© Coralie Moulin pour « l’usine nouvelle »
Elle roule pour la pratique du vélo facile
Elle en avait rêvé pendant son adolescence, elle l’a fait dès qu’elle a eu son diplôme en poche. Corinne Verdier, 30 ans, diplômée de l’Ecole centrale de Lille, s’est lancée en 2000 avec trois autres camarades de promotion, dont son futur mari Julien Lefebvre, dans la création d’une station-service pour vélos tout-terrain. «Au départ, il s’agissait d’un simple projet d’études. Nous avions constaté que l’on n’avait aucun moyen de nettoyer nos VTT une fois rentrés de nos excursions », se rappelle la stéphanoise, qui «pédale» depuis sa plus tendre enfance. Les quatre étudiants élaborent un prototype. Il leur faut ensuite trouver un emplacement. Decathlon répond positivement à leur appel. Le directeur du magasin d’Amiens réfléchissait justement à un projet similaire. Installé sur le parking, le «Clean Bike », est inauguré au printemps 2001. Sur environ 2mètres de hauteur et 1mètre de largeur, il propose un poste de lavage, de gonflage et un kit de réparation. «Le projet nous a passionnés. Son excellent accueil nous a incités à creuser le concept pour voir s’il y avait un marché», ajoute la jeune femme. Avec Julien Lefebvre, elle obtient un «aménagement» de sa troisième année d’ingénieur pour se consacrer pleinement à son projet.
“Pour moi, être ingénieur était le gage d’avoir la formation la plus complète et la plus transverse, avec à la fois un bagage technique et économique.”
La jeune PME choisit d’orienter son offre vers des équipements écoconçus avec de l’acier galvanisé brut, de la peinture sans solvant et un éclairage à LED. Et ça marche. Altinnova, qui a recruté trois personnes cette année (huit salariés au total), devrait enregistrer un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros, contre 450 000 euros en 2008. La société, qui travaille avec près de 150 fournisseurs, vient de signer avec la SNCF pour équiper 50gares TER de Rhône-Alpes et avec la Ville de Valence (Drôme) pour fournir le mobilier urbain du futur vélo en libre-service pour mars 2010. «Nous commençons à avoir une réelle reconnaissance auprès des collectivités », assure Corinne Verdier. Et le privé ? «Cela fait partie de nos futurs chantiers. Nous sommes en discussions notamment avec des distributeurs pour équiper leurs parkings », explique-t-elle. Ironie du sort, Corinne Verdier, qui ne compte plus ses heures, entre sa vie professionnelle et sa vie de famille (elle a une petite fille d’un an et demi), confie faire moins de vélo qu’avant ! Elle passe désormais son temps libre à la montagne sur les pistes de ski. A quand des stations services pour snowboarders ?
Adrien Cahuzac
Yann Menez,Domelys Technologies
Anne Lavrand,Electravia
Bruno Aubert, Caripol









