L'information émane de François Auber, maire de Saint-Jouin-de-Bruneval, en Seine-Maritime. Cette petite commune, qui abrite le port Antifer-Havre, avait été choisie par le groupe énergétique Poweo pour l'installation d'un terminal méthanier. Selon le maire du village de 1800 habitants, l'énergéticien renoncerait finalement à son projet de site qui devait être géré par sa filiale Gaz de Normandie (GdN).
« La réservation de terrain octroyé à Gaz de Normandie est arrivée à son terme le 2 janvier 2010 et a, par là même, sonné la fin de ce dossier puisque le Grand Port maritime du Havre n’a pas reçu de demande de renouvellement de cette réservation », résume l’élu. Après la
vente de ses actifs de production annoncée le 22 décembre dernier, ce projet n'avait de toute façon plus de sens pour Poweo.
Le port (GPMH) confirme ne pas avoir reçu de demande de prorogation du droit de réservation de la part de GdN, mais n’en conclut pas pour autant que cette entreprise ait renoncé à son projet.
L’arrêt de ce projet rend donc disponibles désormais les terrains sur lesquels GdN avait acheté un droit de réservation au GPMH.
Ce dernier confirme cependant leur destination industrielle, même s’
il avait renoncé à s’associer au capital de GdN le 26 novembre 2010, expliquant « qu’après examen juridique, il avait décidé de s’abstenir de s’engager dans une éventuelle prise de participation dans le capital de la société Gaz de Normandie dans le cadre de son projet d’implantation d’un terminal méthanier à Antifer ». L’engagement potentiel du GPMH visait à soutenir ce programme industriel et attirer, en les mettant en confiance, de nouveaux investisseurs pour l’accompagner.
Formée pour les deux-tiers par Poweo et pour un tiers par la Compagnie industrielle Maritime (CIM), GdN a été créée pour développer ce projet à côté du terminal pétrolier d’Antifer sur le port havrais.
Le projet, une usine de regazéification d’une capacité annuelle d’expédition de 9 milliards de mètres cubes pour un investissement d’environ 900 millions d’euros, était déjà mis en sommeil depuis le début de l’année 2010 par GdN, Poweo cherchant, mais toujours en vain à la fin de la même année, de nouveaux partenaires.
De notre correspondant en Normandie, Patrick Bottois