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L'Usine Aéro

Pourquoi le F-35 de Lockeed Martin est une menace pour l'industrie aéronautique militaire européenne

Pierre Monnier , ,

Publié le

Le F-35, l'avion de chasse construit par Lockheed Martin a beau être critiqué, il n'en reste pas moins un adversaire redoutable pour le Rafale ou l'Eurofighter. En séduisant des pays européens, le F-35 se présente comme "une machine à détruire l'industrie aéronautique de défense européenne", selon Massi Begous, directeur associé du cabinet Roland Berger, en charge de l'industrie aéronautique.

Pourquoi le F-35 de Lockeed Martin est une menace pour l'industrie aéronautique militaire européenne © Lockheed Martin

Et si l'Europe devenait incapable de construire un avion de chasse. Cette idée, aujourd'hui inconcevable au lendemain des succès à l'export du Rafale, pourrait devenir une réalité dans un futur proche. En cause, le programme F-35. L'avion de chasse américain développé depuis 2001 par Lockheed Martin pourrait enterrer à jamais les espoirs de construire un successeur au Rafale français ou à l'Eurofighter européen.

Une liste de clients en majeure partie européens

"Le F-35 est une machine à détruire l'industrie aéronautique militaire européenne, prévient Massi Begous, le directeur associé du cabinet Roland Berger, en charge de l'industrie aéronautique. Les pays qui optent pour ce chasseur renoncent à terme à conserver les capacités de concevoir leur propre avion. Dans les 10 à 15 ans, lorsqu'il faudra penser au successeur du Rafale et de l'Eurofighter, quels pays auront encore les compétences pour le développer : la France, la Suède et l'Allemagne, si elle ne choisit pas le F-35 pour remplacer ses Tornado. Pour des raisons de coûts, le Rafale et le Grippen (avion de chasse suédois, ndlr) seront probablement les derniers avions construits par un pays unique, en dehors des Etats-Unis, de la Russie ou de la Chine."

Parmi les clients ayant opté pour le nouvel avion de chasse américain : le Royaume-Uni, la Turquie, l'Australie, l'Italie, les Pays-Bas, le Canada, la Norvège, le Danemark, le Japon, la Corée du Sud et Israël. A cette liste, il faut ajouter les pays prospects, ceux qui pourraient acheter l'appareil mais n'ont pour l'heure pas fait leur choix. Il s'agit de la Belgique, la Finlande, l'Espagne, la Grèce, la Pologne, la Roumanie, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.

Une liste qui ne peut qu'approuver un risque majeur pour l'industrie européenne. Pour preuve, les pays contributeurs de l'Eurofighter sont séduits par l'avion américain. L'Italie et le Royaume-Uni ont d'ores et déjà pris commande du F-35, l'Espagne fait partie des pays prospects, et l'Allemagne reste incertaine.

Un avantage assez faible par rapport au Rafale

L'engin de Lockheed Martin serait-il si supérieur aux avions actuels pour attirer autant de clients ? Pas vraiment. Le point fort de l'appareil résiderait d'avantage dans le rayonnement international des Etats-Unis que dans ses capacités. "Le F-35 est censé être un avion de 5e génération, précise le directeur associer de Roland Berger. Il remplit donc plusieurs caractéristiques dont la super-croisière, le vol à haute altitude, la furtivité ou encore la fusion de données. En revanche, le critère de super manœuvrabilité n'est pas rempli."

L'avion de chasse américain serait donc moins adapté aux combats aériens, mais pour autant plus adapté au type de conflits actuels. Dans la majorité de leurs déploiements, les chasseurs ne se confrontent pas à des capacités aériennes de la part des ennemis. Un point qui, à l'heure actuelle, constitue plutôt un avantage qu'un handicap pour le F-35. "L'avion possède une capacité vis-à-vis des radars au sol et peut donc s'approcher beaucoup plus près d'un objectif, détaille Massi Begous. Un avion comme le Rafale, qui n'a pas été conçu comme un appareil furtif, ne pourra pas s'approcher aussi près et devra utiliser des armements avec une allonge supérieure pour ne pas être détecté par les radars des défenses anti-aériennes." Pourtant, cette caractéristique adaptée aux missions actuelles ne reflète pas l'ensemble des performances de l'appareil de Lockheed Martin. "Le F-35 va noyer le marché avec un avion marginalement supérieur au Rafale sur le plan de la furtivité, et assez inférieur sur d'autres points", assure Massi Begous.

Trump, dernier espoir de l'Europe ?

Un avion aussi, voire moins, performant qui risquerait de mettre à mal l'industrie aéronautique de défense européenne, voilà ce que représente le F-35. A moins que l'arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis n'affecte l'image du chasseur. Le milliardaire républicain pourrait peser négativement sur la confiance des clients envers son pays. C'est pourtant l'un des aspects primordiaux dans les contrats de défense. "L'élection de Donald Trump peut constituer une bonne nouvelle pour l'industrie de défense européenne, analyse Massi Begous. Son caractère imprévisible pourrait faire passer les Etats-Unis pour un pays peu fiable. Or, c'est la fiabilité qui permet de réaliser des ventes d'armements. Cela a été la clé du succès du Rafale à l'export. Ce type de matériel représente un engagement sur 30 ans. Il faut pouvoir avoir confiance en son fournisseur. L'attitude de Trump pourrait donc repositionner l'Europe comme fournisseur privilégié."

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5 commentaires

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10/03/2017 - 15h36 -

La furtivité est indispensable pour survivre et le F-35 avec le F-22 sont les seuls appareils qui sont raisonnablement furtifs. Le revêtement qui s'écaille c'est franchement n'importe quoi. L'advanced super Hornet quant à lui nécessiterait au moins 10 a 20 ans de développement pour espérer approcher le F-35. La technologie radar qui progresse sont des affirmations non prouvées des russes et des chinois. Mais qui est assez stupide pour avaler leur propagande? Ces 2 pays savent très bien qu'ils sont à la traine face aux USA et essaient de discréditer le projet pour gagner du temps et essayer de mener à bien leur propres projets d'avions furtifs. Le F-22 et surtout le F-35 seront l'atout maitre des USA dans les futures guerres par pays interposés avec les russes et les chinois.
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10/02/2017 - 08h48 -

Un point qui n'a pas été abordé dans cet article et c'est bien dommage, c'est le coût que représente le développement de cet avion. L'équivalent du PIB du Portugal. Ce qui lui donne un prix prohibitif et supérieur au Rafale. il sera donc difficile de séduire d'autres prospects... Autre point négatif et pas des moindres : il est impossible de le faire décoller verticalement en cas d'emport d'armes et de réservoirs auxiliaires... un comble pour un avion de guerre. De plus ce chasseur n'est pas suffisamment autonome, il nécessite obligatoirement la présence de F22 lors de missions. Ce dernier étant interdit à l'exportation par le Pentagone... L'avenir de ce chasseur n'est pas si rose qu'il n'y paraît...
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09/02/2017 - 11h42 -

Voila pourquoi les européens doivent realiser a ce jour futur l'avion qui depassera l'aviation russe et usa mettre ensemble les cervaux de l'europe au défi . Nos pays dans l'avenir sont deja potentiellement dans les boites des grandes puissances comme faible mentalement et en division permanente. La raison doit l'emporter sur le reste ou ont reste ou on meurt ok Furtif le model dernier drome Dassault pour la voileur, voila le début maintenent Faite jouer les méninges des cervaux experts pour un avion a decolage verticale pour terre air et mer. Et équipons Nous avec France Anglterre Allemange Espagne Suede Italie . tout en standard un pour tous, tous pour un . le pour les 5 années avenir ils globalement de tout pays europe Dans les carton . .
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08/02/2017 - 16h09 -

Le F35 n'est pas un chasseur mais un avion bombardier et d'appuis tactique. Ses qualité n'en font pas un bon chasseur au point que les US prévoie pas de mission de F35 sans des F22 en couverture. L'argument de la futilité est spécieux : il suffit de tagger les avions au décollage et cette caractéristique qui fait de lui un avion peu manœuvrant (moins qu'un F16 chargé par exemple de 1970...) un avion extrêmement vulnérable. La capacité d'emport est ridicule (4 point en soute) si l'on veut conserver la furtivité... Autre détail que ne mentionne pas l'article et qui est primordial : l'avion ne peut pas décoller pour une mission sans une autorisation de Washington... C'est une perte de souveraineté incroyable et c'est une des raison pour que Israel partenaire du programme aie exigé de développer ses propres briques logicielles pour éviter ce désagrément. Autre détail important : lorsque la fusion de données sera opérationnel sur F35 vers 2025/2030 le Rafale en sera également pourvu.
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10/02/2017 - 23h08 - Rafale_fana

"lorsque la fusion de données sera opérationnel sur F35 vers 2025/2030 le Rafale en sera également pourvu." Le Rafale est déjà pourvu de la fusion de données, à un niveau infiniment plus mature que le F-35. Le F-35 fusionne directement ses capteurs, et laisse son calculateur décider de comment présenter cette fusion au pilote. Résultat : si le système est très précis, il génère de nombreux faux positifs et des doublons. Dans le Rafale, c'est le calculateur de bord qui discrimine les pistes issues des différents capteurs, puis les agrège. Le radar, l'osf, spectra, envoient ce qu'ils trouvent, le calculateur les regroupe après analyse, les classifie (les fusionne) et les présente au pilote. ça a l'air moins ambitieux, sauf que là ça marche, depuis 10 ans maintenant. Lockheed a mis la charrue avant les boeufs avec sa solution de fusion préalable. Dassault a choisi la fusion a posteriori, et c'est heureux.
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08/02/2017 - 15h52 -

Il faut être associé chez Roland Berger pour accoucher d'une démonstration aussi faiblarde ? Il y a tant d'autres points à aborder... A commencer par l'obsolescence de ce qu'on a fini par nous faire prendre pour quelque chose d'incontournable: la furtivité ! Les technologies radar ont bien progressé, le F-35 n'est pas si indétectable.... (et le revêtement furtif du F-35 s'écaille en vol !!) ! Mc Cain bien avant Trump, et ce dernier ne s'est pas trompé en envisageant l'achat de l'Advanced Super Hornet... Quant à la prétendue capacité à s'approcher des radars de beaucoup plus près... le F-35 n'est pas encore capable de frappes au sol, et les missions de destruction des défenses aériennes enemies sont de nature à supposer une distance à franchir importante, ce qui suppose l'emport de charges militaires ou de carburant sur les pylones externes, ce qui donne au F-35 l'écho radar de n'importe quel avion, non furtif... Les "consultants" ont de l'avenir à sortir de tells banalités..
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