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Prix des Ingénieurs de l'année 2006 : le génie des industriels récompensé

Prix des Ingénieurs de l'année 2006 : le génie des industriels récompensé

Le 13 décembre, sous le haut patronage de François Loos, ministre délégué à l'Industrie, neuf ingénieurs et leurs équipes ont été distingués par

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Des entreprises et des organismes se sont associés au "Prix des Ingénieurs de l'année" avec l'objectif de promouvoir et de valoriser la profession d'ingénieur. Il s'agit des sociétés Alten, Arcelor, Price Waterhouse Coopers et Siemens France, du Réseau des centres techniques (CTI) et de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle).

Ce n'est pas la première fois que l'industrie française est confrontée à des mutations qui l'obligent à se remettre en cause. Crise des charbonnages, de la sidérurgie, du textile, et plus récemment, immense effort d'automatisation et d'informatisation.

Avec des conséquences sur l'existence même des entreprises et sur l'emploi. Dans les années 1980 déjà, un observateur pertinent évoquait « les dégâts du progrès ». Pourtant les mutations actuelles sont plus anxiogènes encore. Il ne s'agit plus pour notre industrie de conforter sa place dans le concert européen, mais de préserver son existence et son rang dans le monde. Notre époque est celle des opportunités et des dégâts d'un marché mondialisé. Et presque tous les secteurs sont concernés. Dans ce combat les ingénieurs sont en première ligne. Une armée de 800 000 hommes et femmes, sur qui on doit pouvoir compter. L'innovation et les produits ou les services à valeur ajoutée, ce sont eux. Encore faut-il qu'ils ne se sentent pas - ainsi que leurs entreprises -, isolés.

Un métier stimulant, mais pour quel avenir ?

 

Un trophée en acier poreux

Le trophée remis aux ingénieurs de l'année a été conçu par Philippe Tissier, enseignant technologique de Compiègne. Il est fabriqué par la CEP, au Mans (Sarthe), une PME fondée et dirigée par Ziad Abou. Ce spécialiste du prototypage rapide fabrique les trophées par frittage de poudre sur une machine du constructeur 3DSystems. Après la numérisation du modèle, l'objet est construit couche par couche dans un matériau qui allie une résine polymère et une poudre d'acier mise au point par 3DSystems. Un laser polymérise, dans la masse, la résine photodurcissable pour obtenir la première mouture du trophée. Après quoi, le polymère est sublimé dans un four, donnant naissance à ce bel objet en acier poreux.

Et que leur moral soit à la hauteur des défis à relever. Or, nos ingénieurs ont du vague à l'âme. Certes, ils font partie d'une profession privilégiée. Son taux de chômage est moitié moindre que le taux moyen national. Et les jeunes ingénieurs sont courtisés par les entreprises qui ont pour eux les yeux de Chimène.Cependant, une étude que nous avons publiée juste avant l'été (n° 3015 du 22 juin) montrait que si neuf sur dix d'entre eux trouvaient leur métier intellectuellement stimulant, ils n'étaient plus que deux sur trois à le considérer comme un métier d'avenir. Plus préoccupant : un sur deux le considère « en perte de pouvoir » et un sur trois seulement estime qu'il est prestigieux.

L'ingénieur n'est plus le gendre idéal. Et il souffre de ce manque de reconnaissance. Il se sent mal aimé des politiques, des partenaires sociaux et des médias. Il est méconnu du grand public et notamment des plus jeunes... C'est une situation paradoxale dans une société où la technologie occupe de plus en plus de place. La révolution numérique, les progrès des techniques de santé et des biotechnologies sont partout visibles. Mais les technologies sont complexes, difficiles à appréhender et à vulgariser. Et elles engendrent des peurs : nucléaire, OGM, et même nanotechnologies.
Les ingénieurs sont visés. Même s'ils ne sont pas les premiers mis en cause. Les politiques, les financiers, les marketeurs, sont « plus responsables encore »...Mais on compte néanmoins sur les ingénieurs pour résoudre les grands problèmes : la protection de l'environnement, les économies d'énergie, les conditions de travail... C'est pour mieux faire connaître leurs travaux et pour valoriser une profession peu encline à communiquer que « L'Usine Nouvelle » et « Industrie et Technologies » ont pris l'initiative de créer en coopé-ration avec le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (Cnisf), le « Prix des ingénieurs de l'année ».

L'objectif est d'honorer dans sept catégories qui couvrent les principaux aspects du métier, des hommes, des femmes et des équipes qui se sont distingués par des innovations ou des projets remarquables. Plus de 150 dossiers ont été déposés cette année. Après expertise, une petite soixantaine a été présentée à un double jury composé de 40 personnalités dont beaucoup occupent des responsabilités industrielles dans la R et D ou la production. Les neuf lauréats de cette année démontrent que le génie industriel reste vivace en France et que les ingénieurs cultivent toujours la créativité, la ténacité, l'esprit d'équipe mais aussi l'audace.

Les 9 lauréats :

  • Dans la catégorie « Début prometteur », attribué à un jeune ingénieur, pour une innovation en R&D, en industrialisation ou dans le cadre d'un projet à caractère technique, la lauréate est Silham El Kasmi (groupe Lapeyre).
  • Dans la catégorie « Entrepreneur », attribué à un ingénieur dirigeant ou créateur d'entreprise, pour sa vision en matière de stratégie technologique, les candidats distingués sont Daniel Fages et Thierry Rouquet (Arkoon).
  • Dans la catégorie « Innovation », attribué à un ingénieur confirmé pour la mise au point d'une innovation technique conduisant à un produit, le lauréat est  Frédéric Vialle (Michelin).
  • Dans la catégorie « Développement durable », attribué à un individu ou à une équipe pour une réalisation innovante s'inscrivant dans le cadre du développement durable, deux lauréats ex aequo  Pierre Dalet (Rescoll) et Christine Deneuvillers (Colas).
  • Dans la catégorie « Projet industriel », attribué à une équipe pluridisciplinaire qui a mené de A à Z un projet industriel de type nouvelle usine, le lauréat est Patrice Gaillard (Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse).
  • Dans la catégorie « Science », attribué à un ingénieur ou à une équipe ayant contribué à la réalisation inédite d'un instrument, d'un matériel ou d'une technique indispensable à la recherche scientifique, le lauréat est Guy Guyot (IAS).
  • Dans la catégorie « Oeuvre », attribué à un ingénieur pour l'ensemble de sa carrière, le lauréat est  Pierre Tournois (Thomson-CSF, Fastlite...).

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