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Pour un Projet Industriel Jean-François Bérard

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le vice-président d’Inergy Automotive Ssystems, Jean-François Bérard, 47ans, a piloté le projet d’un réservoir à carburant thermoformé avec peu d’ouvertures techniques.
le vice-président d’Inergy Automotive Ssystems, Jean-François Bérard, 47ans, a piloté le projet d’un réservoir à carburant thermoformé avec peu d’ouvertures techniques.
© Raphaël Dautigny pour « l’Usine nouvelle »

Toujours en mouvement, il bannit la médiocrité

"Je ne veux pas tirer la couverture à moi! Je ne suis que le modeste animateur de tout ça." Ça? C’est la conception, le développement, l’industrialisation et la production du TSBM, un réservoir à carburant thermoformé très innovant: il comprend peu d’ouvertures techniques, limitant ainsi les émissions d’hydrocarbures. «La mise au point de la technologie permettant d’intégrer des accessoires du réservoir pendant le cycle de soufflage est un travail d’équipe! », insiste Jean-François Bérard, le vice-président chargé de la R&D, de la stratégie, du marketing et de l’industrie d’Inergy Automotive Systems. Dans les couloirs du siège parisien à la porte Maillot, on l’appelle «VP tout le reste ». Pour ce projet, il lui a fallu gérer pas une, mais trois équipes. Et dans trois pays différents: la Belgique, la France et l’Allemagne. Tel est le challenge qu’a dû relever cet ingénieur des Arts et Métiers, depuis qu’il a rejoint l’entreprise en 2002. «Il a su les coordonner et faire en sorte que chaque étape soit respectée», relate Pierre-François Tardy, le chef de projet industrialisation, son collaborateur depuis quatorze ans, d’abord chez l’équipementier Valeo avant de le rejoindre chez Inergy, joint-venture entre Plastic Omnium et Solvay. Les qualités de management et surtout le tempérament de Jean-François Bérard ne sont pas étrangers à la réussite du projet. «Il sait féliciter quand le travail est bien fait, reconnaît Pierre-François Tardy. Il booste les équipes, leur insuffle son énergie, sa motivation.»

Une histoire d'aventure

Son déclic
“Enfant, je voyais sur les murs de la maison de campagne les cadres avec les brevets que déposait mon grand-père. Il y avait écrit «Ernest Bérard ». C’était un ingénieur et surtout un inventeur. J’étais fasciné.”
Car Jean-François Bérard est un homme de passion et d’émotion. Et quand il évoque ses premiers contacts avec l’industrie dans l’usine de textile de son grand-père du côté de Saint-Etienne, on s’y croirait. Il parle, avec le geste de celui qui tâte l’étoffe, de l’odeur de l’huile, de la laine, des courroies de cuir qui faisaient tourner d’énormes machines… Enfant, il était fasciné par les cadres accrochés aux murs de la maison familiale, qui contenaient les brevets déposés par son grandpère paternel. Aujourd’hui, c’est lui, avec ses équipes, qui en déposent. «Je marche au feeling », dit-il pour expliquer sa carrière qui l’a conduit de l’automobile (il a commencé chez Renault) aux équipementiers. «Ce n’est pas une histoire de salaire, d’entreprise cotée ou non, mais d’aventure», s’enthousiasme-t-il. Il voit l’industrie en général et l’automobile en particulier comme un univers qui n’accepte pas la médiocrité et qui doit se réinventer tous les jours. «J’aime ça car ce n’est pas statique», indique celui qui n’exclut pas, un jour, de travailler pour le ferroviaire, ou pourquoi pas l’aéronautique. «Je suis intéressé par tout ce qui est mobilité », précise-t-il. Mais sur l’étagère au pied de laquelle est posé son casque de moto, sa collection de petites voitures trahit son penchant premier pour ce qui a quatre roues. Sa favorite ? La BMWZ8, qu’il ne se contente pas d’avoir en miniature. Et peut-être pour s’assurer qu’elle n’est jamais trop loin, elle orne aussi le fond d’écran de son ordinateur. Entre son clavier et son écran, deux figurines détonent un peu. Le dieu éléphant Ganesh, cadeau d’une collaboratrice qui partait à la retraite, pour lui porter chance. «Ça marche!», sourit-il. L’autre aussi est un cadeau. Elle représente l’âne du film d’animation Shreck, paré d’un grand sourire, qui dodeline du chef à chaque léger mouvement du bureau. «Mais là, je ne sais pas quel est le message », s’interroge Jean-François Bérard dans un éclat de rire.

Carole Lembezat

Les autres nominés

Jacques Brosse, Eurotab
Michel Baujard Thales Aéronautique


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