Le laboratoire danois Lundbeck va supprimer 200 des 420 postes de sa filiale commerciale en France. Son dirigeant France s'est confié à L'Usine Nouvelle.
Semaine noire pour l’industrie pharmaceutique. Mardi, le groupe suisse Roche annonçait la suppression de 1000 postes, avec la fermeture de son site américain de R&D. La veille, c’est le laboratoire danois Lundbeck qui tenait, dans sa filiale France, un comité d’entreprise exceptionnel pour annoncer un plan de sauvegarde de l’emploi. Il va toucher toutes les filiales européennes du groupe. Le choc est rude, car 600 postes devraient être supprimés, dont 200 en France sur les 420 employés que compte la filiale commerciale.
"Une prochaine réunion avec le CE se tiendra dans trois semaines", précise Nicolas Giraud, directeur général de Lundbeck France, à l’Usine Nouvelle. Mais il réfute l’envoi de lettres de licenciement début août, comme cela avait été évoqué dans la presse. Le dirigeant se dit ouvert à la discussion pour négocier des mesures d’accompagnement adaptées "dans le respect des salariés concernés et la reconnaissance du travail qu’ils ont fourni". Des mesures dont les syndicats de Lundbeck avaient pourtant dénoncé la « pauvreté » en début de semaine.
L'impact de la crise financière en Europe
Les raisons de ce plan social? Elles seraient triples et liées à la crise financière selon Nicolas Giraud. Qui évoque les réformes des systèmes de santé des pays européens, des réductions de prix et déremboursements, et des conditions d’accès au marché de plus en plus difficiles. Sans compter la compétition accrue des génériques, notamment dans le domaine des antidépresseurs, un segment phare pour Lundbeck, spécialiste du traitement des troubles du système nerveux central.
Une future chute du chiffre d'affaires France
Mais la filiale française, la plus importante du groupe, est plus particulièrement concernée. "Les baisses de prix que nous subissons aujourd’hui, comme celle très violente d’Ebixa (un traitement de la maladie d’Alzheimer dont le prix a été restreint de 18% par les autorités, ndlr), induisent des baisses de volumes, explique Nicolas Giraud. Cela a un impact très fort sur la situation financière de Lundbeck France. Elle s’est fortement dégradée, avec une baisse attendue de notre chiffre d’affaires cette année, et davantage en 2013". En 2011, les revenus avaient pourtant augmenté de 12% pour atteindre 313 millions d’euros. Et l’industriel sait qu’il perd aussi du temps avec Sycrest, son médicament contre des troubles bipolaires, pour lequel il ne parvient pas à obtenir des conditions satisfaisantes de la part des autorités françaises.
Cette restructuration a-t-elle eu un impact sur le brusque départ de Marie-Laure Pochon, présidente de Lundbeck France, qui venait d'être nommée responsable commerciale monde du groupe? "Elle est partie pour des raisons familiales et personnelles", assure-t-on chez Lundbeck. Elle vient d'ailleurs d’intégrer aujourd'hui même le conseil d'administration de l'entreprise de dispositifs médicaux Mauna Kea Technologies.









