PROCESSDE NOUVEAUX AGENTS D'EXTINCTION POUR REMPLACER LES HALONSDe nouveaux agents d'extinction essaient de se placer sur le créneau des halons, nocifs pour la couche d'ozone et dont la production est interdite.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2566

PROCESS

DE NOUVEAUX AGENTS D'EXTINCTION POUR REMPLACER LES HALONS

De nouveaux agents d'extinction essaient de se placer sur le créneau des halons, nocifs pour la couche d'ozone et dont la production est interdite.



Non toxiques pour l'homme, agissant de façon rapide et sèche, légers, les halons faisaient l'unanimité comme agents d'extinction des feux. Jusqu'au protocole de Montréal, qui a signé leur arrêt de mort, dans la même charrette que les CFC. Motif d'accusation : les halons sont nocifs pour la couche d'ozone. Depuis le 1er janvier 1994, ils ne sont donc plus fabriqués ni importés dans les pays signataires du protocole. Même si leur usage n'est pas interdit, il devient urgent de les remplacer. La tendance est en effet de limiter l'utilisation des halons à des applications pour lesquelles ils sont indispensables, comme dans l'aéronautique. Le stock disponible et le recyclage peuvent encore fournir les quantités nécessaires pendant des dizaines d'années. Mais le risque est grand que les halons soient interdits avant même la rupture du stock. La recherche de produits de substitution va donc bon train. Deux des candidats au remplacement des halons sont, comme eux, des gaz dits " chimiques " qui inhibent les réactions en chaîne de la combustion. Le FM200 et le CEA410 se partageaient le marché, jusqu'à l'annonce de l'arrêt de production du CEA410 par 3M, qui s'engage à assurer la maintenance du parc existant pendant dix ans. Reconnu par l'Apsad, l'Assemblée plénière des sociétés d'assurances dommages, le système au FM200 (comprenant la partie extinction et l'appareillage d'automatisation) présenté par Cerberus Guinard avait l'avantage. L'interdiction future des halons n'a pas interrompu la recherche sur les produits halogénés, très bons inhibiteurs de flamme. La tendance est aujourd'hui aux organofluorés. Très stables, ils ne risquent pas de réagir avec l'ozone. Toutefois, sans envisager leur interdiction, le ministère de l'Environnement recommande de limiter leur usage au remplacement des halons, compte tenu de leur potentiel de réchauffement climatique (qui reste inférieur à celui du halon). L' inconvénient majeur des organohalogénés : en présence de feux profonds, ils se décomposent et forment des hydracides (HF, HCl, HBr) qui s'ajoutent aux produits toxiques émis par l'incendie.

Un stockage très volumineux

Un risque qu'évitent les nouveaux gaz physiques comme l'Inergen et l'Argonite. Mélanges de gaz inertes, ils ne se décomposent pas à la chaleur et sont inoffensifs pour l'environnement. Comme le CO2, ils agissent par étouffement du feu, en réduisant l'oxygène disponible. Le système Inergen (52 % d'azote, 40 % d'argon et 8 % de CO2), commercialisé par Mather & Platt-Wormald, est le seul reconnu par l'Apsad. Des essais ont montré son innocuité sur les personnes encore présentes au moment de l'émission, contrairement au CO2. Mais son stockage reste volumineux. Limités aux feux de surface et aux espaces clos, les gaz ne sont pas la panacée. La recherche d'un agent d'extinction qui pallie ces inconvénients tout en étant totalement inoffensif pour l'environnement conduit même à en revenir à l'eau ! Aux sprinklers bien connus s'ajoutent les systèmes de brouillard d'eau (ou eau pulvérisée, brumisée, brumatisée, micronisée...). Le principe est de projeter à grande vitesse de l'eau en fines gouttelettes (inférieures à 100 microns), ce qui multiplie la surface de contact avec les flammes. L'eau absorbe le choc thermique en s'évaporant à un rythme explosif. L'évaporation s'accompagne d'une dilatation qui chasse l'oxygène. Pour l'instant, ces systèmes ne sont pas pris en compte par l'Apsad, même si certains d'entre eux ont été testés au CNPP (Centre national de prévention et de protection). Il reste que, distribués en France par ICA et Danfoss, entre autres, ils sont recommandés dans la sidérurgie ou pour les feux d'huile. Pour remplacer les halons, les industriels ont le choix. " On peut écraser une mouche avec une massue, ironise un ingénieur de l'Apsad, mais est-ce bien nécessaire ? " Une bonne analyse du risque est donc incontournable. A chacun de choisir un compromis entre l'efficacité du produit, son coût, son innocuité pour les objets protégés, sa toxicité et ses effets sur l'environnement.



USINE NOUVELLE N°2566

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