les procédés autres, en particulier la méthanisation, n’ont pas encore fait leurs preuves».

Détail significatif : Europlasma a hérité son expertise en matière de torches à plasma d’Aérospaciale. Elle faisait partie des activités de ce groupe dont elle s’est émancipé, volant depuis de ses propres ailes. En 2009, Europlasma a réalisé un chiffre d’affaires de 31,4 millions d’euros.

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