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Procès AZF : le parquet fait appel de la relaxe

Le 20 novembre 2009
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Le parquet a annoncé, vendredi 20 novembre, qu'il avait décidé de faire appel de la relaxe générale décidée par le tribunal correctionnel de Toulouse dans le procès AZF.

A chacune de ses étapes, le procès de l’affaire AZF s’est révélé troublant, hors normes. Le rendu du jugement, point d’orgue de 6 ans d’instruction et 4 mois d’auditions des parties, déroute. « Parfaite » du point de vue du droit selon l’universitaire Hubert Seillan, du fait du manque de preuves, la relaxe ordonnée hier par le tribunal correctionnel laisse amères les parties civiles. « Le verdict de ce procès laisse présager que les pratiques industrielles catastrophiques et dévastatrices vont se poursuivre alors qu’il reste tant à faire en terme de précaution écologique et de prévention des risques. En Midi Pyrénées, comme ailleurs, ce jugement de relaxe laisse le sentiment amer que de nombreux responsables de cette catastrophe ne sont pas inquiétés et qu’ils sont bien à l’abri de condamnations exemplaires », a déclaré Alain Ciekanski, Président des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées. «Les fautes sont majeures, les dysfonctionnements convergent pour autant le tribunal ne condamne pas pour une insuffisance de preuves. C'est à cause de l'industriel qu'on a ce petit manque et il en est récompensé», estime Stella Bisseuil, avocate de l'association de familles endeuillées. "La commission d'enquête interne, en agissant avant l'enquête judiciaire, a fait disparaître les pièces à conviction, lesquelles ont manqué à ce tribunal pour se positionner", avait même estimé Gérard Ratier, le président de l'association. «Ce jugement est dangereux car c'est un mode d'emploi livré aux industriels responsables d'un accident industriel pour ne pas se faire condamner pénalement, pour éviter au patron cynique qui sacrifie la sécurité sur l'autel du profit de connaitre le confort d'une geôle», a jouté Christophe Léguevaques, avocat des sinistrés du 21 septembre. Interrogé par l'AFP, Didier Rebut, professeur de droit à l'université Panthéon-Assas, avait lui estimé que ce procès illustrait les limites d'une justice confrontée à "des dommages de plus en plus complexes sur le plan industriel ou sanitaire". "On est rentré dans une phase de catastrophes particulières, qu'on n'avait pas auparavant, d'une telle complexité qu'on n'arrive pas à remonter la chaîne de causalité", avait-il expliqué.
 

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1 réaction

DanielDissy | 21/11/2009 - 01H15

Ingénieur chimiste diplômé de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse, j'ai étudié pendant 7 ans ce dossier. la décision du Tribunal de Toulouse de la relaxe générale est une décision sage et courageuse face aux errances de la thèse officielle. Les travaux de MM Guiochon, Hecquet et Mme Mauzac ont montré l’impossibilité de la piste chimique inventée par Total et entérinée par le Procureur. N’en déplaise au procureur qui fustige les scientifiques sachants « hors du périmètre judiciaire », nous n’en sommes plus à l’époque de Galilée : la justice doit dire le droit, pas la chimie. Le parquet s’entête sur une voie sans issue. Si appel il doit y avoir, c’est sur le refus du Tribunal d’ordonner un supplément d’enquête. L’État doit se donner les moyens de faire toute la lumière sur cette affaire. L’incompétence et l’obstination de certains – sans parler des connivences et des entraves de l’État et de grands groupes — font qu’aujourd’hui nous ignorons encore ce qui s’est passé. Quel gâchis !

Daniel Dissy, auteur de AZF-Toulouse : Quelle vérité et AZF, Enquête secrète.

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