Près de 6 000 emplois menacés par le plan de performance de PSA
Par Sarah Belouezzane - Publié le
PSA annonce le 26 octobre de nouvelles suppressions d'emploi dans la foulée de ses résultats du troisième trimestre. Sont particulièrement visés : les postes hors production.
"PSA confirme une saignée sur l'emploi". Derrière ces propos, la CGT montre qu'elle a la dent dure contre le constructeur aux deux marques. Au sortir de la réunion extraordinaire des comités de groupe européen, le syndicat est en colère. PSA a de nouveau annoncé des suppressions d'emploi.
Dans le viseur de Philippe Varin, 800 intérimaires mais pas seulement. 2500 postes structurels hors production devraient être supprimés dans le cadre de la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC). Auxquels viendraient s'ajouter 2000 postes extérieurs, les bureaux d'étude extérieurs ou BEX. Sans oublier 1000 postes de production sur toute l'Europe. Le détail de la répartition n'est pas encore connu .
En tout cas, un peu plus de 6000 personnes devraient quitter le groupe en 2012. "C'est inadmissible quand on sait que le groupe possède 11 milliards d'euros de réserve", s'insurge Bruno Lemerle, délégué CGT. Et d'ajouter : "ils investissent en Chine, en Inde, au Brésil et c'est grâce a nous les salariés européens! Ils sont dans une logique de casse de l'emploi en Europe !".
Engagement de l'Etat
Pour Bruno Lemerle, Eric Besson qui a parlé avec Philippe Varin, ne devrait pas se contenter de promesses. Le ministre de l'Industrie assure que la direction du groupe s'engage à maintenir sa présence industrielle en France. "Philippe Varin a confirmé que, conformément aux engagements qui avaient été pris en septembre, aucun plan de départs volontaires n'était envisagé à ce jour", explique-t-il.
Mais la CGT va plus loin. Elle appelle les pouvoirs publics à obtenir des signatures afin de "s'assurer qu'il y ait de l'activité sur l'ensemble des sites". Selon le syndicat, les aides gouvernementales ayant aidé PSA à se relever après la crise, l'Etat est donc en mesure de demander des garanties. Notamment pour Aulnay qui n'a toujours pas de successeur à la C3.
Mais Jean Francois Kaondratiuk, secrétaire du comité européen et délégué FO tempère."Moi, je m'inquiète pour l'entreprise. Nous faisons 40 % de notre chiffre d'affaire sur le segment B sur lequel il y a beaucoup de concurrence. Il faut faire des économies", assure-t-il.. Selon lui, la suppression des postes de Bex est un moindre mal. Allant plus loin, il commente au sujet des suppressions de postes structurels: "pour une fois, ce ne sont pas les ouvriers de production qui sont touchés".
Ces annonces de suppressions de postes entrent dans le cadre des 800 millions d'euros d'économies voulues par PSA. Une nouvelle étape dans la réalisation du plan de performance triennal de 3,7 milliards annoncé en 2009. Les conclusions des groupes de travail faisant la chasse au gaspillage sont toujours attendues.

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