Prix du carburant : les groupes pétroliers prêts à soutenir l’Etat

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Barils de carburant
© StormPetrel1 - Flickr - C.C.

[ACTUALISE] - Dès samedi 25 août et sans attendre la concertation avec les industriels en ce début de semaine, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, a annoncé que les prix des carburants allaient baisser dès cette semaine.

Face à cette déclaration faite lors de l’université d’été du PS à La Rochelle, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky s'est dit dimanche "prêt à accompagner l'effort du gouvernement" qui souhaite baisser les prix des carburants "de façon à ce que cette baisse ou atténuation soit sensible pour l'automobiliste".

Questionné sur RTL, le patron de l’Ufip a estimé toutefois que la flexibilité au niveau de la distribution est très, très faible après avoir payé 8 ou 9 centimes de frais pour distribuer les produits pétroliers il reste aux distributeurs de l'ordre de 1 centime d'euro du litre".
Selon lui, "il n’y a pas de miracle. Le prix du pétrole, c'est le prix du pétrole en France, en Angleterre, en Allemagne, c'est le même partout".

Ces déclarations interviennent quelques jours après la présentation par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault des grandes lignes de son plan contre la flambée des prix de l’essence. Il avait alors souligné que la baisse de la taxe sur les carburants serait modeste et provisoire. Il avait aussi appelé les groupes pétroliers et les autres parties prenantes à fournir leur propre part d’effort.

Selon les sources proches du gouvernement, la baisse devrait porter sur la TICPE (ex-TIPP, qui représente environ 61 centimes par litre d'essence et 43 centimes pour le gazole). Elle devrait être limitée à quelques centimes d’euros. L’objectif étant aussi de ne pas plomber les finances publiques.

L'Union des  importateurs pétroliers indépendants a fait savoir pour sa part qu'elle était contre l'avis formulé par l'Ufip. "Nous considérons à l'UIP que les déclarations de l'Ufip ou de certains distributeurs sont tout à fait prématurées, alors même que la réunion mardi (à Bercy) n'a pas eu lieu, a déclaré à l'AFP Alexandre de Benoist, délégué général de l'UIP. Un distributeur (l'enseigne Leclerc, ndlr) a annoncé qu'il allait vendre à prix coûtant et l'Ufip a déclaré qu'elle se tenait prête à accompagner le gouvernement, mais s'exprimer avant que la réunion ait lieu, c'est mettre la charrue avant les boeufs".

Un rapport de la DGCCRF

Sur le même sujet, le week-end a été marqué par la publication par la Tribune d’un rapport de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF), confirmant le chiffre avancé par les distributeurs d'une marge nette réduite "très comprimée par une forte concurrence" à 1 centime par litre. "La marge brute de transport/distribution est en augmentation non pas du fait de l'augmentation de la marge nette distributeur (<1ct/l) mais de l'augmentation des charges d'exploitation et des obligations réglementaires", affirme également la DGCCRF dans ce document du 10 avril.

Depuis quelques semaines, les prix à la pompe du gazole et de l'essence sont revenus à des niveaux proches de leurs records atteints en mars-avril et la situation ne devrait pas s'améliorer puisque les cours du pétrole brut se sont maintenus à des niveaux très élevés ces derniers jours.

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