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Prix "innovation" - Edmond Abergel - Imprimeur numérique

Par Mirel Scherer - Publié le
Edmond Abergel
 

Viser fort et juste. Telle est la devise d’Edmond Abergel, un célibataire de 52 ans qui n’a de temps que pour sa passion: l’innovation. Jeune ingénieur, diplômé d’une école militaire, il a fait ses premières armes dans la conception de missiles. "Je me sentais à l’étroit dans cette grande maison qu’est l’armée, mais dont la réglementation laisse peu de place aux initiatives", se rappelle-t-il.

En 1982, âgé d’à peine 22 ans, Edmond Abergel démissionne pour créer sa propre entreprise. "Microsoft n’existait pas, les besoins en logiciels et en services ne cessaient de s’amplifier", explique celui qui a donné naissance à MGI, une SSII qui naviguera pendant dix ans dans les eaux agitées de l’informatique. "Nous testions de temps en temps nos solutions dans l’imprimerie de mon père." Une opportunité qui ouvre de nouveaux champs à MGI dans l’impression numérique. La société devient un constructeur de presses d’impression numérique sur des matériaux plastiques. "Notre première machine voit le jour en 1991", rappelle Edmond Abergel.

«Je me sentais à l’étroit dans cette grande maison qu’est l’armée, mais dont la réglementation laisse peu de place aux initiatives.»

 

Sa PME, qui emploie une centaine de personnes, poursuit son bonhomme de chemin jusqu’au lancement de la JETcard. Cet équipement jet d’encre mécatronique révolutionne le métier. Cinq années de développement et 15 millions d’euros investis: Edmond Abergel y croit et prend des risques.

L’histoire de cette machine, qui divise les coûts par quatre en remplaçant cinq équipements différents, rappelle celle de la réalisation d’un film. "Il faut avoir un bon scénario. Et sans le casting adapté, l’échec est garanti." Le chef d’entreprise dirige personnellement la R&D. Avec l’objectif obsessionnel de transformer rapidement chaque recherche en un produit commercialisable. "Comment, sinon, résister à des rouleaux compresseurs comme HP ou Canon ?" Edmond Abergel a su s’entourer d’une équipe d’ingénieurs polyvalents et enthousiastes. MGI, qui vient de racheter un sous-traitant allemand et possède une filiale aux États-Unis, enregistre toujours une croissance à deux chiffres. Edmond Abergel, que ses deux frères sont venus épauler, a convaincu Gemalto de s’associer aux efforts de R&D de MGI. "Les solutions d’impression classique céderont la place dans quelques années à l’offset numérique", prévoit-il…

 

 

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