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L'Usine Aéro

Pourquoi entre Safran et Zodiac l'alliance peut fonctionner

Olivier James , , , ,

Publié le

Le nouvel ensemble sera en mesure d’aménager l’avion du sol au plafond. En jouant sur leurs synergies, les deux industriels pourraient proposer des offres complètes. Au grand dam d’Airbus…

Pourquoi entre Safran et Zodiac l'alliance peut fonctionner
Zodiac aerospace cabine assemblage de sieges
© Salque Jean-Louis D.R. voir les IPTC

Le catalogue est complet. Safran propose des moteurs bien sûr, mais aussi des trains d’atterrissage, des câblages électriques. Entre autres. Quant à Zodiac, il offre tout ce qu’un voyageur peut voir dans une cabine d’avion, des toilettes aux cuisines, en passant par les écrans vidéo et les systèmes d’éclairage. Jeudi 19 janvier, l’achat de Zodiac par Safran fait naître – avec un chiffre d’affaires global de 21 milliards d’euros – le numéro trois mondial de l’aéronautique, hors constructeurs, derrière les américains UTC et Général Electric. Surtout, le nouveau champion français s’érige en acteur intégré capable de proposer l’aménagement complet d’un avion.

Joli coup pour Philippe Petitcolin, le patron de Safran, qui réussit ce rapprochement là ou son prédécesseur, Jean-Paul Herteman avait échoué en 2010. Une opération qui fait plus que jamais sens : principal élément de différenciation pour les compagnies aériennes, la cabine d’avions est devenue ces dernières années l’objet de toutes les convoitises. Avec les moteurs et les équipements cabines, Safran cumule deux activités parmi les plus rentables de l’aéronautique, grâce notamment aux services associés (maintenance pour les moteurs, deuxième monte pour la cabine). Un recentrage sur l’aéronautique rendu possible par la vente de Morpho, l’activité sécurité de Safran, en septembre 2016.

Une menace pour Airbus?

Safran s’empare d’une gamme de produits stratégiques, complète son portefeuille et se pose en fournisseur privilégié pour Airbus et Boeing. Une opération qui s’inscrit dans une consolidation des sous-traitants aéronautiques, à l’image du rapprochement de Rockwell Collins avec BE/Aerospace en octobre 2016. "Safran est surtout positionné sur les produits SFE [de série, ndlr] destinés aux courts et moyens courriers alors que Zodiac est présent sur les produits BFE [sélectionnés par les compagnies aériennes, ndlr] des longs courriers", résume Philippe Petitcolin. Les synergies attendues sont estimées à 200 millions d’euros de coûts annuels par an.

"Alors que le monde de la cabine reste très morcelé, le défi du nouveau groupe va être de proposer un package complet avec une architecture optimisée", prévoit un consultant. Safran se trouvera en position de force par rapport aux avionneurs qui ne cessent de faire pression sur les prix. "Au même titre que Faurecia et Valeo dans l’automobile, Safran pourrait même représenter pour eux une menace", estime un bon connaisseur du secteur. Raison invoquée : Safran pourrait chercher à désintermédier, autrement dit à passer outre Airbus et Boeing pour proposer des ensembles complets d’équipements directement aux compagnies aériennes.

Encore un an avant que la fusion soit effective

"Contrairement à UTC qui se situe dans une logique plus capitalistique, le nouveau groupe Safran s’inscrit dans une offre de service, explique un consultant. Il y a une volonté marketing de structurer l’offre". Dans le même temps, Airbus aussi tente de s’imposer dans le domaine de la cabine, comme le prouve le lancement en mars 2016 de Airspace, un nom de marque qui recouvre des nouveaux concepts de cabines d’avions pour long-courrier – pour le moment dédiés à l’A330neo – qui doit entrer en service fin 2017. Ce qui expliquerait peut-être la réserve côté Airbus suite à l’annonce de l’OPA, et celle de Marwan Lahoud en particulier, directeur de la stratégie du groupe qui "attend de voir".

Mais la route sera longue pour Safran avant de goûter aux fruits des synergies. "C’est ma plus grande frustration", reconnait Philippe Petitcolin en petit comité. D’abord en raison de la longueur du processus engagé. "Il y a un an de travail et de procédures", estime Olivier Zarrouati, actuel président du Directoire de Zodiac et futur directeur général délégué de Safran. Le rapprochement ne sera opérationnel que début 2018. Ensuite, Safran doit aider Zodiac à mettre un terme aux retards de livraisons persistants de toilettes et de sièges business, en particulier pour le programme A350. "Les problèmes de Zodiac sont mineurs par rapport à ceux d’il y a un an", reconnait une source interne chez Airbus.

Les bonnes pratiques de Safran peuvent-elles se diffuser chez Zodiac ? Réponse de Philippe Petitcolin : "notre processus de pilotage des programmes dénommé Prompt, qui définit des jalons et nomme des patrons extérieurs à l’activité concernée pourrait être étendu. Ce que nous avons mis en place pour notre moteur Leap pourrait aussi avoir une influence pour certaines activités chez Zodiac". De quoi peut-être accélérer le redressement industriel de Zodiac qui va pouvoir s’adosser sur Safran.

Des synergies industriels et technologiques

En termes industriels, là aussi, les deux groupes vont devoir jouer sur leurs complémentarités. C’est le cas en particulier de l’avion dit "plus électrique" : en contrôlant la chaine complète de la distribution d’énergie dans un avion, Safran compte se renforcer dans ce domaine. Sans donner plus de détail, le patron de Safran évoque des projets de recherche dans l’hybridation électrique. "On peut aussi imaginer que nos équipes travaillent ensemble dans le domaine des matériaux composites", glisse en aparté Philippe Petitcolin. Des matériaux utilisés à la fois pour les nacelles des moteurs et pour certaines coques de sièges dans les avions.

Les synergies sont aussi géographiques. C’est surtout le cas aux Etats-Unis. Le pays ne représente que 8% des effectifs de Safran, soit 4720 salariés, contre 37% pour Zodiac, soit 12200 personnes. Un renforcement qui pourrait faire gagner des parts de marché à la nouvelle entité dans ce qui demeure le plus important marché aéronautique mondial. Quant au numérique, alors que Safran implante des systèmes de réalité augmentée dans ses chaînes d’assemblage du moteur Leap et met en œuvre l’impression 3D, Zodiac privilégie encore des opérations très manuelles, voire artisanales.

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