Si les premiers projets devraient être dévoilés en septembre, les ingénieurs R&D de PSA ne s’enthousiasment pas sur l’avenir au sein de l’Alliance.
Derrière le nouveau plan d’économies du groupe, le département R&D de PSA suit au jour le jour les premiers retours des comités de travail avec General Motors. Et les appréciations sont pour le moins nuancées. "Les échos ne sont pas rassurants, PSA serait un peu le sous-traitant de GM pour les projets les moins rentables" confie un salarié su site de La Garenne (Hauts-de-Seine).
Certes, le futur sous-traitant impressionnerait l’Américain par ses qualités techniques sur les motorisations, les liaisons au sol ou encore les petites silhouettes. Les propositions de GM se feraient elles attendre. "Dans les projets discutés, nos collègues ne voient pas vraiment ce que General Motors pourraient nous apporter" rapporte un ingénieur de Carrières-sous-Poissy (Yvelines).
Si les idées sont du côté des ‘Frenchies’, les cordons de la Bourse semblent cependant positionnés à Détroit. "Les représentants de GM tiennent le même discours, aux Etats-Unis ou en Corée du Sud, c’est un rouleau compresseur", poursuit l’ingénieur de Carrières.
Sur certains projets précis, les tenants de la R&D française s’interrogent clairement sur le bien-fondé de la coopération. "Sur la boite de vitesses automatique à double embrayage, GM avait 6 à 8 mois d’avance sur PSA, nous avons donc arrêté notre projet, baptisé DCT", explique un salarié du centre de recherche de Vélizy (Yvelines). "Mais la boite de GM est plus chère en production et surtout, nous allons devoir casser toute notre architecture sous capot pour l’installer dans nos véhicules. Ce qu’on gagne en coûts R&D, on va le perdre ensuite".
Résultat : certaines équipes, dont les projets ont été gelés pour être examinés avec GM, continueraient discrètement leur travail, pour ne pas perdre de temps, si les négociations dans leur domaine avec l’Américain tournaient court. PSA et General Motors présenteront fin octobre les projets qu’ils développeront en commun.
L’Alliance avec General Motors semble bien avoir définitivement tué le partenariat conclu en 2011 entre BMW et PSA. Si la fin de la joint-venture n’a pas été officiellement annoncée de part et d’autre du Rhin, la direction de PSA reconnaît à demi-mot l’arrêt de la coopération. Les 300 emplois prévus à Mulhouse, pour la production des composants hybrides, ne devraient donc pas voir le jour. Les ingénieurs de PSA qui travaillaient déjà à Munich avec BMW se sont pour la plupart vu proposer des postes par le constructeur allemand. La prochaine génération de l’hybride PSA devrait donc être développée avec General Motors. L’Américain et le Français ne devraient en revanche pas échanger leurs solutions hybrides actuelles.









