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Prix du gaz : la hausse attendra (un peu)

Le 12 mars 2010 par Ana Lutzky

La hausse des tarifs du gaz, initialement prévue pour le premier avril, pourrait finalement être un peu décalée. La formule de calcul du prix du gaz fait de plus en plus débat.

Depuis peu, l'initiative du changement des tarifs du gaz revient à GDF Suez, qui doit transmettre une demande à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) au moins 21 jours avant la date d'entrée en vigueur de la nouvelle grille. Pour une application au 1 er avril, date habituelle à laquelle le tarif est modifié, GDF Suez aurait dû transmettre une demande hier soir. Elections régionales obligent, le groupe gazier pourrait attendre un peu.

La formule du prix du gaz

Le prix du gaz dépend :
- des coûts d’approvisionnement en gaz naturel
- de la cotation du fioul domestique
- de la cotation du fioul lourd basse teneur en soufre
- de la cotation du baril de pétrole
- du taux de change euro contre dollar US
En effet, si la formule censée refléter l'évolution des coûts d'approvisionnement de GDF Suez via une indexation sur le prix du pétrole était appliquée, la prochaine hausse devrait être en moyenne de 9 %. Une information révélée par « Le Figaro » voilà quelques semaines. Jusqu’à présent, c'était Bercy qui avait la haute main sur la fixation des tarifs, mais l'Etat cherche à se désengager du dossier et à le « dépolitiser » car ces dernières années, l'application de cette formule a été très hasardeuse. Dont acte : la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a désormais un avis contraignant, et non plus consultatif. Le ministère de l’économie pourrait néanmoins être tenté d’appuyer à la baisse, quitte à amoindrir les bénéfices de GDF Suez, en pleine période électorale. Les associations de consommateurs ont d’ailleurs fait entendre leur voix auprès du gouvernement pour qu’il joue son rôle d’actionnaire de référence, et tire les tarifs de la grille vers le bas.

La CLCV plaide pour une… baisse

La hausse annoncée de 9% des tarifs de vente du gaz naturel est néanmoins qualifiée de « surréaliste » par l’association de consommateurs CLCV.  Constatant « que les prix n’ont jamais été aussi bas sur le marché mondial du gaz », la CLCV estime que désormais « la règle de l’indexation des prix du gaz sur ceux du pétrole est économiquement contestable ». Dans son communiqué, la CLCV demande au contraire une baisse des tarifs réglementés du gaz aux particuliers au 1er avril 2010. Cette baisse devrait s'appuyer sur « la forte baisse des prix du pétrole en 2009 (le baril de pétrole brut se situait autour de 60 dollars en 2009 contre 97 dollars en 2008) » conjuguée à celle du gaz sur les marchés. Elle souhaite aussi davantage « de transparence (...) sur la réalité [des] coûts d’approvisionnement » du de GDF Suez ainsi que « la pérennisation des tarifs réglementés du gaz et leur réversibilité ».

Lire aussi :

Prix du gaz : + 9% au 1er avril ?


 

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