Pourquoi le Rafale a gagné en Inde... et pas ailleurs

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Rafale
© D.R. - MBDA/Dassault Aviation

Il n'y a pas que le coût d'acquisition et les performances techniques qui expliquent la victoire du Rafale en Inde. Les considérations géopolitiques pèsent pour beaucoup dans le choix d'un avion de chasse, indique le patron de Dassault Aviation lors de la présentation des résultats le 22 mars.

Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation, a expliqué les raisons du succès du Rafale en Inde où l'avionneur est actuellement en négociations exclusives avec le gouvernement local pour l'achat de 126 appareils.

Dans les appels d'offres militaires touchant aux avions de chasse, il n'y pas que des considérations techniques et opérationnelles qui entrent en jeu. A l'occasion de la présentation des résultats du groupe ce jour, le PDG explique : "Quand on est dans un pays comme l'Inde qui est un pays ouvert et sur lequel les Américains n'ont pas le même poids que sur les pays qui sont leur chasse gardée, nous avons une chance. Et cette chance, on l'a eu", a indiqué le dirigeant.

Une manière également de justifier les multiples échecs essuyés par l'avion de combat français sur les marchés export. "Le marché pour le Rafale, ce sont les pays qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas acheter Américain ou les pays qui veulent avoir une deuxième source tout en achetant Américain. Or tous les pays, mis à part deux, où nous avons perdu, étaient des pays qui ne correspondaient pas à cette définition".

Le dirigeant fait référence aux échecs d'une part au Maroc et d'autre part en Suisse. Dans le premier cas, il regrette "le cafouillage" de la part des autorités françaises au moment de la négociation. Dans le deuxième cas, l'avionneur estime avoir été mis en difficulté par la position politique de la France vis-à-vis de la Suisse au moment où l'armée hélvète faisait son choix. En plein sommet du G20 de Cannes en novembre 2011, le président Nicolas Sarkozy avait critiqué la Suisse concernant le respect des règles de transparence fiscale.

Compétitivité

Hormis ces considérations géopolitiques, Charles Edelstenne a tenu à rappeler la compétitivité de son appareil notamment face au concurrent européen, le Typhoon du consortium Eurofighter, lors de l'appel d'offres indien. Sur le plan opérationnel, les interventions lors du conflit Libyen ont, selon le patron de Dassult, montré la supériorité technique du Rafale.

Au niveau du coût, Charles Edelstenne estime également son avion nettement moins cher en s'appuyant notamment sur le rapport de la cour des comptes britannique critiquant la dérive des coûts de l'avion européen. "Sur le plan budgétaire, si nous étions rentrés dans le programme Eurofighter, cela aurait coûté 60% plus cher au budget français pour produire le même nombre d'avions", indique Charles Edelstenne.

Hassan Meddah

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